En début d’année, le président des États-Unis a lancé une campagne d’expulsion massive visant des millions d’immigrant·e·s et de personnes en quête de sécurité. Le gouvernement américain est tenu, en vertu du droit international, de veiller à ce que ses politiques migratoires n’occasionnent pas de violations des droits humains et n’augmentent pas le risque que des personnes en subissent. Les États-Unis ont le droit de réguler l’immigration, mais doivent le faire dans le respect de leurs obligations internationales en matière de droits humains.
Malgré de multiples tentatives, les avocats des cinq hommes n’ont pas été autorisés à rencontrer leurs clients. Le 25 juillet, un avocat s’est vu refuser l’accès et a été informé qu’il ne serait permis qu’après l’installation de dispositifs de communication et la création d’une « liste préapprouvée » par les proches. Les consultations prévues le 5 août n’ont pas eu lieu ; le 12 août, l’accès a de nouveau été bloqué, des agents de l’État affirmant que les hommes avaient refusé la rencontre.
Plus tard dans la journée, des appels de la famille ont confirmé que les cinq hommes n’avaient pas été informés que leur avocat était présent. Ils n’ont reçu aucune visite, ni de représentants consulaires ni d’avocats, et n’ont pas été avertis de la durée de leur détention.
Un avocat local a déposé une requête urgente en habeas corpus afin que les cinq hommes soient présentés devant la Haute Cour et bénéficient d’un accès confidentiel immédiat ; l’affaire devait être entendue le 1er août 2025. La Constitution de l’Eswatini protège le droit à une procédure régulière et l’accès à un avocat, notamment dans ses articles 21 (procès équitable et représentation juridique) et 16-6 (accès raisonnable et confidentialité avec son représentant légal), et place l’administration pénitentiaire sous l’autorité légale (article 190).
Dans la région, au Soudan du Sud, une affaire similaire, concernant deux hommes originaires de Cuba et du Myanmar, arrêtés arbitrairement et expulsés des États-Unis, (pour lesquels Amnesty International fait également campagne) témoigne d’une pratique analogue de secret entourant leur lieu de détention et de refus d’accès à un avocat sans surveillance après leur expulsion dans le cadre de la campagne que mènent les États-Unis.