Gao Zhen, 69 ans, est un artiste majeur de l’art contemporain chinois et est membre du célèbre duo des Frères Gao. Le 26 août 2024, Gao Zhen a été arrêté alors qu’il voyageait en Chine avec son épouse et son fils. Une trentaine de policiers ont perquisitionné son studio à Yanjiao, dans la ville de Sanhe, dans la province du Hebei. Les autorités ont photographié ses œuvres, saisi et scellé plusieurs sculptures – la plupart réalisées il y a plus de 10 ans – avant d’apposer des scellés sur son studio.
Le lendemain, son épouse a été informée de sa détention par le bureau de la Sécurité publique de la ville de Sanhe. Depuis lors, Gao Zhen est détenu au centre de Sanhe pour « atteinte à la réputation et à l’honneur des héros et martyrs chinois », une infraction passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison. Des sources fiables indiquent que cette affaire a déjà été traitée par le parquet et soumise au tribunal, et que le procès est prévu pour la mi-août.
De plus, entre début mai et fin juillet 2025, la famille de Gao Zhen n’a reçu aucune correspondance de sa part. Cela suggère que son droit légalement protégé de communiquer avec sa famille a été injustement restreint ou bafoué.
Sa femme et son jeune enfant souffrent également. L’épouse de Gao Zhen est interdite de sortie du territoire, sous couvert de « sécurité nationale », bien qu’aucune accusation officielle n’ait été portée contre elle. Leur fils de 7 ans, citoyen américain, a le droit de quitter le pays, mais ne peut le faire sans être accompagné, idéalement par ses parents. Cette interdiction de voyager l’empêche d’aller à l’école depuis une année entière.
Depuis les années 1980, les frères Gao se servent de l’humour satirique pour mettre en lumière les atrocités de la Révolution culturelle, défiant constamment les limites de la critique sociale. Leur travail constitue une critique acerbe de la Révolution culturelle et de l’ancien dirigeant chinois Mao Zedong, exposant l’étendue des pratiques autoritaires employées sous son régime.
Ces sujets demeurent très sensibles et sont encore tabous en Chine aujourd’hui.