Écrire Un artiste s’opposant à la censure a été placé en détention

Le 2 mai, des agents des services de sécurité de l’État cubain ont arrêté l’artiste Luis Manuel Otero Alcántara chez lui et l’ont conduit à l’hôpital, alors qu’il observait une grève de la faim pour protester contre la confiscation de ses œuvres à son domicile autour du 22 avril.

Luis Manuel est une figure du mouvement San Isidro, un groupe rassemblant des artistes, des journalistes et des militant·e·s indépendants issus de divers horizons qui défendent la liberté d’expression à Cuba.

Amnesty International considère Luis Manuel Otero Alcántara comme un prisonnier d’opinion. Nous réclamons sa libération immédiate et inconditionnelle.

Luis Manuel Otero Alcántara est devenu une voix majeure du mouvement San Isidro (SIM), un groupe très divers d’artistes, de journalistes, d’universitaires et de militant·e·s indépendants qui défendent la liberté d’expression à Cuba. Ce mouvement a été créé à l’origine pour protester contre le décret 349, une loi dystopique qui sert à censurer les artistes.

Luis Manuel Otero Alcántara a été embarqué par des agents des services de sécurité le 2 mai 2021 à son domicilie, le siège du mouvement San Isidro, où il observait une grève de la faim pour protester semble-t-il contre la confiscation de ses œuvres chez lui. Selon des informations émanant de l’ONG Cubalex et des médias d’État, il a été admis au service des urgences de l’hôpital universitaire General Calixto García, à la Havane.

À la connaissance d’Amnesty International, Luis Manuel se trouve actuellement à l’hôpital, sous la surveillance ou le contrôle d’agents des services de sécurité de l’État ; il n’a droit qu’à des visites très limitées de sa famille proche. Il ne semble pas pouvoir se servir de son téléphone ni avoir accès au monde extérieur. En outre, d’après les informations dont dispose Amnesty International, il est possible qu’il poursuive sa grève de la faim. Luis Manuel Otero doit bénéficier des soins médicaux de son choix, avoir le droit de recevoir des visites régulières de sa famille et de ses amis, avoir le droit de consulter les avocats de son choix et ne doit pas subir d’actes de torture ni de mauvais traitements.

D’après Cubalex et les documents dont dispose Amnesty International, les services de sécurité de l’État cubain ont placé à plusieurs reprises Luis Manuel Otero Alcántara sous surveillance durant des mois ; il risquait d’être arrêté par la police s’il tentait de sortir de chez lui, ce qui s’apparente dans la pratique à un placement en résidence surveillée. Cette dernière arrestation intervient dans un contexte où des informations font état de harcèlement et d’intimidation visant d’autres membres du mouvement SIM et témoigne de la répression exercée contre les droits humains, notamment le droit à la liberté d’expression, dans le pays.

Amnesty International a adopté Luis Manuel comme prisonnier d’opinion à deux reprises déjà, dans les deux cas parce qu’il était détenu uniquement pour avoir exercé sans violence son droit à la liberté d’expression. Luis Manuel Otero Alcántara et les membres du mouvement San Isidro, ainsi que leurs alliés et des journalistes, font l’objet d’une surveillance constante et inquiétante, sur laquelle le Service de vérification numérique et des chercheurs d’Amnesty International ont enquêté en décembre 2020.

Action terminée

Toutes les infos
Toutes les actions

Maisons de repos : garantir les droits humains des résidents

Pétition demandant que priorité soit donnée aux efforts visant à respecter, protéger et rendre effectifs les droits humains des résident·e·s

2021 - Amnesty International Belgique N° BCE 0418 308 144 - Crédits - Charte vie privée
Made by Spade + Nursit