Écrire Des communautés confinées à Riosucio, dans le département du Choco

Plusieurs communautés indigènes Emberas et la communauté afro-colombienne de Taparal, dans le département du Chocó, en Colombie, sont confinées et terrorisées en raison de la présence sur leur territoire des Autodefensas Gaitanistas de Colombia (AGC) et du risque d’affrontements entre ce groupe et l’Armée de libération nationale (ELN).

La Table ronde pour le dialogue et la consultation des peuples indigènes du Chocó (Mesa de Diálogo y Concertación de los Pueblos Indígenas del Chocó) a signalé à Amnesty International que, le 2 décembre, plus de 100 membres des Autodefensas Gaitanistas de Colombia (AGC), un groupe paramilitaire, avaient fait une incursion dans la communauté indigène embera de Pichindé. Cette communauté est établie sur les rives du Taparal, un affluent du Chintadó, dans la municipalité de Riosucio (département du Chocó). La communauté de Pichindé compte 260 habitants (54 familles), qui se trouvent confinés après avoir été intimidés par le groupe armé.

Deux autres communautés indigènes sont établies sur les rives du Chintadó : Marcial (308 habitants, 75 familles) et Jagual (460 habitants environ, 100 familles). La communauté afro-colombienne de Taparal (380 habitants environ, une cinquantaine de famille) est également située à proximité. Ces communautés sont actuellement confinées et redoutent la survenue d’affrontements entre les AGC et l’Armée de libération nationale, dont la présence sur le territoire a augmenté. La situation a déjà été signalée aux autorités compétentes et il est urgent qu’elles mettent en œuvre des mécanismes de sécurité et de soutien pour ces communautés en danger. Elles doivent également prendre des mesures concrètes pour protéger et soutenir les communautés, compte tenu du risque de déplacement des habitants des rives de ces cours d’eau.

Amnesty International a condamné publiquement l’augmentation du nombre de communautés ethniques déplacées et confinées dans le département du Chocó. Ces violations des droits humains persistantes mettent en évidence l’un des principaux enjeux de la mise en œuvre du processus de paix : la protection des communautés qui vivent dans les régions les plus durement touchées par le conflit armé et la nécessité de veiller à ce que ces agissements ne restent pas impunis (pour de plus amples informations, voir https://www.amnesty.org/es/latest/news/2017/11/la-encrucijada-colombiana-a-un-ano-de-la-paz/ – disponible uniquement en espagnol).

Le 22 novembre, Amnesty International a publié un rapport sur la situation des droits humains et les garanties de non-répétition dans le département du Chocó, intitulé The Years of Solitude Continue : The Peace Agreement and Guarantees of Non-Repetition in Chocó (https://www.amnesty.org/en/documents/amr23/7425/2017/en/), et a lancé une pétition appelant le président colombien à apporter une protection individuelle et collective aux communautés indigènes et afro-colombiennes du Chocó qui sont en danger (voir la pétition : https://www.amnesty.org/en/get-involved/take-action/protect-ethnic-communities-from-violence-and-abuse-in-colombia/).

Au cours du premier semestre 2017, les peuples indigènes du Chocó ont signalé au moins deux incursions paramilitaires sur leurs territoires. La première a eu lieu le 6 mars et a entraîné un déplacement massif de familles et le confinement de communautés voisines à Peña Azul (pour en savoir plus, voir : https://www.amnesty.org/fr/documents/AMR23/5826/2017/fr/). La deuxième a eu lieu le 18 avril sur le territoire collectif de Jiguamiandó, non loin de la zone humanitaire de Pueblo Nuevo (pour en savoir plus, voir : https://www.amnesty.org/fr/documents/AMR23/6082/2017/fr/).

Dans le département du Chocó, les crimes au regard du droit international et les violations des droits humains perdurent. Il s’agit notamment d’homicides ciblés visant des membres de communautés indigènes et afro-colombiennes, de déplacements collectifs forcés, de confinements de communautés et de recrutements forcés d’enfants.

Les peuples indigènes du Chocó sont constamment confrontés à des menaces et à des actes de violence de groupes armés paramilitaires. En conséquence, en 2009, la Cour constitutionnelle a rendu la Décision n° 004, dans laquelle elle exhortait l’État colombien à prendre des mesures tenant compte des difficultés particulières de certains groupes ethniques, pour élaborer et développer une politique publique en matière de déplacements forcés, destinée à protéger les droits à la vie, à la liberté et à la diversité culturelle, entre autres droits.

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