Écrire Un défenseur des droits humains maintenu en détention provisoire prolongée

Fidel Zavala, porte-parole de l’Unidad de Defensa de Derechos Humanos y Comunitarios (UNIDEHC), est maintenu en détention provisoire depuis le 25 février 2025 pour avoir défendu la communauté de La Floresta contre une expulsion forcée.

Les autorités ont eu recours à plusieurs stratégies pour empêcher sa libération et obtenu la prolongation de la période d’enquête jusqu’en mars 2026.

Amnesty International appelle le procureur général à ne pas requérir de nouvelles prolongations de la période d’enquête.

Fidel Zavala est porte-parole de l’Unidad de Defensa de Derechos Humanos y Comunitarios (UNIDEHC) et défenseur des droits humains. Le 25 février 2025, il a été arrêté lors d’une perquisition du siège de l’UNIDEHC après avoir soutenu des plaintes liées à la communauté de La Floresta, un groupe de plus de 200 familles vivant à San Juan Opico qui sont menacées d’expulsion et tentent de faire reconnaître leurs droits fonciers par la justice. Plus de 20 dirigeant·e·s de cette communauté ont également été arrêtés au cours de la même opération.
À la suite de son arrestation, plusieurs procédures pénales ont été engagées contre lui en 2025.

Dans celles pour « fraude aggravée », les tribunaux ont ordonné l’abandon définitif des poursuites ou déclaré leur extinction après l’obtention d’accords de conciliation ou parce que sa responsabilité n’avait pas été établie. Il n’a été déclaré coupable d’aucune infraction dans le cadre de ces procédures.

Dans la procédure liée à La Floresta, il est poursuivi pour association illégale, commercialisation illégale de terrains et pratique illégale d’une profession. Le 13 mars 2025, le cinquième tribunal contre la criminalité organisée de San Salvador a ordonné son placement en détention provisoire pour une durée de six mois. La phase d’enquête a ensuite été prolongée jusqu’en mars 2026. D’après les informations disponibles, les services du procureur général n’ont pas présenté de preuves anticipées dans la procédure, comme l’y autorisait le tribunal.

Actuellement, la décision de placement en détention prononcée en mars 2025 est la seule qui s’applique à son encontre.

Des conditions de détention inadaptées ont été signalées au centre judiciaire Isidro Menéndez, où il est incarcéré, notamment un manque d’accès à l’eau pendant plusieurs jours. Selon certaines sources, la famille de Fidel Zavala comble ses besoins essentiels.

Dans le même contexte, des mandats d’arrêt ont été émis contre les avocat·e·s de l’UNIDEHC Ivania Cruz et Rudy Joya. En 2025, des notices rouges d’Interpol ont été émises contre eux, mais elles ont ensuite été retirées pour violation de l’article 3 du Statut d’Interpol, qui interdit toute intervention dans des affaires à caractère politique. Néanmoins, des procédures d’extradition ont été engagées en Espagne. Plusieurs procédures spéciales des Nations unies ont souligné que ces actions pourraient relever de la répression transnationale.

Le 15 mai 2025, des procédures spéciales des Nations unies ont adressé une communication officielle aux autorités du Salvador (sous la référence AL SLV 2/2025) pour exprimer leur préoccupation quant à la possibilité de sa détention arbitraire et d’une criminalisation de son travail en faveur des droits humains. Cette communication était notamment signée par la rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs et défenseuses des droits humains, Mary Lawlor. Le gouvernement du Salvador n’ayant pas répondu dans le délai de 60 jours qui lui était imparti, elle a été rendue publique.

Cette situation s’inscrit dans le contexte de l’état d’urgence en vigueur depuis mars 2022 au Salvador, dans le cadre duquel des organisations nationales et internationales ont observé un recours fréquent à la détention arbitraire et aux restrictions de l’espace civique.

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