Depuis le 14 août, environ 80 personnes qui étaient détenues arbitrairement pour des motifs politiques ont été libérées de prison, selon les ONG vénézuéliennes Foro Penal et Justicia, Encuentro y Perdón. Les conditions accompagnant ces libérations continuent d’être vérifiées par leurs proches et des organisations de la société civile, car elles comprennent souvent la poursuite de procédures pénales et des restrictions arbitraires des droits. Par exemple, Emirlendris Benítez et María Auxiliadora Delgado, qui étaient détenues arbitrairement depuis août 2018 et mars 2019 respectivement, ont été libérées à titre de mesure humanitaire, mais la peine qui leur a été infligée en 2022 à l’issue d’un procès qui n’a pas respecté les garanties d’un procès équitable reste en vigueur.
À la date du 25 août 2026, des centaines de personnes étaient toujours détenues arbitrairement pour des motifs politiques, malgré les déclarations faites à plusieurs reprises par la présidente par intérim, le président de l’Assemblée nationale et d’autres autorités, dans lesquelles ils ont annoncé des libérations imminentes qui ne se concrétisent pas, et avancé des chiffres erronés concernant les libérations de personnes détenues arbitrairement pour des raisons politiques.
Le 24 août, plus de 300 personnes étaient toujours détenues arbitrairement pour des motifs politiques, selon l’ONG vénézuélienne Foro Penal, mais d’autres ONG du pays – comme Justicia, Encuentro y Perdón – portaient ce chiffre à 448.
Roberto Pérez, Olbis Dirinot et Rafael Guedez ont été arrêtés dans l’État de Falcón en septembre 2024 et déclarés coupables en août 2026 de trafic illicite de matériaux stratégiques, alors même qu’aucune preuve crédible n’a été produite contre eux. De même, Renny González et Nudre Chourio ont été arrêtés dans l’État de Zulia en août 2024, apparemment en raison de leur participation à un groupe WhatsApp, et inculpés de terrorisme. Jonathan Delgado a également été arrêté en août 2024, dans l’État de Trujillo ; selon certaines informations, lors de son interrogatoire, les autorités auraient tenté de l’impliquer dans un complot présumé visant à saboter les machines à voter.
Dans l’après-midi du 24 juin 2026, deux séismes, de magnitude 7,2 et 7,5, ont frappé le Venezuela. Le 25 juin, Amnesty International a publié un communiqué de presse attirant l’attention sur les conséquences dévastatrices que ces séismes risquaient d’avoir et, le 30 juin, l’organisation a lancé une action urgente appelant à une réaction fondée sur les droits, face aux deux séismes, comprenant notamment la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement.
Depuis au moins 2014, le gouvernement vénézuélien utilise la détention arbitraire à motivation politique pour museler toute forme de dissidence réelle ou supposée, dans le cadre d’une politique de répression systématique et généralisée. Entre décembre 2025 et août 2026, les autorités vénézuéliennes ont de manière sporadique libéré des victimes de détention arbitraire, dans la plupart des cas dans le cadre d’une libération conditionnelle avec le maintien des poursuites pénales les concernant, comme dans les cas des prisonniers·ère d’opinion et défenseur·e·s des droits humains Javier Tarazona, Rocío San Miguel et Carlos Julio Rojas.
Dans le cadre de cette politique de répression, le gouvernement n’a cessé de harceler, de poursuivre et de censurer les militant·e·s et les organisations de la société civile qui s’efforçaient de protéger les droits des Vénézuelien·ne·s dans un contexte complexe d’urgence humanitaire et de profonde crise des droits humains qui les poussait à fuir le pays dans des proportions sans précédent (en mai 2025, ils étaient7,9 millions à avoir fui le Venezuela).
Amnesty International a à maintes reprises appelé à l’abrogation de la loi dite anti-ONG et de tous les autres mécanismes juridiques qui restreignent les activités légales et nécessaires de ces organisations.
Depuis 2020, plusieurs rapports de la mission internationale indépendante d’établissement des faits sur le Venezuela ont fourni des informations détaillées sur des centaines d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées, de détentions arbitraires, d’actes de torture et d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants commis dans le pays depuis 2014, ainsi que des exemples d’instrumentalisation de la justice par le gouvernement dans le cadre de sa politique répressive, concluant que certains de ces crimes de droit international et violations des droits humains pourraient constituer des crimes contre l’humanité.
Depuis novembre 2021, le Bureau du procureur de la Cour pénale internationale mène une enquête pénale sur la situation au Venezuela, précisément pour « [c]rimes contre l’humanité de privation de liberté […] ; torture […] ; viol et/ou autres formes de violence sexuelle […] ; et persécution à caractère politique contre des personnes détenues […], qui ont été commis depuis au moins avril 2017, par des membres des forces de sécurité de l’État, des autorités civiles et des personnes progouvernementales (ou groupes appelés “collectifs”) ».