Écrire Le corps d’un avocat disparu a été retrouvé

Le corps de l’avocat ukrainien Iouri Grabovski, qui avait disparu, a été découvert le 25 mars sous une mince couche de terre, dans les bois, à environ 100 kilomètres à l’extérieur de Kiev. Les autorités doivent garantir la sécurité de sa collègue, Oksana Sokolovskaïa, et du nouvel avocat qui l’a remplacé, et veiller à ce qu’ils puissent défendre leurs clients sans entrave.

Avocat de la défense dans une affaire très médiatisée et fortement politisée depuis 2015, Iouri Grabovski avait à plusieurs reprises dénoncé les manœuvres de harcèlement et d’intimidation qu’il subissait de la part des autorités ukrainiennes. Il a été vu pour la dernière fois dans son bureau à Kiev dans la soirée du 6 mars. Après avoir pris dans son coffre-fort des documents liés à l’affaire, il a quitté son cabinet en compagnie d’un inconnu.

À la suite de la disparition de Iouri Grabovski le 6 mars, deux suspects ont été arrêtés, dont un qui aurait dévoilé où se trouvait son cadavre, retrouvé le 25 mars. Selon Anatoli Matios, procureur général militaire de l’Ukraine, Iouri Grabovski a été frappé et abattu. Ses ravisseurs avaient attaché un bracelet explosif à sa cheville, sans doute pour le contraindre à obéir. Le 29 mars, lors d’une conférence de presse, Anatoli Matios a présenté une vidéo, qui aurait été récupérée au cours de l’enquête, dans laquelle on peut voir Iouri Grabovski, visiblement ébranlé, déclarer qu’il refuse de défendre son client Alexandre Alexandrov. Anatoli Matios n’a pas révélé d’autres informations, en raison de l’enquête en cours. Alexandre Alexandrov a depuis engagé Valentyn Rybin comme nouvel avocat.

La collègue de Iouri Grabovski, Oksana Sokolovskaïa, avocate de la défense dans la même affaire, avait demandé à bénéficier d’un programme de protection officielle après la disparition de Iouri Grabovski le 6 mars. Des gardes du corps lui ont finalement été affectés par les Services de sécurité ukrainiens le 28 mars, après la découverte du cadavre de Iouri Grabovski.
Au cours de l’enquête sur la disparition de Iouri Grabovski, les autorités ont saisi des documents juridiques relatifs à l’affaire d’Alexandre Alexandrov. Les autorités ukrainiennes doivent permettre à son nouvel avocat de consulter ces documents et garantir la confidentialité de la relation avocat-client.

Oksana Sokolovskaïa et Iouri Grabovski ont assuré la défense de deux citoyens russes, Evgueni Erofeïev et Alexandre Alexandrov, respectivement. Evgueni Erofeïev et Alexandre Alexandrov ont été blessés et capturés par les forces ukrainiennes en mai 2015 dans la région de Lougansk, dans l’est de l’Ukraine, à la suite d’affrontements entre les forces ukrainiennes et les forces séparatistes pro-russes dans ce secteur.

Les autorités ukrainiennes les accusent d’être des militaires russes actifs, ce qu’ils auraient admis dans un premier temps avant de le nier. Ils sont accusés de franchissement illégal de la frontière, de détention d’armes illégale et de participation à des activités terroristes. Les autorités russes ont déclaré que ni l’un ni l’autre n’étaient des membres actifs de l’armée russe au moment où ils ont été capturés, soulignant que les deux hommes avaient quitté l’armée et s’étaient rendus en Ukraine en tant que « volontaires ».

Depuis qu’ils ont commencé à travailler sur ce dossier, Oksana Sokolovskaïa et Iouri Grabovski ont dénoncé publiquement les manœuvres de harcèlement et d’intimidation qu’ils subissaient de la part des autorités ukrainiennes, qui s’efforçaient ainsi, selon eux, de les empêcher de défendre efficacement leurs clients.

Iouri Grabovski a été vu pour la dernière fois dans son cabinet à Kiev dans la soirée du 6 mars. Il a pris dans son coffre-fort des documents relatifs à cette affaire, puis a quitté son cabinet en compagnie d’un inconnu. Le 3 mars, il avait expliqué sur sa page Facebook qu’il s’attendait à ce que les autorités les harcèlent encore en vue de « détruire toutes les preuves dont nous disposons et d’intimider tous les avocats qui " osent aller à l’encontre de la volonté " du système ». Au moment de sa disparition, des messages ne lui ressemblant pas sont apparus sur sa page Facebook, notamment un message publié le 9 mars disant qu’il avait quitté l’Ukraine contre son gré, parce qu’il était inquiet pour sa sécurité.

Oksana Sokolovskaïa a commencé à travailler sur cette affaire en mai 2015 ; un mois plus tard des poursuites pénales étaient engagées contre elle. Elle a été accusée d’avoir causé de graves blessures lors d’une querelle domestique remontant à juillet 2014. Les services du procureur de Kiev ont dans un premier temps demandé qu’elle soit placée en détention durant 60 jours au motif qu’elle pourrait s’enfuir ou influencer des témoins. Le juge ayant rejeté cette requête, le procureur a fait appel. L’audience d’appel a été fixée au 23 mars. Oksana Sokolovskaïa affirme que cette affaire a été montée de toutes pièces et vise à l’empêcher de mener ses activités légitimes de défense de son client. À la suite de la disparition de Iouri Grabovski, Oksana Sokolovskaïa a demandé aux autorités de bénéficier d’un programme de protection. Sa demande a été acceptée le 21 mars sur décision de justice et des membres des Services de sécurité ukrainiens ont été affectés à cette mission le 28 mars.

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