Agissez : les militants au Zimbabwe ne doivent plus être harcelés !

Le 11 mars 2007, une cinquantaine de militants ont été arrêtés au Zimbabwe après avoir tenté de participer à un rassemblement public alors que les autorités avaient interdit pour trois mois les défilés et manifestations. Ces militants, parmi lesquels se trouvaient des dirigeants du principal parti de l’opposition, le Movement for Democratic Change (MDC, Mouvement pour le changement démocratique), ont été roués de coups au moment de leur arrestation puis torturés pendant leur détention aux mains de la police.

L’un d’entre eux, Gift Tandare, a été abattu par la police. II était le président de la structure locale de l’Assemblée constitutionnelle nationale dans une banlieue de Harare.

Amnesty International a reçu de nombreuses informations signalant que la police continuait de harceler les opposants politiques, les avocats et les groupes de la société civile.

Le 21 mars, Amnesty International a écrit au président du Zimbabwe, Robert Mugabe, et au ministre de l’Intérieur, Kembo Mohadi, pour exhorter le gouvernement à :

  • lever immédiatement l’interdiction décrétée le 20 février 2007 contre les rassemblements publics. Amnesty International estime que cette décision est contraire aux obligations internationales, régionales et nationales qui imposent au Zimbabwe de respecter et de protéger les libertés d’expression, d’association et de réunion ;
  • mettre fin aux violations des droits humains commises par les policiers et les autres responsables de l’application des lois, et faire en sorte que les policiers appliquent les normes les plus exigeantes en matière de professionnalisme et respectent les droits humains. Le gouvernement du Zimbabwe doit cesser d’utiliser les policiers et les autres responsables de l’application des lois à des fins politiques, notamment pour réprimer les rassemblements publics pacifiques et persécuter les partis d’opposition et les défenseurs des droits humains ;
  • veiller à ce que les policiers s’acquittent de leur mission en respectant les normes reconnues aux niveaux international et régional en ce qui concerne les droits humains et le maintien de l’ordre, sans discrimination. Les agents devraient se conformer au droit international et aux normes internationales en la matière, en particulier au Code de conduite des policiers adopté par l’Organisation de coopération des commissaires de police de la région de l’Afrique australe, dont l’article 1 dispose : « Dans l’accomplissement de leurs fonctions, les policiers respectent et protègent la dignité humaine et défendent tous les droits humains de tous les individus » ;
  • ouvrir immédiatement une enquête impartiale et indépendante sur le meurtre de Gift Tandare commis par la police antiémeutes le 11 mars, sur les tirs policiers qui ont touché trois personnes le 13 mars et sur les allégations selon lesquelles la police a fait un usage excessif de la force lorsqu’elle a dispersé des manifestants qui essayaient de participer au rassemblement public du 11 mars. Les suspects doivent être traduits en justice ;
  • ouvrir immédiatement une enquête impartiale et indépendante sur les allégations faisant état de torture sur des membres du MDC, sur des dirigeants de la société civile et sur leurs sympathisants. Les personnes dont il existe des motifs raisonnables de penser qu’elles sont impliquées dans de tels actes doivent être traduites en justice sans plus attendre.

Amnesty International déplore vivement que le gouvernement du Zimbabwe n’ait pas traité les problèmes qui se posent sur le plan des droits humains depuis le 11 mars 2007.

Les manœuvres de harcèlement persistantes exercées par la police contre l’opposition et les avocats depuis cette date sont une illustration de la politique de harcèlement menée contre les membres de l’opposition, les avocats et les défenseurs des droits humains – des pratiques qu’Amnesty International observe depuis 2000.

Passez à l’action !

Écrivez à l’Union africaine et à la Communauté de développement de l’Afrique australe pour leur demander d’appeler le gouvernement du Zimbabwe à mettre fin aux violations des droits humains.

Monsieur le Président,

Je vous écris pour vous faire part de ma vive préoccupation à propos de la situation des droits humains au Zimbabwe au vu de la manière dont les autorités ont réagi aux tentatives de responsables de l’opposition politique, de dirigeants de la société civile et de leurs sympathisants de participer à un rassemblement visant à protester contre l’interdiction décrétée par la police d’organiser une réunion pour prier le dimanche 11 mars 2007.

Selon des informations concordantes, la police a utilisé une force excessive et a recouru à tort à la force létale contre des manifestants qui n’étaient pas armés. Dans certains cas, les militants placés en garde à vue ont été roués de coups, ce qui pouvait être assimilé à de la torture.

Ces violences se poursuivaient à la date du 20 mars 2007. Or, en agissant ainsi, le Zimbabwe enfreint visiblement ses obligations au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, et viole ses engagements en vertu de l’Acte constitutif de l’Union africaine.

Je vous demande d’user de vos bons offices pour rappeler au gouvernement du Zimbabwe qu’il a des obligations régionales en matière de droits humains, et pour promouvoir l’ouverture d’une enquête impartiale et indépendante sur le meurtre de Gift Tandare le 11 mars, sur l’utilisation abusive de la force létale par la police contre des participants au rassemblement du 11 mars et contre des personnes venues assister à l’enterrement de Gift Tandare le 13 mars, ainsi que sur les allégations faisant état de torture et de mauvais traitements contre des manifestants placés en détention. Les conclusions de ces investigations devraient être rendues publiques, et les suspects traduits en justice.

Je vous prie également de chercher à obtenir l’assurance que les policiers du Zimbabwe s’acquittent de leur mission en respectant les normes reconnues aux niveaux international et régional en ce qui concerne les droits humains et le maintien de l’ordre, sans discrimination. Pour restaurer la confiance de la population dans la police nationale, les agents devraient se conformer au droit international et aux normes internationales en la matière, en particulier au Code de conduite des policiers adopté par l’Organisation de coopération des commissaires de police de la région de l’Afrique australe, dont l’article 1 dispose : « Dans l’accomplissement de leurs fonctions, les policiers respectent et protègent la dignité humaine et défendent tous les droits humains de tous les individus. »

Enfin, je pense que l’interdiction générale qui frappe les rassemblements publics est contraire aux obligations qu’a le Zimbabwe de respecter et de protéger les libertés d’expression, d’association et de réunion – obligations inscrites dans des traités internationaux ou nationaux –, mais aussi à la Constitution nationale. Je vous appelle à user de toute votre influence pour faire lever cette interdiction au plus vite.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute considération.

His Excellency John Kufuor, Chairperson of the African Union
Office of the President
The Castle
Osu
PO Box 1627
Accra
Ghana

Fax : +233 21 6769 35

Formule d’appel : Monsieur le Président

President Jakaya Kikwete, Chair of the organ on politics, defence and security of Southern African Development Community
President of the United Republic of Tanzania
Office of the President
The State House
Magogoni Road
PO Box 9120
Dar es Salaam
Tanzania

Fax : +255 22 211 3425

Formule d’appel : Monsieur le Président

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