Defend Our Juries est un mouvement militant basé au Royaume-Uni qui a clairement énoncé qu’il ne prône pas ni ne cautionne la violence. Depuis juillet 2025, il a organisé de multiples grandes actions de désobéissance pacifique pour exprimer son opposition à l’interdiction du groupe Palestine Action.
Des manifestations pacifiques ont été organisées depuis l’ouverture de la révision judiciaire de l’interdiction visant Palestine Action prononcée par le gouvernement du Royaume-Uni, qui l’accuse d’être un « groupe terroriste ». Cette révision a débuté en novembre, puis s’est poursuivie le 2 décembre 2025. Plusieurs autres manifestations et grandes actions ont eu lieu en 2026, notamment après le 15 juin, lorsque la Cour d’appel a statué que la décision du gouvernement d’interdire Palestine Action en tant qu’« organisation terroriste » était légale, annulant ainsi le précédent jugement rendu par la Haute Cour en février 2026, qui concluait que l’interdiction était illégale.
Le 30 juillet 2026, la Cour suprême britannique a accordé la permission à Palestine Action de faire appel de cette interdiction, et l’affaire sera entendue les 4 et 5 novembre prochains.
La plupart des contestations organisées par Defend Our Juries se résumaient à des gens portant des pancartes avec l’inscription « Je m’oppose au génocide. Je soutiens Palestine Action ». Au lendemain de la décision rendue par la Cour d’appel en juin 2026, Defend Our Juries a poursuivi sa campagne contre l’interdiction et ses sympathisant·e·s ont affirmé, en ligne et en personne, être membres de Palestine Action et, dans certains cas, ont incité d’autres personnes à les rejoindre.
Au départ, la majorité des manifestant·e·s tenant des pancartes ont été arrêtés et près d’un tiers ont été inculpés au titre de l’article 13 de la Loi de 2000 relative au terrorisme. Cette disposition pénale prévoit jusqu’à six mois d’emprisonnement. Depuis juillet 2026, la majorité des manifestant·e·s ont été interpellés en vertu de l’article 12 de cette même loi, qui prévoit une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison.
Les arrestations de manifestant·e·s pacifiques ayant simplement affiché le message « Je m’oppose au génocide. Je soutiens Palestine Action » bafouent les obligations internationales du Royaume-Uni en matière de protection de la liberté d’expression et de réunion pacifique. Amnesty International estime également, sur la base du droit régional et international applicable en matière de droits humains qui s’impose au Royaume-Uni, que le fait de « proclamer » être membre de Palestine Action ou d’appeler à soutenir l’organisation, particulièrement dans le cadre d’une campagne politique pacifique s’opposant à l’interdiction et à ses conséquences néfastes sur la liberté d’expression dans le pays, ne devrait pas constituer une infraction pénale.
En vertu du système international des droits humains auquel le Royaume-Uni est partie, l’ingérence de l’État dans les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique doit être légale, et constituer un moyen nécessaire et proportionné pour atteindre un objectif légitime.
L’expression d’un soutien à une organisation interdite ne peut répondre à ce critère que si cette expression est susceptible d’inciter son public à participer à des actes de violence, et ce de manière imminente. Dans le cadre de cette évaluation, les faits particuliers liés au mode d’expression, à l’interdiction et à la nature de l’organisation en question doivent être examinés au cas par cas.
Dans le cas présent, il n’est pas justifié de considérer que l’expression d’un soutien à Palestine Action constitue de manière inhérente et uniforme une incitation à la violence. Il n’existe aucune raison valable de considérer que les personnes participant aux actions de Defend Our Juries incitent à la violence, à la haine ou à la discrimination.