Stop aux viols collectifs, enlèvements et meurtres au Darfour !

Chez elles, dans leur quartier ou dans leur

village, en temps de guerre ou en temps de paix, des millions de femmes et de fillettes sont battues, violées, mutilées et tuées en toute impunité.


« Vous, les femmes noires, on va vous exterminer, vous n’avez pas de Dieu », telles sont les paroles terrifiantes lancées par des miliciens Janjawid à une femme qu’ils ont enlevée et violée. Khadija (son nom a été modifié), vingt ans, était enceinte de deux mois quand la milice soutenue par le gouvernement a attaqué son village. « J’ai été emmenée en même temps que des dizaines d’autres filles. On nous a fait marcher pendant trois heures. Pendant la journée, ils nous ont battues... Ils nous ont violées plusieurs fois la nuit », a-t-elle dit à Amnesty International. « Les Janjawid nous gardaient avec des fusils. Pendant trois jours, nous sommes restées sans nourriture ».


Des milliers d’hommes et de femmes ont été tués ou blessés dans le Darfour, région de l’ouest du Soudan, depuis le début de l’année 2003. Les forces armées ont procédé à des bombardements systématiques et les milices soutenues par le gouvernement ont mis à sac des villages pendant leur conflit avec deux groupes d’insurgés dans la région. Des centaines de milliers de personnes ont fui leur foyer.

Les femmes ont été particulièrement touchées. Parce qu’elles s’occupent de leur famille, les femmes restent souvent près de leur village, ce qui fait d’elles des cibles faciles. Les miliciens Janjawid ont commis des viols et agressions sexuelles sur des

milliers de femmes et de fillettes, dont certaines âgées de huit ans seulement. Ils ont procédé à des viols collectifs, enlevé des femmes pour en faire des esclaves sexuelles et battu ou tué celles qui résistaient. Parmi les femmes enlevées, certaines ont eu les bras et les jambes cassées pour les empêcher de s’enfuir. Les Janjawid ont patrouillé à la périphérie des camps de déplacés et aux alentours des villes et des villages du Darfour, violant les femmes qui s’aventuraient dehors à la recherche de nourriture et d’eau.

Le viol au cours d’un conflit armé, en particulier lorsque cette pratique est extrêmement répandue ou obéit à une politique concertée, constitue un crime de guerre. Des témoins et des réfugiés ont déclaré que le viol était utilisé délibérément au Darfour pour humilier et punir des communautés entières, et finalement leur faire quitter leurs terres. Beaucoup de femmes ont été violées en public devant leurs maris, parents ou voisins.

« L’un après l’autre, cinq ou six hommes nous ont violées pendant six jours, durant des heures, toutes les nuits. Mon mari n’a pas pu me le pardonner, il m’a rejetée. » Les séquelles psychologiques et médicales dont souffrent les femmes qui ont été violées sont ressenties à long terme, mais aussi immédiatement. Ces femmes doivent vivre avec la menace du VIH/sida, et les soins médicaux auxquels elles ont accès au Darfour et dans les camps de réfugiés du Tchad, pays limitrophe, sont réduits au minimum. Les effets sociaux et économiques de ces actes peuvent également être tragiques ; leur impact sur les liens familiaux et les relations sociales est souvent dévastateur. Les femmes qui ont subi des violences sexuelles assument de surcroît le déshonneur infligé à tout le groupe. Elles sont parfois rejetées, ainsi que leurs enfants. Il arrive que les époux répudient leur femme et que les femmes célibataires ne puissent jamais se marier. Ces dernières, forcées de subvenir à leurs besoins dans une société où les traditions ne prévoient aucune place pour les femmes indépendantes, sont menacées par la misère et courent un risque d’autant plus grand de voir leurs droits fondamentaux violés.


Joignez-vous à nous pour demander au gouvernement soudanais et à la communauté internationale d’agir immédiatement afin de mettre un terme aux sévices infligés aux femmes du Darfour, sévices qui constituent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, et de protéger les femmes qui ont subi des violences.

Engagez le gouvernement du Soudan à :
 suspendre tout membre des forces armées soupçonné d’avoir commis, ordonné, aidé ou encouragé des viols ou d’autres violations des droits humains à l’égard des femmes ;
 désarmer et dissoudre les milices Janjawid et indiquer clairement aux combattants que les auteurs de viols et d’autres formes de violence sexuelle (actes qui, au cours d’un conflit, constituent des crimes de guerre) seront traduits en justice ;
 continuer à accorder aux organisations internationales, aux observateurs et aux défenseurs des droits humains l’accès à la région, élargir cet accès à toutes les zones et faire en sorte que le personnel officiel affecté aux camps de réfugiés ou de déplacés ne compte aucun membre de la milice Janjawid ;
 en coopération avec la communauté internationale, faire en sorte que toutes les victimes de violence sexuelle bénéficient d’un suivi médical, et notamment d’un soutien psychologique, de soins de santé en matière de sexualité et de procréation et d’un traitement contre les infections sexuellement transmissibles.

Envoyez la lettre ci-dessous à :

Lieutenant-General Omar Hassan Ahmad al-Bashir,President’s Palace,PO Box 281, Khartoum,Soudan.
Fax : + 24911 771651/783223/779977