La Belgique accueillera prochainement un ex-détenu de Guantanamo, qu’en pense Amnesty ?

Quelques chiffres et quelques dates pour commencer.

  • 11-09-2001 : 4 avions sont détournés et s’écrasent sur différents sites des Etats-Unis. La guerre contre le terrorisme est déclarée.
  • Le 28-12-2001 : Guantanamo sera l’endroit où seront maintenus en détention sans inculpation, pour une durée illimitée, des ressortissants d’autres pays que les États-unis soupçonnés d’implication dans des actes terroristes.
  • Le 11-01-2002, les premiers détenus sont transférés d’Afghanistan vers Guantanamo Bay et placés dans des cages métalliques.

Plus de 7 ans plus tard, près de 800 personnes sont passées par là, détenues dans la plupart des cas sans inculpation ni jugement. Seulement 3 détenus ont été reconnus coupables par une commission militaire.
Douze d’entre eux, peut-être plus, avaient moins de dix-huit ans quand ils ont été mis en détention. Au moins trois d’entre eux étaient encore incarcérés en décembre 2008.
Quatre hommes au moins se seraient suicidés à Guantánamo. Des dizaines de tentatives de suicide ont été signalées par ailleurs.

Symbole et exemple de violations flagrantes des droits humains, Amnesty International mène campagne depuis des années pour la fermeture du centre de détention de Guantanamo et la libération des personnes qui y sont détenues sans inculpation.

Des promesses suivies d’actes mais...

Le Président Obama s’est engagé lors de sa campagne électorale à fermer le centre de détention de Guantanamo Bay et le décret a effectivement été pris moins de 100 jours après son arrivée au pouvoir.
Amnesty a salué cette décision qui devrait être effective au plus tard en janvier 2010.
Bien sûr, il semble évident qu’il appartient en premier lieu aux Etats-Unis eux-mêmes de trouver des solutions quant au destin des 240 personnes encore détenues et pour lesquelles aucune culpabilité n’a pu être établie. Elles doivent soit bénéficier d’un procès juste et équitable devant une Cour fédérale des Etats-unis soit être libérées.
Pour celles qui ne sont plus suspectées de crimes et qui n’ont pas été poursuivies parce qu’aucune charge n’a pu être établie, il est souvent impossible de rester aux Etats-Unis en raison d’un refus de leur part mais aussi par crainte de stigmatisation et de représailles.
Il leur est aussi parfois impossible de retourner dans leur pays d’origine où elles risquent d’être victimes de mauvais traitement ou parce qu’elles sont devenues apatrides.

La solution européenne.

L’Union européenne a une tradition de terre d’accueil des personnes vulnérables et de respect des droits fondamentaux ; plusieurs pays européens ont réclamé la fermeture de Guantanamo et certains États membres portent une responsabilité pour avoir contribué aux restitutions.
Pour toutes ces raisons, les États européens doivent prendre leurs responsabilités en offrant une protection internationale à ces ex-détenus.
Amnesty International les encourage à faire ce geste.
L’union européenne dispose ainsi d’une occasion unique de mettre fin aux violations des droits fondamentaux commises au nom de la lutte contre le terrorisme.
À plusieurs reprises, la section belge d’Amnesty a approché les différents ministères concernés.
L’Organisation accueille donc favorablement la décision du Gouvernement Belge de recevoir tout prochainement un ex-prisonnier de Guantanamo.
La Belgique suit ainsi l’exemple du Portugal, de l’Irlande et de la France qui ont déjà recueilli précédemment des personnes qui avaient été emprisonnées à Guantanamo.

IL est important de préciser que, à la suite d’une décision judiciaire antérieure des Etats-Unis, l’ex-détenu qui sera accueilli en Belgique ne fait plus l’objet de poursuites. Le ministre des affaires étrangères belge, M. Leterme a précisé qu’il recevra un visa d’accès au territoire belge et un statut de résident lui donnant droit à un permis de travail. Il a ajouté que "tout un scénario" avait été établi, comprenant l’accueil de cette personne, une "surveillance" - tant dans son intérêt que dans celui la Belgique - et la possibilité de son intégration dans la société belge.

Dans un communiqué publié par notre section le 4 septembre dernier, Philippe Hensmans, directeur d’Amnesty International Belgique francophone déclarait :
« On se félicite que la Belgique ait répondu favorablement à notre demande et donne l’exemple. Il existe ici des structures d’accueil et de prise en charge de personnes ayant été victimes de mauvais traitements. Il est normal qu’elles puissent en bénéficier et essayer ainsi de retrouver une vie normale.  »
Reste à espérer que d’autres pays européens suivront rapidement cette voie.

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