Besoin criant de sécurité au Darfour et à l’est du Tchad

La signature en mai 2006, à la suite de nombreuses pressions internationales d’un Accord de paix, n’a pas mis fin à l’escalade de la violence dans le Darfour.

Villages brûlés, femmes violées, hommes et enfants torturés et tués, deux millions de personnes déplacées de force et parmi elles plus de 250 000 réfugiés dans des camps au Tchad, telle est la réalité, plus de trois ans après le début du conflit. Aujourd’hui encore, les civils sont pris pour cible et ces tueries s’étendent aussi au Tchad voisin.

Koffi Annan lui-même a prévenu qu’un « désastre » allait se produire si la communauté internationale n’était pas capable de déployer une force de l’ONU dans la région, et allait même jusqu’à comparer la crise humanitaire à celle du Rwanda.

Certes, des forces de maintien de la paix envoyées par l’Union africaine sont présentes au Darfour depuis 2004. Mais les 7 000 soldats de la Mission de l’Union africaine au Soudan (la MUAS) se sont révélés incapables de sécuriser, tant les camps de réfugiés que les opérations humanitaires, parce que sous financés, mal équipés et à cause d’un mandat trop limité.

Le 31 août, le Conseil de Sécurité adoptait la résolution 1706 qui prévoit le remplacement de la MUAS d’ici la fin de l’année par une véritable Mission des Nations unies, avec un mandat permettant la protection réelle de la population.

Amnesty International se félicite de ce que la résolution donne pour mandat aux forces des Nations unies de protéger les civils par « n’importe quel moyen s’avérant nécessaire ».

Malheureusement, sa mise en oeuvre est compromise par l’opposition du gouvernement du Soudan.

Il est pourtant impératif que soit déployée le plus vite possible une force de maintien de la paix de l’ONU chargée de protéger les civils, de faire appliquer l’embargo sur les armes et de surveiller sa mise en œuvre, et d’intervenir en recourant à la force de façon appropriée pour mettre fin aux atteintes aux droits humains.

L’urgence est donc de mise, d’autant plus que le conflit s’étend désormais dans l’est du Tchad, où des groupes armés tchadiens, tout récemment constitués et opposés à leur gouvernement, auraient établi des liens avec d’autres groupes armés basés au Darfour et favorables au gouvernement soudanais. Ce sont les civils, sans armes ni protection, qui payent le prix de l’indifférence qui continue à entourer cette région.
Les Janjawids ont quasiment le contrôle total d’une grande partie du Darfour occidental, et occupent progressivement les terres qui se sont dépeuplées durant la campagne de la terre brûlée en 2003 et 2004. Comme beaucoup le craignaient, les attaques sur les villages dans l’est du Tchad ont repris avec la fin de la saison des pluies. Les Janjawids recommencent à traverser la frontière pour attaquer des villages au Tchad oriental. Plusieurs villages, sans doute une dizaine, ont en effet été attaqués à partir du 3 octobre. Au moins 12 personnes ont été tuées. Plusieurs dizaines ont été blessées, et certaines d’entre elles sont actuellement hospitalisées à Goz Beïda. Quatre villages ont aussi été incendiés. À ce jour, le gouvernement du Tchad n’a pas pu ou n’a pas voulu protéger les populations civiles de l’est du pays. La semaine dernière, l’armée tchadienne aurait été appelée pour venir au secours de ces villages, mais selon les informations reçues elle serait arrivée plusieurs heures trop tard.

L’Union africaine et l’Accord de paix sur le Darfour n’ayant pas tenu leurs promesses vis-à-vis de la population, et le gouvernement soudanais n’ayant pas assuré la protection des civils, cette responsabilité relève maintenant de la communauté internationale.

C’est pourquoi, Amnesty demande aux autorités soudanaises :

• de consentir au déploiement de la force de maintien de la paix des Nations unies au Darfour, conformément à la résolution 1706 du Conseil de sécurité ;

• de mettre un terme à toutes les violations du droit international relatif aux droits humains et du droit international humanitaire ;

• de garantir aux organisations humanitaires et de défense des droits humains un accès sans entraves au Darfour ;

• de veiller à ce que le police donne suite à toutes les plaintes pour agressions contre des personnes déplacées, notamment les viols, et à ce que les responsables présumés de tels actes soient traduits en justice et jugés dans le cadre de procès équitables.

ACTION :

Exhortez avec nous le Président de la République de satisfaire à ces demandes et envoyez lui la lettre ci-dessous :

Adresse : Lieutenant General Omar Hassan Ahmad AL-BASHIR, President’s palace, PO Box 281, Khartoum, SUDAN

Dear President,

The people of Darfur are crying out for safety. Thousands of civilians have been killed, tortured and raped, and hundreds of thousands have been forcibly displaced since 2003.

Conflict in Darfur is spreading in eastern Chad where emergent Chadian armed groups, opposing the Chad government, are reported to have established links with pro-Sudanese government armed groups based in Darfur. The unarmed and unprotected civilians are paying the price for the continuing neglect of this region.

Therefore, I urge you your government to

• consent to the deployment of UN peacekeepers to Darfur under UN Security Council 1706 ;

• halt all violations of international human rights and humanitarian law ;

• allow unhindered access for humanitarian and human rights organizations ;

• ensure that the police follow up all complaints of attacks on IDPs, including rape, and that those who commit such attacks are brought to justice in fair trials.

Yours respectfully,

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