Écrire Les charges qui pèsent sur un pharmacien doivent être abandonnées

Ahmed Abdalla Khedir Nasir (alias Ahmed Shifaa) est un pharmacien de Dongola, au Soudan.

Peu après avoir eu dans sa pharmacie une conversation, qu’une tierce personne a entendue, au cours de laquelle il exprimait son inquiétude au sujet du conflit au Soudan et critiquait le recrutement de civils par la milice Baraa Bin Malik, un mandat d’arrêt diffusé en ligne a été décerné à son encontre le 18 juillet 2025.

Ahmed Shifaa a été arrêté le lendemain, avant d’être libéré sous caution cinq heures plus tard. En novembre 2025, il a été officiellement inculpé d’incitation à l’agitation sociale et de trouble à l’ordre public. Il a depuis comparu lors de plusieurs audiences, où il a subi des actes d’intimidation de la part de membres armés des forces de sécurité qui, en une occasion, ont encerclé le tribunal.
Le jugement le concernant sera rendu le 15 avril.

Amnesty International engage les autorités soudanaises à abandonner immédiatement les charges pesant sur Ahmed Shifaa et à abandonner les poursuites.

Au Soudan, le conflit qui a éclaté le 15 avril 2023 a des conséquences dévastatrices pour la population civile. Il a fait des milliers de morts et de blessés parmi les civil·e·s, et des millions de personnes ont été déplacées, faisant du Soudan le théâtre de la plus grande crise au monde en matière de déplacements de population.

Ce conflit est une guerre menée contre les civil·e·s, principalement par les Forces armées soudanaises (FAS) et les Forces d’appui rapide (FAR), qui ont organisé conjointement un coup d’État en octobre 2021, éliminant toute possibilité de transition dirigée par des civils.

Ces deux groupes se servent de la répression pour maintenir leur contrôle politique et économique, tout en restreignant l’espace civique en vue de consolider leur pouvoir. Dans ce contexte, la violence et l’effondrement des institutions sont employés à des fins tactiques pour renforcer le régime autoritaire.

La population et les acteurs de la société civile sont systématiquement pris pour cibles par les deux factions. Les personnes travaillant pour les salles d’intervention d’urgence, les militant·e·s politiques, les journalistes, les professionnel·le·s de santé, les travailleurs·euses humanitaires, les défenseur·e·s des droits humains et les citoyen·ne·s ordinaires opposés à la guerre ou perçus comme des adversaires sont la cible d’agressions, de harcèlement, de détentions arbitraires et d’homicides.

Cette offensive n’est pas accessoire, mais constitue une manœuvre stratégique visant à démanteler la résistance, saper l’action collective et faire obstacle aux recours permettant d’établir les responsabilités, ainsi qu’à toute transition politique menée par la société civile ou fondée sur les droits humains.

J'agis

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Monsieur le Procureur général,

Je vous écris afin de vous faire part de ma vive préoccupation concernant les accusations portées contre le pharmacien Ahmed Abdalla Khedir Nasir (alias Ahmed Shifaa) en raison de l’exercice pacifique de ses opinions.

Le 19 novembre 2025, il a été inculpé en vertu des articles 62 et 69 du Code pénal soudanais (1991) devant la cour pénale de Dongla. Ces chefs d’inculpation, qui portent sur « l’incitation à des sentiments d’agitation parmi les forces de l’ordre » et « l’atteinte à l’ordre public », découlent d’accusations formulées par la Brigade Baraa ibn Malik, une milice alliée à l’armée soudanaise, selon lesquelles Ahmed Shifaa aurait insulté ses membres.

Ahmed Shifaa réfute catégoriquement ces allégations, soulignant qu’en fait ce jour-là, il a eu une conversation avec une personne dans sa pharmacie, au cours de laquelle il a simplement exprimé son opinion sur la perte tragique de jeunes vies dans le contexte du conflit qui ravage le Soudan, critiquant le recrutement de civils par cette milice. Une deuxième personne qui se trouvait dans la pharmacie et a entendu la conversation l’a probablement dénoncé aux autorités.

Le 18 juillet 2025, des informations concernant un mandat d’arrêt décerné à l’encontre d’Ahmed Shifaa, comprenant son nom complet et l’immatriculation de son véhicule, ont été diffusées sur diverses plateformes de réseaux sociaux, appelant les forces de sécurité à procéder à son arrestation, ce qui a plongé Ahmed Shifaa dans une grande angoisse quant à sa sécurité et à son bien-être. Le lendemain, le 19 juillet, il a été interpellé dans sa pharmacie et placé en détention pendant cinq heures environ, avant d’être relâché sous caution personnelle.

Ahmed Shifaa a depuis comparu à de multiples reprises devant les tribunaux, pour incitation à l’agitation sociale et trouble à l’ordre public. Au cours des audiences, des membres armés des forces de sécurité ont encerclé la salle, clairement en vue de l’intimider. Le tribunal doit prononcer son jugement le 15 avril, date qui coïncide avec le troisième anniversaire du conflit qui sévit au Soudan. S’il est déclaré coupable, il encourt jusqu’à six ans d’emprisonnement et une amende.

À la lumière de cette situation, je vous prie de prendre des mesures immédiates en vue d’abandonner toutes les accusations portées contre Ahmed Abdalla Khidr Nasir, car elles sont motivées par des considérations politiques et piétinent son droit fondamental à la liberté d’expression.

Enfin, je vous demande d’assurer la protection de ses droits, de sa sécurité et de sa dignité contre tout acte de harcèlement et d’intimidation, et contre toute autre action illégale de la part de la Brigade Baraa ibn Malik ou de groupes associés.

Veuillez agréer, Monsieur le Procureur général, l’expression de ma très haute considération.

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