Écrire Cinq ans après, on est toujours sans nouvelles de centaines d’hommes et de garçons

Au moins 643 hommes et garçons originaires de la province d’Al Anbar, dans le centre de l’Irak, ont « disparu » depuis cinq ans, depuis qu’ils ont été enlevés par les Unités de mobilisation populaire, un groupe armé lié à l’État, le 3 juin 2016.

À ce jour, leurs familles ignorent s’ils sont encore en vie et les autorités n’ont pas pris de mesures efficaces pour les localiser et révéler quel sort leur a été réservé.

La disparition forcée de centaines d’hommes et de garçons dans la ville de Saqlawiya en juin 2016 n’est pas un incident isolé. Depuis l’apparition de l’État islamique et d’autres groupes armés en Irak, notamment Al Qaïda, des milliers d’hommes et de garçons sunnites ont été soumis à des disparitions forcées par les forces de sécurité irakiennes et des milices soutenues par l’État, dans un contexte de conflit armé continu, d’insécurité et de tensions communautaires exacerbées.

D’après le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), l’Irak détient le record mondial en termes de nombre de personnes disparues. Ce nombre pourrait se situer entre 250 000 et un million. Amnesty International a recueilli des informations sur des dizaines de disparitions forcées depuis 2014 dans les provinces d’Anbar, de Bagdad, de Diyala et de Salahuddin. Le 21 septembre 2016, elle a envoyé au Premier ministre de l’époque, Haider al Abadi, des informations sur 105 cas de disparitions forcées ayant eu lieu entre septembre 2012 et août 2016, et lui a demandé de veiller à ce que des enquêtes indépendantes et impartiales soient menées dans les plus brefs délais, en vue de déterminer ce qu’il est advenu des personnes disparues et de traduire les responsables présumés d’infractions en justice, dans le cadre de procès équitables, devant des tribunaux civils ordinaires.

Les enquêtes précédemment menées par le gouvernement sur les graves violations des droits humains commises par les Unités de mobilisation populaire n’ont pas offert aux victimes de recours ni de réparations. Par exemple, à la connaissance d’Amnesty International, les conclusions des enquêtes annoncées sur les homicides illégaux et les autres violences commises par les Unités de mobilisation populaire dans le village de Barwana et la ville de Muqdadiya (province de Diyala), le 26 janvier 2015 et le 11 janvier 2016 respectivement, n’ont jamais été rendues publiques et aucun membre des Unités de mobilisation populaire n’a été amené à rendre des comptes.

L’Irak est partie à la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. D’après la loi irakienne sur les charniers, tout charnier découvert doit faire l’objet d’une enquête menée par une commission intergouvernementale qui comporte un juge. Cependant, à ce jour, les autorités qui exhument des charniers aux alentours de Saqlawiya n’ont pas pu confirmer si les restes découverts appartenaient à l’un ou l’autre des 643 hommes et garçons victimes de disparitions forcées.

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