Écrire Un animateur de radio risque plusieurs années d’emprisonnement

Hong Kong Edmund Wan Giggs

L’animateur d’une webradio Edmund Wan (connu sous le nom de « Giggs »), qui est détenu depuis plus de 18 mois, est inculpé au total de 10 chefs d’inculpation pour sédition et blanchiment d’argent.

Au moment où il a été inculpé, Edmund Wan animait sur une radio indépendante sa propre émission dans laquelle il commentait l’actualité. Il s’occupait également d’une collecte de fonds pour financer les études de jeune manifestant·e·s de Hong Kong ayant fui à Taiwan.

Edmund Wan a été pris pour cible alors qu’il n’avait fait qu’exercer son droit à la liberté d’expression avec des moyens pacifiques.

Les charges retenues contre lui doivent être abandonnées, et il doit être remis en liberté immédiatement.

Edmund Wan, qui est connu sous le nom de « Giggs », est animateur de radio depuis de longues années et il commentait l’actualité. Avant son arrestation, il animait quatre émissions sur une webradio locale et indépendante de Hong Kong. Il publiait également des commentaires sur les affaires publiques sur des plateformes de médias sociaux et sur une plateforme d’abonnement payante. Mis à part ses commentaires critiquant les autorités de Hong Kong et les autorités centrales chinoises, il a mis en place une collecte de fonds pour financer les études de jeunes de Hong Kong ayant fui à Taiwan, en février 2020. Ces jeunes ont fui Hong Kong pour s’installer à Taiwan quand le gouvernement hongkongais a arrêté des dizaines de milliers de jeunes gens ayant participé aux manifestations de 2019.

Le 21 novembre 2020, Edmund Wan a été arrêté au titre de l’article 21 de la Loi relative à la sécurité nationale de Hong Kong pour avoir apporté une aide financière à des personnes accusées de sécession. Cependant, le 8 février 2021, Edmund Wan a été officiellement inculpé de quatre chefs concernant la « commission d’un acte avec une intention séditieuse ». Il a également été inculpé le 10 mai 2021 de cinq chefs supplémentaires pour blanchiment d’argent et d’un chef pour conspiration en vue de la commission d’un acte avec une intention séditieuse. En mai 2022, le parquet a conclu un accord avec lui, aux termes duquel six des 10 chefs retenus seraient maintenus s’il plaidait coupable des chefs restants et acceptait la confiscation des fonds collectés. La sentence sera prononcée le 7 octobre 2022.

Les charges relatives à la sédition qui datent de l’époque coloniale à Hong Kong sont de nouveau utilisées par le gouvernement depuis 2020. Personne n’avait fait l’objet de poursuites judiciaires au titre de ces dispositions depuis 1976. Les autorités ont utilisé ces charges pour s’en prendre à des militant·e·s politiques, des journalistes et des auteurs ou autrices ayant exercé leur droit à la liberté d’expression. En décembre 2021, des cadres et des membres du conseil d’administration de l’organe de presse désormais fermé Stand News ont été arrêtés pour « publication séditieuse ». Le 6 avril 2022, la police de la sécurité nationale a arrêté six personnes pour sédition parce qu’elles avaient « causé des troubles » lors d’une audience dans un tribunal.

Deux de ces personnes ont par la suite été inculpées de sédition pour avoir applaudi et scandé des slogans au tribunal. Le 10 avril 2022, un journaliste a été arrêté pour avoir publié des « documents séditieux ». Le 20 avril 2022, un militant politique a été déclaré coupable d’avoir « proféré des paroles séditieuses » et condamné à 40 mois d’emprisonnement pour avoir scandé en public des slogans de protestation courants tels que « À bas le parti communiste » et « Cinq demandes, pas une de moins ».

Le Comité des droits de l’homme de l’ONU a récemment indiqué, dans ses observations finales concernant le quatrième rapport périodique de Hong Kong, Chine, que le gouvernement hongkongais a recouru aux dispositions sur la sédition de l’Ordonnance sur les crimes, qui n’étaient plus utilisées depuis des décennies, pour réprimer la liberté d’opinion et d’expression. De plus, les dispositions sur la sédition posent problème également parce qu’elles sont interprétées comme instituant une infraction relevant de la sécurité nationale, qui doit donc faire l’objet d’une enquête confiée à une police spéciale du Service de la sécurité nationale récemment créé, qui dispose de pouvoirs d’enquête excessifs.

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