Écrire Un défenseur des droits humains détenu arbitrairement

Le 10 juillet, le défenseur des droits humains Bhekimpilo Mbedzi a été arrêté arbitrairement et détenu après avoir posté une vidéo sur les réseaux sociaux appelant à manifester contre le projet de loi d’amendement constitutionnel n° 3 récemment promulgué.

Il est accusé d’« incitation à organiser un rassemblement illégal », les autorités compétentes affirmant qu’il ne les avait pas informées du rassemblemnet prévu.

Les autorités zimbabwéennes doivent le libérer immédiatement et sans condition, car Bhekimpilo Mbedzi est détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement ses droits fondamentaux.

Bhekimpilo Mbedzi, défenseur des droits humains qui préside également le Groupe de travail national démocratique pour la province du Matabeleland-Sud, a été interpellé après avoir exprimé publiquement son intention de manifester contre les modifications constitutionnelles proposées. Le 16 février 2026, le gouvernement du Zimbabwe a publié au Journal officiel le projet d’amendement n° 3 à la Consitution du Zimbabwe, 2026 (H.B. 1 de 2026), lançant officiellement le processus de modification de la Constitution en vertu de l’article 328 de la Constitution.

Ce projet de loi prévoit des changements radicaux au cadre constitutionnel du Zimbabwe, notamment allonger de cinq à sept ans la durée des mandats présidentiel et parlementaire, remplacer l’élection présidentielle au suffrage direct par une élection par le Parlement, renforcer l’influence de l’exécutif sur les nominations au sein des instances judiciaires et du ministère public, et supprimer les commissions constitutionnelles comme la Commission sur le genre du Zimbabwe.

Après sa publication, le texte a fait l’objet d’une période de consultation publique de 90 jours, au cours de laquelle le Parlement était tenu d’organiser des audiences publiques et de solliciter des soumissions écrites avant de procéder au débat et au vote. Toutefois, le processus de consultation a été vivement critiqué par la société civile et des experts juridiques, qui l’ont jugé insuffisant ; des cas d’intimidation, d’irrégularités de procédure administrative, d’affluence excessive et de bâillonnement des voix dissidentes ont été signalés, suscitant de vives inquiétudes quant au respect du processus constitutionnel et des normes régionales et internationales en matière de participation publique réelle.

Des détracteurs du projet de loi, dont l’avocat et professeur de droit constitutionnel Lovemore Madhuku et l’ancien ministre des Finances Tendai Biti, auraient été arrêtés, placés en détention ou agressés, instaurant ainsi un climat de peur parmi ceux qui souhaitaient s’opposer aux amendements proposés, et ce avant même le démarrage des audiences publiques. Elles se sont tenues à partir du 30 mars 2026 et ont été entachées par une affluence excessive, des perturbations et des actes de violence.

À Harare, l’avocat spécialisé dans la défense des droits humains Douglas Coltart a été agressé par des partisans présumés de l’Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique (ZANU-PF) après avoir tenté de présenter des déclarations ; à Bulawayo, des figures de l’opposition, dont David Coltart, ont déclaré avoir été empêchées de prendre la parole, alors qu’elles étaient arrivées à l’heure.

Le 7 juillet 2026, le président Emmerson Mnangagwa a promulgué la loi n° 3 de 2026 portant modification de la Constitution du Zimbabwe (loi n° 6 de 2026), après son passage devant le Parlement.

Au cours des semaines qui ont suivi la promulgation de cette loi, des organisations de la société civile, des groupes d’opposition et des militant·e·s ont fait part de leur intention d’organiser une manifestation pacifique le 31 juillet pour protester contre les amendements constitutionnels et demander leur abrogation.

Des informations ont également fait état d’une surveillance renforcée, d’actes d’intimidation et d’arrestations visant des personnes liées aux rassemblements prévus, notamment l’arrestation et le maintien en détention de Bhekimpilo Mbedzi, qui avait publiquement soutenu ces manifestations.

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