Écrire Appel rejeté, poursuite de la dégradation de l’état de santé

Le 27 décembre 2020, le tribunal populaire supérieur de la province du Jiangsu a rejeté l’appel formé par Yu Wensheng contre la peine de quatre ans d’emprisonnement pour « incitation à la subversion de l’État » à laquelle il avait été condamné à l’issue d’un procès secret en juin 2020.

Privé de contacts avec sa famille depuis près de trois ans, Yu Wensheng a enfin pu s’entretenir avec son épouse, Xu Yan, lors d’un appel vidéo le 14 janvier 2021. Xu Yan a ensuite fait état de sa vive inquiétude, compte tenu de la détérioration manifeste de la santé de Yu Wensheng. Celui-ci ne peut plus utiliser son bras droit en raison de lésions nerveuses, et continue de montrer des signes de malnutrition.

Cet homme est un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression. Il doit donc être libéré immédiatement et sans condition.

Yu Wensheng est un éminent avocat de Pékin spécialisé dans la défense des droits humains. Il a plaidé dans plusieurs affaires très médiatisées liées aux droits humains. Il a notamment défendu des pratiquants du Fa Lun Gong, ainsi que son collègue avocat défenseur des droits humains Wang Quanzhang, détenu et inculpé de « subversion de l’État » dans le contexte de la répression massive qui s’est abattue à partir de juillet 2015 sur les avocats et les militants chinois.

Le 17 juin 2020, Yu Wensheng a été condamné à quatre ans d’emprisonnement et à trois ans de privation de ses droits politiques à l’issue d’un procès secret. Peu après sa condamnation, un appel a été formé auprès du tribunal populaire supérieur de la province du Jiangsu. Le 27 décembre 2020, les avocats de Yu Wensheng ont reçu la décision écrite de cette juridiction : l’appel avait été rejeté et la condamnation initiale confirmée. En vertu du jugement, Yu Wensheng doit être libéré le 1er mars 2022.

Yu Wensheng sera bientôt transféré du centre de détention à une prison pour finir d’y purger sa peine. On ignore toujours dans quelle prison il sera envoyé. Cependant, Yu Wensheng a demandé à être transféré dans une prison à Pékin, où se trouve son hukou (户口) et où vit sa famille. Le hukou est un système chinois d’enregistrement des ménages qui identifie officiellement une personne en tant que résident permanent d’une zone et recense des informations telles que sa date de naissance, son nom ainsi que celui de ses parents et de son conjoint.

Lorsque Yu Wensheng a été autorisé à s’entretenir pour la première fois avec son avocat en août 2020, après plus de 18 mois de détention, il a dit qu’on l’avait aspergé de gaz poivre et qu’on l’obligeait parfois à rester assis sur une chaise en métal pendant une période prolongée, jusqu’à ce qu’il perde partiellement connaissance. Yu Wensheng a également indiqué que les quantités de nourriture étaient souvent insuffisantes, qu’il faisait des malaises dûs à la chaleur en été et qu’il souffrait du froid en hiver.

La famille et les amis de Yu Wensheng pensent que sa condamnation est liée à une lettre ouverte dans laquelle il a critiqué le président Xi Jinping en affirmant que celui-ci n’était pas apte à diriger la Chine en raison de sa mainmise « totalitaire » sur le pays.

Yu Wensheng est l’un des finalistes de l’édition 2021 du prix Martin Ennals, une récompense qui distingue chaque année l’engagement de défenseur.es des droits humains. Les finalistes et le lauréat ou la lauréate sont sélectionnés par un jury représentant 10 des principales ONG mondiales de défense des droits humains. Le prix offre une protection et un soutien à des défenseur.es des droits humains en danger.

L’épouse de Yu Wensheng, Xu Yan, se bat inlassablement depuis trois ans pour obtenir sa libération. Elle a tenté à maintes reprises de rendre visite à son mari, qui est détenu à 800 km de leur domicile, situé à Pékin. Xu Yan fait l’objet d’une surveillance et d’un harcèlement constants de la part des autorités depuis qu’elle a commencé à plaider la cause de son mari. Elle a été convoquée par les autorités, arrêtée et privée du droit de voyager.

En Chine, les personnes qui mènent des activités militantes et défendent les droits humains continuent à être systématiquement soumises à une surveillance, à des manœuvres de harcèlement et d’intimidation, à des arrestations et à des placements en détention.

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