En février 2026, une loi d’amnistie est entrée en vigueur et, dès la fin du mois de mars, plus de 8 000 personnes en avaient bénéficié. Cependant, certaines ont vu leurs demandes d’application de cette loi rejetées. C’est notamment le cas des sœurs Samantha (16 ans) et Aranza Hernández (19 ans), détenues depuis novembre 2025 pour des accusations de terrorisme, ainsi que de Perkins Rocha, toujours assigné à résidence, du prisonnier d’opinion Javier Tarazona et du journaliste Rory Branker, qui avaient bénéficié d’une libération conditionnelle et dont les demandes ont désormais été rejetées.
De même, Martha Lía Grajales a bénéficié d’une amnistie, ce qui a mis fin à l’enquête la concernant. Pourtant, le 13 avril, son ONG SurGentes a signalé que le Bureau du procureur général procède à des analyses techniques du téléphone de la défenseure des droits humains.
Depuis 2023, Amnesty International fait campagne en faveur d’Emirlendris Benítez, Javier Tarazona, María Auxiliadora Delgado, Juan Carlos Marrufo, Darío Estrada et Robert Franco. Dans de précédents documents, dont un rapport de 2025 intitulé Detentions Without a Trace, elle a établi le profil de plusieurs personnes dont l’histoire illustre le recours généralisé aux disparitions forcées au Venezuela, particulièrement entre août 2024 et juin 2025.
Parmi ces personnes figurent :
• Kennedy Tejeda, Pedro Guanipa, Freddy Superlano, Nélida Sánchez, María Oropeza, Eduardo Torres, Roland Carreño, Eudi Andrade, Ricardo Éstevez, Biagio Pilieri et Williams Dávila, qui ont bénéficié d’une amnistie.
• Rosa Chirinos et Raymar Pérez, qui ont été libérés.
• Rocío San Miguel, Carlos Julio Rojas, Robert Franco, Darío Estrada, Jesús Armas, Luis Palocz, Luis Somaza, Yevhenii Trush, José María Basoa, Andrés Martínez Adasme, Dennis Lepaje, libérés sous caution.
• Et Emirlendris Benítez, María Auxiliadora Delgado, Juan Carlos Marrufo, Danner Barajas, Damián Rojas, maintenus en détention arbitraire en prison ; Perkins Rocha et Rafael Ramírez, assignés à résidence.
Au 6 janvier 2026, le sort de Jorgen Guanares et le lieu où il se trouve restaient indéterminés, tandis qu’Alfredo Diaz est mort en détention aux mains des autorités en décembre 2025.
Dans le cadre de sa politique de répression mise en place de longue date pour réduire au silence toute forme de dissidence réelle ou présumée, le gouvernement du Venezuela continue de se servir des détentions arbitraires à caractère politique comme instruments de persécution dans le pays.
Depuis de nombreuses années, il a mis en place la pratique de la « porte tournante » en matière de détention : les libérations sont généralement suivies d’un retour derrière les barreaux. En outre, les personnes libérées restent soumises à des poursuites pénales arbitraires et des restrictions de leur liberté, qui perpétuent la peur, la revictimisation et les violations des droits humains.
Le recours à cette pratique a atteint des sommets inédits après l’élection du 28 juillet 2024, avec plus de 2 000 personnes détenues arbitrairement pour des raisons politiques, dont beaucoup ont été accusées de terrorisme et d’incitation à la haine, apparemment sans fondement, y compris parmi des catégories vulnérables de la population comme les mineur·e·s et les personnes en situation de handicap.
Entre décembre 2025 et début janvier 2026, les autorités ont libéré un petit nombre des 1 000 personnes alors détenues arbitrairement pour des motifs politiques. Le 3 janvier, l’intervention militaire des États-Unis au Venezuela a abouti à la capture de Nicolás Maduro et de Cilia Flores, ainsi qu’à la prise de fonctions de Delcy Rodriguez comme présidente par intérim du pays.
Quelques jours après, le président de l’Assemblée nationale Jorge Rodríguez a annoncé la libération d’un « nombre important » de détenu·e·s. Dans la foulée, des centaines de personnes ont bénéficié d’une libération conditionnelle. Toutefois, selon l’organisation locale Foro Penal, au 6 janvier 2026, 485 personnes demeuraient détenues arbitrairement pour des raisons politiques.
Dans le cadre de cette politique de répression, le gouvernement n’a cessé de harceler, de poursuivre et de censurer les militant·e·s et les organisations de la société civile qui s’efforcent de protéger les droits des Vénézuélien·ne·s dans une situation complexe d’urgence humanitaire et de profonde crise des droits humains qui les pousse à fuir le pays en nombre sans précédent, en quête de sécurité et de protection. Au 31 mai 2025, plus de 7,9 millions de personnes avaient fui le Venezuela.