Le 13 juillet 2025, le défenseur des droits humains et prisonnier d’opinion saoudien Abdulaziz al Shubaily a bénéficié d’une libération conditionnelle, après avoir purgé une peine de huit ans de prison. Il est désormais soumis à une interdiction de voyager pendant huit ans et à une interdiction d’utiliser les réseaux sociaux.
Il avait été arrêté le 17 septembre 2017, après des années de procédures judiciaires liées à son militantisme. Le 29 mai 2016, le Tribunal pénal spécial a condamné Abdulaziz al Shubaily à huit ans de prison à l’issue d’un procès inéquitable. Le tribunal lui a également imposé, dans le cadre de sa peine, une interdiction de voyager pendant huit ans et une interdiction d’utiliser les réseaux sociaux.
Le Tribunal pénal spécial l’a déclaré coupable, entre autres infractions, d’avoir « insulté l’intégrité du système judiciaire et des juges », « enfreint l’article 6 de la Loi relative à la lutte contre la cybercriminalité » en ayant « incité l’opinion publique à se retourner contre les dirigeants du pays et signé des déclarations en ligne appelant la population à manifester », et « insisté pour contester la décision de justice de dissoudre l’ACPRA ». Abdulaziz al Shubaily a également reçu l’ordre de signer une déclaration l’engageant à ne pas reprendre ses activités militantes.
Il a été officiellement inculpé de plusieurs infractions en juillet 2014. En mars 2015, il avait en outre été accusé d’avoir « communiqué avec des organisations étrangères » et fourni des informations à Amnesty International pour deux rapports de l’organisation.
Les membres de l’ACPRA sont dans le collimateur des autorités saoudiennes depuis une dizaine d’années. Abdulaziz al Shubaily a été l’avocat de neuf des 11 membres de l’ACPRA ayant fait l’objet de poursuites depuis décembre 2012. L’ACPRA signalait des atteintes aux droits humains et aidait des familles de personnes détenues sans inculpation à se retourner contre le ministère de l’Intérieur devant le Tribunal des plaintes, une juridiction administrative chargée d’examiner les plaintes déposées contre l’État et les services publics.