Écrire Un ancien député gracié, un autre toujours détenu

Mduduzi Bacede Mabuza, ancien membre du Parlement d’Eswatini, est détenu arbitrairement depuis le 25 juillet 2021 sur la base d’accusations motivées par des considérations politiques.

Il a été frappé à plusieurs reprises et privé d’accès à un avocat, ainsi que de soins médicaux. Les poursuites engagées contre lui découlent de l’exercice pacifique de ses droits à la liberté d’expression, d’association et de participation politique.

Lors d’un procès commun avec un autre député, Mthandeni Dube, tous deux ont été déclarés coupables et condamnés à de longues peines d’emprisonnement en juillet 2024, à l’issue d’une procédure entachée de graves violations des garanties prévues par la loi.

Mthandeni Dube a été gracié le 5 novembre 2025 et libéré sous conditions, en étant soumis à de lourdes restrictions concernant sa liberté d’expression et de circulation et ses activités politiques, tandis que Mduduzi Bacede Mabuza – qu’Amnesty International considère comme un prisonnier d’opinion – demeure emprisonné.

Le militantisme politique est réprimé depuis des années dans le royaume d’Eswatini, et le roi Mswati III, à la tête du pays, est le dernier représentant d’une monarchie absolue en Afrique. Des journalistes, des défenseur·e·s des droits humains et des militant·e·s politiques ont été incarcérés au titre de lois répressives, notamment de la Loi de 1938 relative à la sédition et aux activités subversives et de la Loi de 2008 relative à la répression du terrorisme, uniquement parce qu’ils avaient dénoncé la répression de la dissidence pacifique.

Lors du mouvement de protestation de juin et juillet 2021, les forces de sécurité ont violemment réprimé les manifestations ; plusieurs dizaines de personnes ont été tuées et des arrestations massives ont eu lieu. Human Rights Watch a recensé au moins 46 décès liés à ces manifestations, mais les organisations de défense des droits humains estiment que le nombre réel est probablement bien plus élevé.

Les poursuites engagées contre Mduduzi Bacede Mabuza et Mthandeni Dube s’inscrivent dans cette campagne de répression. Après s’être exprimés pacifiquement en faveur d’une élection pour désigner le Premier ministre et d’une modification de la Constitution, ils ont fait l’objet de poursuites pénales, d’une détention provisoire prolongée, d’un rejet de leurs demandes de libération sous caution et d’un procès inéquitable.

L’avis n° 55/2025 du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a apporté une confirmation faisant autorité du caractère illégal et politique de leur emprisonnement.

J'agis

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Monsieur le Premier ministre,

Je vous écris pour vous faire part de ma vive inquiétude concernant le maintien en détention arbitraire de l’ancien député Mduduzi Bacede Mabuza et les graves restrictions imposées à l’ancien député Mthandeni Dube.

J’ai appris avec soulagement la grâce accordée à Mthandeni Dube et sa libération sous conditions le 5 novembre 2025, mais sa libération est soumise à de lourdes limitations de ses droits à la liberté d’expression, d’association et de circulation, notamment l’interdiction de toute activité politique, de parler en public et de communiquer avec des médias, ainsi que des restrictions en matière de déplacements.

Dans le même temps, Mduduzi Bacede Mabuza – qu’Amnesty International considère comme un prisonnier d’opinion car il est détenu uniquement en raison de son opposition et de ses activités politiques – demeure détenu illégalement.

Ces deux hommes ont été arrêtés le 25 juillet 2021 pour avoir dénoncé la répression d’État et appelé à une réforme constitutionnelle. Ils ont été déclarés coupables des accusations retenues contre eux et condamnés en juillet 2024, à 85 années d’emprisonnement pour Mduduzi Bacede Mabuza et 58 années pour Mthandeni Dube, en vertu de lois répressives relatives à la lutte contre le terrorisme et la sédition, à l’issue d’une procédure entachée de graves violations des garanties prévues par la loi.

En septembre 2022, ils ont été violemment battus à coups de matraque par des membres d’une unité tactique chargée d’assurer leur transport. Leur avocat a alors été empêché de leur rendre visite et toute prise en charge médicale leur a été refusée jusqu’à ce qu’un tribunal accède à une demande urgente et ordonne qu’ils soient soignés.

Par ailleurs, j’aimerais attirer votre attention sur l’avis n° 55/2025 adopté par le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire au cours de sa 103e session le 28 août 2025 : ayant conclu que la détention de ces deux anciens députés était arbitraire – relevant des catégories II et III étant donné qu’ils ont d’une part été punis pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, de réunion, d’association et de participation politique, et que d’autre part ils ont subi de graves violations du droit à un procès équitable – le Groupe de travail a demandé leur libération immédiate.

À la lumière de ce qui précède, je vous appelle à libérer immédiatement et sans condition le prisonnier d’opinion Mduduzi Bacede Mabuza et à lever toutes les restrictions imposées à Mthandeni Dube.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de ma haute considération.

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