Écrire On craint qu’un journaliste ne soit détenu

On craint que le journaliste chinois disparu en Thaïlande le 11 janvier ne soit détenu dans son pays. Le 3 février, il a appelé sa compagne en lui disant qu’il était rentré de son « plein gré » afin d’apporter son aide dans le cadre d’une enquête mais elle pense qu’il y a été contraint.

On était sans nouvelles du journaliste Li Xin depuis le 11 janvier, date à laquelle il avait envoyé un SMS à sa compagne pour lui indiquer qu’il se rendait à la frontière entre la Thaïlande et le Laos. Le 2 février, celle-ci a reçu un appel du poste de police de Chengguan, la ville de Li Xin (province du Henan), l’informant qu’il lui téléphonerait le lendemain. Li Xin l’a effectivement appelée le 3 février en lui demandant de « mener une vie stable » et de « ne pas communiquer avec l’extérieur » et en lui assurant qu’il ferait « de [son] mieux pour rentrer dès que possible ». Il n’a pas révélé où il se trouvait.

Li Xin a fui la Chine en octobre 2015. Il s’est d’abord réfugié en Inde, où il a expliqué dans les médias que les services de sécurité chinois avaient exercé de fortes pressions sur lui afin qu’il leur fournisse des informations sur ses collègues et ses amis, en menaçant de l’emprisonner s’il n’acceptait pas. Il avait coopéré dans un premier temps mais n’avait pas voulu continuer. Selon lui, son refus le mettait en danger, ainsi que sa famille, et il avait donc décidé de quitter le pays. Sa compagne, restée en Chine, est enceinte et s’occupe de leur fils de deux ans. N’ayant pas obtenu l’asile en Inde, Li Xin est parti en Thaïlande, où il prévoyait de demander le statut de réfugié avant de s’installer ailleurs.

Comme Li Xin, d’autres dissidents ou membres de minorités ethniques ont été renvoyés de force en Chine par des pays d’Asie du Sud-Est.

Les pays d’Asie du Sud-Est cèdent de plus en plus aux pressions de la Chine en bafouant le principe de non-refoulement. Ce principe interdit de transférer une personne dans un pays ou territoire où elle risquerait de subir de graves atteintes aux droits humains. Il est inscrit dans de nombreux traités internationaux et relève du droit international coutumier ; il est donc contraignant pour tous les pays, qu’ils aient ratifié ou non les traités concernés, notamment la Convention relative au statut des réfugiés, le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Convention contre la torture et les autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Plusieurs pays ont déjà renvoyé de force des dissidents et des membres de minorités ethniques qui avaient fui la Chine, ce qui constitue une violation de leurs obligations au titre du principe de non-refoulement. En novembre 2015, la Thaïlande a expulsé Jiang Yefei et Dong Guangping, deux militants chinois reconnus comme réfugiés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui risquent fortement de subir des actes de torture et d’autres mauvais traitements et de faire l’objet de procès iniques (voir l’AU 259/16, https://www.amnesty.org/en/documents/asa17/2880/2015/fr/).

En juillet 2015, les autorités thaïlandaises ont renvoyé de force plus de 100 personnes, principalement des Ouïghours de nationalité chinoise qui risquaient d’être victimes d’actes de torture ou d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants à leur retour en Chine. En décembre 2012, la Malaisie a expulsé six Ouïghours dont la demande d’asile était en cours de traitement auprès du HCR. En décembre 2009, les autorités cambodgiennes ont expulsé 20 demandeurs d’asile ouïghours. Cinq d’entre eux auraient été condamnés à la détention à perpétuité, et huit autres à des peines d’emprisonnement allant de 16 à 20 ans, à l’issue de procès à huis clos.

Au cours des derniers mois, plusieurs personnes connues pour critiquer le régime chinois ou ayant un lien avec elles ont disparu de manière inexpliquée dans des pays d’Asie du Sud-Est. Ainsi, Gui Minhai, un ressortissant suédois d’origine chinoise, a disparu en Thaïlande en octobre 2015 et des militants craignent qu’il n’ait été renvoyé en Chine. Le 17 janvier 2016, cet homme est apparu sur la chaîne de télévision nationale CCTV ; les « aveux » diffusés lui ont peut-être été extorqués sous la contrainte. En octobre 2015, Bao Zhuoxuan, 16 ans, fils de l’avocate chinoise Wang Yu, et les militants chinois Tang Zhishun et Xing Qingxian ont été emmenés par des agents en uniforme et des individus en civil alors qu’ils se trouvaient dans une ville du Myanmar proche de la frontière chinoise.

Après plusieurs jours sans nouvelles, Bao Zhuoxuan a été renvoyé chez ses grands-parents à Oulan-Hot, dans la région autonome de Mongolie intérieure (nord de la Chine). Les deux hommes qui voyageaient avec lui seraient aux mains des autorités chinoises.

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