PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-DESSOUS
Monsieur le Président,
Je vous écris pour vous faire part de mon inquiétude quant au maintien en détention arbitraire de la journaliste Frenchie Mae Cumpio, de la militante associative Marielle Domequil et du défenseur des droits humains Alexander Philip « Chakoy » Abinguna. Faisant partie des « Cinq de Tacloban », arrêtés lors de descentes semble-t-il illégales dans leurs bureaux de Tacloban en février 2020, ces trois personnes sont maintenues en détention depuis lors.
Le 22 janvier, Frenchie Mae Cumpio et Marielle Domequil ont été déclarées coupables de charges de financement de terrorisme forgées de toutes pièces, et condamnées à des peines allant de 12 à 18 ans de prison, mais ont été acquittées de détention illégale d’armes à feu et d’explosifs.
En attendant l’examen du recours formé contre leur déclaration de culpabilité, elles ont toutes deux déposé une demande de libération sous caution, mais cette requête a été rejetée le 16 février. Aucune avancée significative n’a été enregistrée dans la procédure engagée contre Alexander Philip « Chakoy » Abinguna concernant les charges de détention illégale d’armes à feu et d’explosifs.
Maintenir des personnes en détention arbitraire depuis six ans relève d’une parodie de justice, mais les « Cinq de Tacloban » n’auraient pour commencer jamais dû être incarcérés. Les descentes de police ayant mené à leur arrestation en 2020 ont donné lieu à des allégations d’irrégularités, notamment concernant l’absence de témoins lors de la perquisition de leurs bureaux et la disposition sur place d’éléments à charge tels que des armes à feu et des explosifs. Je n’ai connaissance d’aucune enquête digne de ce nom sur ces allégations.
Par ailleurs, en annulant l’affaire de confiscation concernant Frenchie Mae Cumpio et Marielle Domequil en novembre 2025, la Cour d’appel des Philippines a déclaré qu’il n’existait pas suffisamment d’éléments attestant qu’elles appartiennent au groupe armé de la Nouvelle Armée du peuple, ainsi que la police l’avait affirmé dans le cadre de sa pratique dangereuse connue sous le nom de « marquage rouge ». Le tribunal a même décrit cette affaire comme « la désignation hâtive de défenseur·e·s des droits humains comme terroristes »
Je demande donc à votre gouvernement et à vous-même de :
– mettre fin à la persécution des « Cinq de Tacloban » en abandonnant immédiatement les charges retenues contre eux, et de veiller à ce qu’Alexander Philip « Chakoy » Abinguna, Frenchie Mae Cumpio et Marielle Domequil soient libérés sans délai ;
– faire cesser la pratique dangereuse et parfois meurtrière du « marquage rouge », et garantir un climat sûr et propice dans lequel journalistes, militant·e·s, travailleurs et travailleuses humanitaires et des droits humains puissent mener à bien leurs activités importantes sans avoir à craindre de harcèlement, d’actes d’intimidation, ni de poursuites.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.
VOS APPELS : anglais.Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.