Ghislain Duggary Assy a été arrêté dans la nuit du 2 au 3 avril par des hommes cagoulés à son domicile, après qu’une coalition de syndicats d’enseignant·e·s a appelé à faire grève les 3 et 4 avril, pour réclamer, entre autres, la revalorisation des primes trimestrielles. Les syndicats, qui avaient déjà manifesté en octobre 2024, estiment que les négociations avec les autorités n’ont pas permis de répondre à leurs revendications. Le gouvernement ivoirien s’est engagé à mettre en place un comité chargé de répondre aux doléances. Cependant, des membres des syndicats ont indiqué que ce comité ne s’est pas réuni depuis sa création.
Dans une déclaration publiée le 5 avril, le ministère de la Fonction publique a qualifié la grève d’illégale et menacé de sanctionner les enseignant·e·s grévistes. Le 8 avril, une dizaine de membres du conseil intersyndical ayant appelé à la grève ont été arrêtés, puis relâchés quelques heures plus tard.
La condamnation de Ghislain Duggary Assy et la dizaine d’arrestations qui ont suivi le préavis de grève adressé à la ministre de l’Éducation nationale le 21 mars 2025 constituent une violation flagrante des droits fondamentaux des travailleurs et travailleuses, en particulier des droits à la liberté d’expression, de grève et d’association, garantis par la Constitution ivoirienne et par des traités relatifs aux droits humains et au droit du travail, notamment la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) et le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auxquels la Côte d’Ivoire est partie.