DARFOUR : la destruction des villages met la population à la merci des tueurs

En avril 2003, alors que le monde entier, espérant une résolution du plus long conflit africain, se félicitait encore de l’avènement d’un processus de paix entre les autorités soudanaises et l’Armée populaire de libération du Soudan, le gouvernement de ce pays a entamé une répression impitoyable contre la population civile du Darfour. Sous prétexte de combattre deux groupes politiques armés - l’Armée de libération du Soudan (ALS), formée en février 2003, et le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE), le gouvernement a équipé et soutenu des milices, les Janjawid, qui ont attaqué et brûlé des villages, tué des civils, violé des femmes et pillé des propriétés. Ces milices ont agi en toute impunité, parfois avec l’aide des forces gouvernementales.

L’imagerie satellitaire permet de visualiser la destruction des villages du Darfour opérée par les Janjawid et les forces gouvernementales.

Sur la carte satellite, chaque point rouge représente une collectivité (village ou colonie) où des dizaines, des centaines, voire des milliers de personnes vivaient autrefois. Chaque point rouge symbolise les pertes et les souffrances infligées par les Janjawid et les forces gouvernementales : des maisons brûlées, des écoles et des maisons communes détruites, des accessoires et des biens - certains transmis de génération en génération - pillés ou dérobés. Ces lieux de vie, parfois très anciens, sont maintenant déserts ou réduits en cendres. Leurs habitants ont été chassés de leur propre pays ou contraints de se regrouper dans des camps de PDI, quelquefois pour se retrouver dans un état de quasi-famine, sous les ordres de ceux qui ont tué leurs proches et détruit leurs biens.

Cette stratégie d’anéantissement a entraîné dans cette région une véritable catastrophe humanitaire, ainsi qu’une crise des droits humains. Les images satellite montrent clairement l’ampleur des violences contre la population civile, ainsi que l’état de dévastation des zones visées. Amnesty International a rencontré des centaines de victimes qui ont fui cette partie du Soudan. Leurs récits de mort, de destruction, de viols et de fuite complètent et renforcent la triste réalité des images.

Pour briser ce cycle de la violence, le gouvernement soudanais et la communauté internationale doivent sans plus tarder réagir face aux atteintes aux droits humains perpétrées dans le Darfour, et faire le nécessaire pour empêcher une aggravation de ce désastre humanitaire.