Écrire Arrestation d’un ingénieur pour une publication sur facebook

Shahnewaz Chowdhury, un ingénieur et militant bangladais, encourt jusqu’à 10 ans de prison pour avoir fait état sur Facebook d’une opinion personnelle. Exprimant sa conviction qu’une centrale électrique au charbon implantée dans sa ville est destructrice pour l’environnement, et condamnant plusieurs événements ayant semble-t-il mené à la mort de 12 personnes lors d’actions de protestation dans cette centrale, il a demandé à la jeunesse de « résister à l’injustice et de soutenir le développement passant par une écriture courageuse ».

Il a été incarcéré en vertu de la Loi relative à la sécurité numérique, un texte draconien de plus en plus souvent invoqué au Bangladesh pour réduire l’opposition au silence.

Les autorités doivent abandonner les poursuites lancées contre Shahnewaz Chowdhury, et libérer immédiatement et sans condition cet homme et toutes les autres personnes accusées uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression.

Shahnewaz Chowdhury, 37 ans, a été arrêté à son logement de Gandamara, dans le sous-district de Banshkhali (sud-est du Bangladesh), à 00 h 05 le 28 mai 2021. La police a ouvert une enquête sur lui en vertu de la Loi relative à la sécurité numérique, après qu’il a fait état sur Facebook de son opinion personnelle défavorable concernant une centrale électrique implantée près de chez lui.
Dans son post sur Facebook, il a déclaré : « Scoop : Les habitants de Banshkhali pensaient que la centrale électrique au charbon, qui détruit l’environnement et est devenue la cause de l’homicide de 12 personnes, allait permettre à Gandamara de prendre la vague du développement. En réalité, c’est un véritable raz-de-marée qui s’est abattu sur Gandamara. La jeunesse de Banshkhali doit résister à l’injustice et soutenir le développement par le biais d’une écriture courageuse. »

Dans une requête civile déposée en avril 2021, cinq organisations de défense des droits ont déclaré qu’au moins 12 personnes ont été tuées à la centrale électrique à Banshkhali en 2016, 2017 et le plus récemment en avril 2021. En 2016, au moins quatre personnes sont mortes lorsque des policiers ont ouvert le feu sur des manifestant·e·s qui s’opposaient à la construction de la centrale électrique. En avril 2021, au moins sept autres personnes ont perdu la vie lorsque la police a fait feu sur des manifestant·e·s qui réclamaient à la direction de la centrale des salaires impayés et une réduction du temps de travail durant le Ramadan, pratique observée par des musulmans du monde entier pendant ce mois de jeûne.

Un responsable de la centrale électrique de Banshkhali a accusé Shahnewaz Chowdhury de publier des informations « fausses et offensantes », de « ternir la réputation de [la société] SS Power 1 Limited » et de « susciter l’animosité, l’instabilité et le chaos » avec son post sur Facebook, en vertu des sections 25, 29 et 31 de la Loi relative à la sécurité numérique.

L’avocat de Shahnewaz Chowdhury a déclaré que cette publication sur Facebook ne contient aucune allégation directe contre la centrale électrique, ni aucun discours de haine ou élément péjoratif. Il a affirmé que le message signifie que 12 personnes ont été tuées en raison d’actions de protestation liées à la centrale électrique. Un tribunal de première instance du sous-district de Banshkhali a envoyé Shahnewaz Chowdhury derrière les barreaux le 30 mai 2021, après avoir rejeté la demande de libération sous caution déposée par son avocat.

Le Comité des droits de l’homme des Nations unies a déclaré que le droit à la liberté d’expression protège l’expression de toute forme d’idée et d’opinion, y compris les discours politiques, les commentaires sur les affaires publiques et les discussions sur les droits humains, en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel le Bangladesh est partie. Les rapporteurs spéciaux sur la liberté d’expression et sur la situation des défenseurs et défenseuses des droits humains ont déclaré que certaines sections de ce texte, notamment celles utilisées contre Shahnewaz Chowdhury, érigent en infraction l’expression de nombreuses idées, selon des définitions vagues et d’une portée trop générale. Ils ont déclaré que la Loi relative à la sécurité numérique accorde au gouvernement bangladais une grande latitude afin de sanctionner de manière indue des personnes ayant ou partageant des opinions personnelles, d’où un effet paralysant sur l’exercice légitime du droit à la liberté d’expression.

Bien que le Bangladesh se soit engagé sur la scène internationale à protéger le droit à la liberté d’expression, Shahnewaz Chowdhury est puni simplement pour avoir fait part de son opinion sur Facebook.
La Loi relative à la sécurité numérique est un texte comportant des dispositions vagues et trop générales, invoquées de plus en plus souvent pour s’en prendre à des personnes de tous les horizons, simplement parce qu’elles ont exprimé leur désaccord avec les autorités et exercé leur droit à la liberté d’expression en ligne. En février 2021, Mushtaq Ahmed, un auteur bangladais, est mort en prison après avoir passé 10 mois en détention provisoire parce qu’il avait critiqué sur Facebook la réaction du gouvernement bangladais face à la pandémie de Covid-19.

J'agis

PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-DESSOUS

Madame la Première ministre,

Je vous écris afin de faire part de la vive inquiétude que m’inspire la situation de Shahnewaz Chowdhury, ingénieur et militant, qui a été arrêté le 28 mai 2021 à minuit à son domicile de Gandamara (sous-district de Banshkhali), pour avoir simplement partagé son opinion sur Facebook.

Dans sa publication sur Facebook, Shahnewaz Chowdhury a déclaré qu’il pensait que la centrale électrique au charbon de Banshkhali était destructrice pour l’environnement, et condamné les événements qui auraient débouché sur l’homicide de 12 personnes dans le cadre d’actions de protestation à la centrale. Estimant que la centrale n’a pas contribué au développement escompté par la population, il a encouragé la jeunesse à résister à l’injustice et à soutenir le développement au moyen d’une écriture courageuse.

Il a alors été accusé d’avoir posté des « informations fausses et offensantes », « terni la réputation de la centrale électrique » et « suscité de l’animosité, de l’instabilité et du chaos », en vertu des sections 25, 29 et 31 de la loi draconienne relative à la sécurité numérique. S’il est déclaré coupable, il risque jusqu’à 10 ans d’emprisonnement.

La Loi relative à la sécurité numérique est utilisée par les autorités afin de s’en prendre aux voix critiques et de réduire l’opposition au silence. Shahnewaz Chowdhury est sanctionné pour avoir simplement partagé son opinion personnelle en ligne. Exprimer une opinion n’est pas un crime. Son arrestation est une violation claire du droit à la liberté d’expression en vertu du droit international relatif aux droits humains, en particulier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel l’État bangladais est partie.

J’exhorte votre gouvernement à :

• abandonner toutes les charges retenues contre Shahnewaz Chowdhury, et à libérer immédiatement et sans condition cet homme et toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression ;
• abroger la Loi relative à la sécurité numérique, à moins qu’elle ne soit modifiée pour être mise en conformité avec le droit international relatif aux droits humains, notamment avec les dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel le Bangladesh est partie.

Veuillez agréer, Madame la Première ministre, l’expression de ma haute considération.

VOS APPELS : anglais, bengali.Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.


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