Témoignages d’enfants du Darfour

Cinq années après le début des hostilités au Darfour, les enfants en âge d’aller à l’école n’ont rien connu d’autre que la guerre. Ils sont un million à avoir grandi dans des camps, sans avoir pu bénéficier d’une scolarisation, sans même connaître la signification du mot « maison ».

Mansur

Mansur a dix ans. Il aime dessiner. Sur un mur, il a représenté la destruction de son village, son dernier souvenir du Darfour. Lui et sa famille ont traversé le désert pour atteindre un camp à l’est du Tchad, où ils vivent depuis avec d’autres réfugiés. Ils disposent d’une tente et d’une sorte de réduit. Quand il sera grand, Mansur veut être docteur. Il adore jouer au football, quand lui et ses amis peuvent trouver un bon ballon.




Aljafis

Aljafis a neuf ans. Il a toujours l’air très sérieux, mais il a souri en se voyant en photo. Il vit dans un camp de réfugiés, avec sa mère et ses frères et sœurs. Des miliciens ont détruit son village, et tué son père. Aljafis va a l’école, où les élèves doivent se serrer dans des salles toutes petites et s’asseoir à même le sol. Avec des bouteilles en plastique, il fabrique des voitures de course. Aljafis et ses amis se confectionnent également des ballons de football avec des chiffons et tout ce qu’ils peuvent récupérer.



Ahmat

Ahmat a seize ans. Il adore étudier. Il aime également faire du vélo, jouer au football et écouter de la musique. Avant la destruction de son village au Darfour, il pouvait faire tout cela. Dans le camp où lui et sa famille se sont réfugiés, l’enseignement secondaire n’existe pas. Ahmat n’a donc plus rien eu à faire après avoir terminé l’école primaire. Il a décidé de retourner au Darfour, au péril de sa vie. Il voulait aller étudier dans l’une des rares villes qui n’ont pas été détruites. Il est toujours au Darfour, où un jeune homme de son âge constitue une cible de choix pour les Janjawids et l’armée soudanaise.



Farha

Farha (au centre à l’arrière-plan de la photo) a quinze ans. Elle et ses trois sœurs cadettes ont pu s’échapper quand leur village au Darfour a été attaqué et détruit. Leur père n’a pas eu cette chance. Elles ne savent pas non plus ce qui est arrivé à l’un de leurs frères, car ils ont été séparés lors de l’attaque. La mère et la fille ont marché vingt-cinq jours à travers le désert pour atteindre un camp. La mère est retournée au Darfour pour rechercher son fils. Cela fait plusieurs semaines que ses filles ne l’ont pas vue. Farha aime se réunir avec ses amis pour évoquer la vie d’autrefois au Darfour. Elle joue également au volley, qui est le sport de prédilection des filles dans les camps de réfugiés.



Elsair

Elsair a trois ans. Elle ne connaît que la vie dans un camp de réfugiés. Son père, Jacob, est l’inspecteur des écoles de ce camp. Il espère changer l’avenir du Darfour par le biais de l’éducation. Au camp, la nourriture et l’eau sont déjà en quantités limitées, et l’arrivée de 10 000 nouveaux réfugiés du Darfour va créer une demande supplémentaire.













Islam

Islam a neuf ans. Elle fait partie des 14 000 résidents d’un très grand camp. Les rations alimentaires ne durent pas un mois, et sa mère doit échanger du sorgho contre de la viande et des légumes. Mais elle n’a pas le droit d’aller sur le marché local. Elle ne peut accéder qu’à un marché réservé aux réfugiés qui offre bien moins de possibilités de choix. L’hygiène et l’eau sont également très problématiques pour les réfugiés.









Hissein et Hassan

Hissein et Hassan sont des jumeaux âgés de sept ans. Leur rire est très communicatif. Dès qu’ils rient, leur jeune sœur, Guisma, est prise de fou-rire également. Leur mère, Achta, a porté leur jeune frère sur son dos au cours d’un dangereux périple à travers le désert. Mais cet enfant n’a pas eu autant de chance qu’Hissein et Hassan : il a été pris de diarrhées et est mort pendant le voyage au camp. Leur père, Adef, doit quitter le camp pour rechercher de la nourriture et subvenir aux besoins de sa famille. Parfois, il part pendant plusieurs semaines.







Ahmed Adam

Ahmed Adam (à droite sur la photo) est en deuxième année. Son oncle a été tué au cours d’une attaque menée contre son village. Ahmed n’avait que cinq ans à l’époque. De ce jour, il se souvient de la peur de ses aînés et de ses parents, une peur qu’il n’attendait pas chez ses protecteurs. Plus de huit personnes ont été tuées dans la même journée. Heureusement, après les attaques, lui et sa famille ont pu fuir vers le Djebel Mastaria. Ils sont restés sur cette montagne pendant trois semaines, avant de redescendre dans la vallée de Mastaria, où de nombreux autres villageois s’étaient rassemblés.







Hawa Yahya

Hawa Yahya (à droite sur la photo) a douze ans. Elle a vu son village réduit en cendres et les femmes se faire violer. Sa sœur aînée, notamment, a été violée. Hawa ne veut plus parler de la guerre. Elle préfère travailler dur pour réussir à l’école et peut-être devenir un jour avocate.






Adam Adam Hassan

Le garçon au bracelet en éponge s’appelle Adam Adam Hassan. Il a seize ans. On ne connais pas le nom de son village, mais il vient du Darfour occidental. Vous pouvez voir un de ses dessins, qui représente l’attaque de son village.













Adam Hassan Yagoub et Abdu-Salam

Sur cette photo Adam Hassan Yagoub lance une balle à son fils, Abdu-Salam. Ils viennent de Hila Zaghawa, près d’El Geneina. Ils ont quitté le Darfour en 2003 à la fin de la saison des pluies (novembre), et fui vers un village du Tchad (Yagatom). Après un mois au Tchad, une ONG les a amenés dans un camp de réfugiés. Le fils n’était pas né, ou était encore très jeune lorsque sa famille a quitté le Darfour. Abdu-Salam a environ quatre ans sur cette photo.








À l’extérieur du camp

La plupart des photos des enfants jouant au football ont été prises à l’extérieur de l’école de Daoud Bolad, dans un camp de déplacés. Une ONG appelée CORD assure l’école primaire (années 1 à 8). Elle propose des activités sportives et récréatives afin de souder la collectivité et d’occuper les enfants. Il semblerait aussi que ces activités empêchent le recrutement des adolescents par les groupes rebelles.

Toutes les infos

Infos liées

Toutes les actions

Actions liées

Marathon 2017 : SIGNEZ POUR LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS

Cette année, les 10 individus en danger du Marathon des lettres sont des défenseurs des droits humains. Ils ont tous besoin de votre aide. Nous vous proposons de signer pour eux, en un seul clic.