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Monsieur le Procureur général,
Je vous écris afin de vous faire part de mes préoccupations concernant le maintien en détention provisoire de Fidel Zavala, défenseur des droits humains et porte-parole de l’Unidad de Defensa de Derechos Humanos y Comunitarios (UNIDEHC), qui est détenu depuis le 25 février 2025 en lien avec le soutien qu’il a apporté à la communauté de La Floresta.
Le 11 septembre 2026, la phase d’enquête dans l’affaire de La Floresta a été prolongée jusqu’au 25 août 2027. Si Fidel Zavala est maintenu en détention jusqu’à cette date, il aura alors passé environ deux ans et demi en détention provisoire, sans jugement. Cette nouvelle prolongation est très inquiétante, car la détention provisoire doit rester une mesure exceptionnelle, et sa nécessité ainsi que sa proportionnalité doivent être régulièrement contrôlées.
J’éprouve également de vives inquiétudes au sujet de la sécurité de cet homme en détention. Il a par le passé dénoncé l’utilisation de la torture et d’autres formes de mauvais traitements au sein du système carcéral du Salvador, et Amnesty International s’est déjà dite préoccupée par le risque de représailles contre lui. Les autorités doivent veiller à ce qu’il ne soit ni détenu ni transféré dans un lieu où, en raison de ces précédentes plaintes, son intégrité physique ou psychologique serait en danger.
La procédure vise également d’autres membres de l’UNIDEHC et des dirigeant·e·s de la communauté de La Floresta, ce qui suscite des préoccupations, de manière plus générale, quant à l’utilisation qui est faite du système judiciaire contre des personnes menant une action légitime de défense des droits humains
Je demande en conséquence aux autorités du Salvador de veiller à ce que la détention provisoire de Fidel Zavala soit réexaminée immédiatement et de manière individualisée et périodique, d’envisager d’autres solutions que la détention, de garantir son intégrité physique et psychologique, de veiller à ce qu’il ne subisse pas de représailles, et de veiller aussi à ce que toutes les procédures pénales visant des membres de l’UNIDEHC et des dirigeant·e·s de la communauté de La Floresta soient pleinement conformes aux normes d’une procédure régulière et ne soient pas utilisées pour entraver ou sanctionner leur action légitime de défense des droits humains.
Veuillez agréer, Monsieur le Procureur général, l’expression de ma haute considération.
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