Le déni d’un conflit

Amnesty International a publié le 28 octobre 2008 un Rapport intitulé « Laissez-nous en paix » (traduit en français depuis janvier 2009). Le rapport d’Amnesty International est l’étude récente la plus complète sur la situation des droits humains dans ce pays d’Amérique du Sud. Il apparaît ainsi évident que, malgré les déclarations optimistes du gouvernement colombien, les acteurs armés du conflit interne sont responsables de violations massives des droits de l’homme.

Le Rapport « Laissez-nous en paix » d’Amnesty International (téléchargeable ici)démontre comment, en Colombie, la population civile continue d’être victime du conflit armé interne meurtrier qui oppose depuis plus de 40 ans les forces de sécurités, les paramilitaires et les groupes de guérilla. Les chiffres présentés dans le Rapport sont inquiétants : le conflit a fait plus de 70’000 morts, dont la majorité sont des civils, durant les 20 dernières années. Par ailleurs, durant la même période, 3 à 4 millions de personnes ont été victimes de déplacements forcés. On estime qu’en Colombie, entre 8’000 et 13’000 enfants soldats sont enrôlés aussi bien par les groupes de guérilla que par les paramilitaires.
Alors que le gouvernement colombien présente une image positive de la situation des droits humains dans son pays, Amnesty International a reçu des témoignages totalement opposés.

Ainsi, par exemple, Ingrid X., âgée de 16 ans, a été enlevée le 24 août 2007 à Buenaventura, dans le département de Valle del Cauca, par des paramilitaires, qui l’ont tuée. Sa famille s’est rendue auprès des paramilitaires pour réclamer sa dépouille, mais ceux-ci ont révélé à la famille qu’ils avaient tué Ingrid à titre d’exemple pour que plus personne n’entretienne de relations avec la guérilla. Le jour même, la famille a repêché d’un lac le corps d’Ingrid, criblé de coups de couteaux, et elle l’a enterré le 27 août.

Le 27 juin 2008, les trois enfants indigènes Dumar Alexander, Leibar et José Edilmer Pai Nastacuas (âgés de 15, 12 et 8 ans) sont mort, victimes d’un champ de mines placé par un groupe de la guérilla.

Le dirigeant syndical Jesus Heberto Caballero Ariza a été retrouvé mort le 17 avril 2008. Il avait reçu des menaces du groupe paramilitaire « Aguilas Negras » et son cadavre portait des traces de tortures.

Malgré les faits présentés dans le Rapport « Laissez-nous en paix », les autorités colombiennes rejettent toutes les accusations et refusent même d’avouer qu’il existe un conflit armé interne au pays. Pour Amnesty International, il est impossible de trouver une solution à un problème dont on nie l’existence. Les mensonges conduisent à une escalade dans les violations des droits humains et condamnent encore plus de personnes à être victimes de mauvais traitements et de meurtres. Nous exigeons des autorités colombiennes qu’elles reconnaissent l’existence d’un conflit armé et qu’elles appliquent le droit international humanitaire afin de protéger la population civile.

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