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Monsieur le Responsable du pouvoir judiciaire,
Les cousins Peyvand Naimi, 30 ans, et Borna Naimi, 29 ans, membres de la minorité religieuse baha’ie persécutée en Iran, sont incarcérés dans la prison de Kerman, dans la province de Kerman, et risquent d’être condamnés à mort. Ils sont accusés d’être impliqués dans l’homicide d’agents de l’État lors des manifestations nationales du 8 janvier 2026, lorsque les forces de sécurité ont massacré des milliers de manifestant·e·s et de passant·e·s à travers le pays. Des agents en civil ont arrêté Peyvand Naimi à son travail le 8 janvier et ont refusé de dévoiler à sa famille ce qu’il était advenu de lui pendant des semaines, le soumettant à une disparition forcée, un crime au regard du droit international.
D’après une source bien informée, il a pu appeler sa famille pendant 30 secondes 19 jours après son interpellation, et leur a dit qu’il était détenu par l’Organisation du renseignement du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), sans préciser le lieu. Il a ajouté qu’il ferait tout ce que lui demanderaient les agents chargés de l’interroger, en raison des pressions exercées sur lui.
En mars, des dizaines de prisonniers ont été libérés de la prison de Kerman à l’occasion du Nouvel an perse, mais le procureur de Kerman a indiqué à sa famille qu’aucun baha’i ne serait remis en liberté.
Peyvand Naimi a par la suite été transféré à la prison de Kerman, où il est toujours détenu à l’isolement.
Interpellé le 1er mars 2026, Borna Naimi a été soumis à une disparition forcée pendant plusieurs jours dans un centre de détention du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), avant d’être transféré à la prison de Kerman.
D’après une source bien informée, des agents du CGRI ont infligé aux deux cousins des actes de torture et d‘autres formes de mauvais traitements afin de leur extorquer des « aveux » forcés.
Peyvand Naimi a subi des simulacres d’exécution et des coups, a été suspendu par les mains et les pieds, maintenu à l’isolement prolongé et privé de nourriture. Il n’a pas été autorisé à recevoir les soins dont il a besoin pour les troubles notamment gastro-intestinaux qu’il a développés en prison. Le 1er février 2026, les autorités ont diffusé une vidéo de propagande au sujet d’un supposé « réseau baha’i » qu’elles ont démantelé. Dans cette vidéo figuraient ses « aveux » forcés ; on l’entend déclarer qu’il a assisté à une manifestation, en violation de son droit à la présomption d’innocence et de son droit de ne pas témoigner contre soi-même.
Les agents ont roué de coups Borna Naimi, l’ont soumis à des simulacres d’exécution et lui ont infligé des décharges électriques, lui causant des brûlures sur les pieds ; ils ont menacé de s’en prendre à sa femme et à sa fille s’il refusait de coopérer. Sous la torture et les menaces, il a signé des « aveux » rédigés à l’avance, dans lesquels il s’accusait, ainsi que Peyvand Naimi, de l’homicide d’agents bassidjis lors des manifestations du 8 janvier 2026, ce qu’ils ont démenti.
Selon une source bien informée, les autorités n’ont fourni aucun élément de preuve liant les deux cousins aux homicides. Ils n’ont pas encore été inculpés, mais de telles accusations pourraient donner lieu à des poursuites passibles de la peine capitale. Aucun des deux n’a pu consulter un avocat. Selon une source bien informée, Peyvand Naimi avait déjà été pris pour cible en raison de sa foi baha’ie : son entreprise avait été fermée.
Je vous prie de libérer Peyvand Naimi et Borna Naimi, dont le maintien en détention est arbitraire au regard de la gravité des violations de leurs droits à un procès équitable, notamment l’impossibilité d’avoir accès à un avocat dès leur arrestation, la violation de la présomption d’innocence, la disparition forcée, ainsi que la torture et les mauvais traitements visant à les contraindre à s’accuser eux-mêmes. S’ils sont détenus uniquement en raison de leur religion baha’ie, ils doivent être libérés sur-le-champ.
Dans l’attente de leur libération, je vous prie instamment de les protéger contre toute autre forme de torture et de mauvais traitements et d’enquêter efficacement sur leurs allégations de torture, afin que toute personne soupçonnée d’en être responsable soit traduite en justice dans le cadre d’un procès équitable, et de garantir aux victimes l’accès à la justice et à des recours utiles.
Je vous demande de sortir Peyvand Naimi de l’isolement et de leur permettre de communiquer avec leur famille et les avocat·e·s de leur choix, et de bénéficier des soins médicaux dont ils ont besoin.
Enfin, je vous appelle à instaurer sans délai un moratoire officiel sur les exécutions, en vue de l’abolition de la peine capitale.
Veuillez agréer, Monsieur le Responsable du pouvoir judiciaire, l’expression de ma haute considération.
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