Écrire Un défenseur des droits humains incarcéré en raison de son militantisme en ligne

Le défenseur des droits humains saoudien Essam Koshak est incarcéré depuis le 8 janvier 2017 en raison de son militantisme en ligne. Essam Koshak est un prisonnier d’opinion et doit par conséquent être libéré immédiatement et sans condition.

Le 8 janvier, Essam Koshak a reçu un appel téléphonique du Service des enquêtes criminelles de La Mecque le sommant de se rendre au poste de police d’al Mansour. À son arrivée au poste le jour même, à 17 h, il a été interrogé par le Bureau des enquêtes et poursuites judiciaires au sujet de son compte Twitter, sur lequel il évoque les problèmes relatifs aux droits humains en Arabie saoudite comme la détention de personnes qui défendent les droits humains ou militent en faveur de ces droits. Pendant les trois premiers jours d’interrogatoire, ses demandes concernant la présence de son avocat lui ont été refusées.

Le 12 janvier, la détention d’Essam Koshak a été prolongée de quatre jours et son avocat a finalement été autorisé à être présent lors des interrogatoires. Il a été transféré ce jour-là à la prison générale de La Mecque où il est toujours détenu à l’heure actuelle.

Essam Koshak est un ingénieur informaticien et un défenseur des droits humains qui utilise les médias sociaux pour lancer des appels en faveur d’une réforme et du respect des droits humains en Arabie saoudite.

Depuis 2012, les autorités saoudiennes prennent systématiquement pour cibles les militants de la société civile et les défenseurs des droits humains et utilisent aussi bien les tribunaux que des mesures administratives telles que des interdictions de voyager pour les harceler, les intimider et entraver leur travail de défense des droits humains. Début 2014, la plupart des défenseurs des droits humains influents et indépendants d’Arabie saoudite étaient en prison ou réduits au silence, ou avaient fui le pays.

La répression systématique des défenseurs des droits humains et des militants s’inscrit dans le cadre d’une vaste campagne menée par le gouvernement pour réduire au silence ses détracteurs afin de les empêcher de révéler, directement ou indirectement, les violations des droits humains commises par les autorités. Tout comme les défenseurs des droits humains, les personnes suivantes sont prises pour cibles par les autorités : les personnes qui militent sur les réseaux sociaux ; les proches de victimes de violations des droits humains ; les chiites saoudiens dissidents qui s’élèvent contre la discrimination à l’encontre des membres de leur communauté ; ainsi que toute personne qui ose prendre contact ou s’associer avec des organisations internationales de défense des droits humains telles qu’Amnesty International.

L’arrestation et le placement en détention récents d’Essam Koshak ne sont qu’un nouvel exemple de la lutte effrénée contre la liberté d’expression qui a lieu en Arabie saoudite ; sont particulièrement visés le militantisme en ligne et l’utilisation des médias sociaux pour aborder les problèmes relatifs aux droits humains et préconiser des réformes. Un autre défenseur des droits humains, Issa al Nukheifi, est détenu depuis le 18 décembre 2016. Il a été interrogé à plusieurs reprises sur son travail dans le domaine des droits humains et ses activités de militant sur Internet - il a été questionné en particulier au sujet de tweets qu’il a publiés en soutien aux membres de l’Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA) et d’autres détenus. Issa al Nukheifi a aussi été interrogé sur son rôle dans la création du « Parlement populaire saoudien », un compte Twitter créé le 10 décembre 2016 dans le but de promouvoir la démocratie en Arabie saoudite.

Le 30 octobre 2016, Mohammed al Otaibi et Adbullah al Attawi, tous deux défenseurs des droits humains et co-fondateurs de l’Union pour les droits humains, une organisation saoudienne de défense des droits humains, ont comparu devant le tribunal pénal spécial de Riyadh. Les deux hommes ont été accusés, entre autres chefs d’accusation, d’avoir « participé à la création d’une organisation et annoncé la création de cette dernière avant d’en avoir obtenu l’autorisation », d’avoir « divisé l’unité nationale, propagé le désordre et provoqué l’opinion publique par la préparation, la rédaction et la publication de déclarations portant préjudice à la réputation du Royaume et de ses institutions judiciaires et chargées de la sécurité », et d’avoir « publié des informations concernant leurs interrogatoires bien qu’ils se soient engagés par écrit à ne pas le faire ».

Mohammed al Otaibi a également été accusé de « publication et reprise de tweets insultants envers le Royaume, le dirigeant et les pays arabes », d’« incitation d’organisations internationales à agir contre le Royaume », d’« adoption du projet monarchique constitutionnel », de « participation à deux interviews par les médias » et d’« incitation du peuple à manifester ». Leur procès est en cours.

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