Écrire Un défenseur des droits des lgbti violemment agressé

Pour AGIR : copiez-collez le modèle de lettre ci-dessous en l’adressant au Ministre de la Justice Leila Jaffel via l’e-mail suivant : info@e-justice.tn et à l’ambassade de Tunisie à Bruxelles, à l’adresse email suivante : t.belgique@diplomatie.gov.tn

Mettez-nous en copie caché (Cci) : action@amnesty.be afin de pouvoir évaluer le nombre d’envois !

Vous pouvez aussi personnaliser votre email avant de l’envoyer, cela augmentera la probabilité qu’il arrive dans la boîte de réception du Procureur général. Veillez à ce que votre courrier électronique soit respectueux et persuasif - n’utilisez pas de langage haineux. Expliquez que vous suivrez de près cette campagne et que vous en parlerez à d’autres personnes.

Badr Baabou, défenseur des droits humains et militant des droits des lesbiennes, gays et personnes bisexuelles, transgenres et intersexuées (LGBTI), a été violemment agressé par des policiers dans la nuit du 21 octobre 2021 dans le centre de Tunis.

Les forces de sécurité s’en prennent à Badr Baabou en raison de son travail et de ses activités militantes en faveur des droits et des libertés des personnes LGBTI en Tunisie. Cette agression est la dernière d’une longue série qui s’étend sur plusieurs années. Plusieurs plaintes ont été déposées, mais en vain.

Les autorités doivent diligenter une enquête sur cette attaque, en vue d’amener les responsables à rendre des comptes.

Badr Baabou, 41 ans, est un défenseur tunisien des droits des LGBTI qui a cofondé DAMJ (Association tunisienne pour la justice et l’égalité), l’un des principaux mouvements de défense des droits des LGBTI en Tunisie. Le 21 octobre 2021 vers 21 heures, Badr Baabou quittait un café du centre de Tunis où il avait retrouvé des amis et se dirigeait à pied vers le principal rond-point du secteur, le rond-point de Monguella, à la recherche d’un taxi, lorsque deux inconnus l’ont accosté dans la rue. Le premier qui est apparu s’est mis à marcher à côté de Badr Baabou ; il portait un T-shirt et un pantalon sombre avec un logo « Sécurité publique », et l’a nargué au sujet des plaintes qu’il déposait contre des policiers. Badr Baabou lui a demandé qui il était ; l’homme a répondu bien fort avec une expression en arabe tunisien qui signifie « les flics ! ». Le deuxième homme, habillé en civil, est apparu un instant plus tard et a attrapé Badr Baabou par son sac à dos, tandis que le premier lui assénait plusieurs coups sur la tête.

Les deux hommes l’ont conduit de force dans une ruelle sombre, rue Kemal Ataturk, où il est tombé à terre alors qu’ils lui assénaient des coups de poing et des coups de pied avec leurs bottes sur la tête, la nuque et les jambes, hurlant des insultes et « les flics ! », jusqu’à ce qu’il perde connaissance. Finalement, l’homme en civil s’est emparé de l’ordinateur de Badr Baabou dans son sac à dos et de son téléphone dans sa poche, et les a emmenés. Ils lui ont dit que les coups reçus étaient à titre de représailles pour les plaintes déposées contre la police et sont partis en prononçant des mots qui, d’après les souvenirs de Badr Baabou, sonnaient comme un avertissement pour qu’il arrête de défendre « des putes et [un terme péjoratif en arabe tunisien pour désigner les homosexuels] ». Au bout de quelques minutes, il s’est relevé, la tête en sang, est rentré chez lui en taxi et a appelé un militant de DAMJ ainsi que l’avocat de l’association, qui l’a accompagné aux urgences de l’hôpital de la Rabta à Tunis, où un médecin l’a examiné, comme l’atteste une copie du rapport médical qu’il a envoyée à Amnesty International.

Selon DAMJ et Human Rights Watch, Badr Baabou a été harcelé, agressé et menacé à plusieurs reprises. En 2018, son logement dans le centre de Tunis a été cambriolé et ses ordinateurs personnel et professionnel contenant des informations sensibles de DAMJ ont été dérobés. En novembre 2019, il a été abordé par des individus non identifiés dans les rues de Tunis, qui ont menacé de le tuer et de mettre le feu à son appartement. Cette menace a été réitérée en mars 2020, lorsque des policiers ont interrogé ses voisins au sujet de son travail en tant que militant. Tous ces événements l’ont amené à changer fréquemment de logement.

Dans la soirée du 10 mars 2021, quatre hommes en civil auraient agressé Badr Baabou dans le centre de Tunis, alors qu’il quittait un bar où il avait retrouvé des amis. Un passant étant intervenu pour séparer Badr Baabou et ces hommes, ceux-ci ont rejoint un groupe de policiers tout proche qui observaient la scène sans intervenir. Badr Baabou a déposé plainte au sujet de l’agression présumée auprès du bureau du procureur au tribunal de première instance de Tunis. À ce jour, le procureur ne l’a informé d’aucune avancée concernant ce dossier.

Les militant·e·s LGBTI en Tunisie ont signalé diverses formes de harcèlement imputables aux autorités ces dernières années : ils sont notamment insultés lors des manifestations, agressés, surveillés et arrêtés au titre de lois formulées en termes vagues comme celles qui érigent en infraction l’outrage à agent et l’atteinte à la morale publique.

J'agis

PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-DESSOUS

Madame la ministre,

Je vous adresse ce courrier afin d’attirer votre attention sur le cas du défenseur des droits humains et militant des droits des personnes LGBTI Badr Baabou, qui a été insulté et violemment agressé, semble-t-il en lien avec son travail en tant que militant.

D’après le témoignage que Badr Baabou a livré à Amnesty International, le 21 octobre vers 21 heures, il sortait d’un café du centre de Tunis et cherchait un taxi lorsque deux hommes qui, pense-t-il, étaient des membres des forces de sécurité et qui se sont présentés comme des « flics » lorsqu’il leur a demandé qui ils étaient, l’ont insulté, accosté et roué de coups. Alors que Badr Baabou était étendu sur le sol, la tête en sang, ces hommes lui ont dérobé son ordinateur et son téléphone portable, et lui ont dit que les coups étaient en représailles des plaintes qu’il avait déposées contre la police et parce qu’il « défend des putes et [un terme péjoratif en arabe tunisien pour désigner les homosexuels]. » Ces propos indiquent clairement que Badr Baabou est pris pour cible parce qu’il milite en faveur des droits des personnes LGBTI.

Badr Baabou a subi de nombreuses blessures lors de cette agression, notamment à la tête, au visage, à la poitrine, à la colonne vertébrale et aux bras, comme l’a décrit un rapport médical qu’il a fourni à Amnesty International. Il présente également de nombreuses contusions et œdèmes au visage, à la nuque et à l’épaule, et souffre de douleurs à la nuque, dans le dos et à l’épaule droite qui limitent ses mouvements.

Badr Baabou est président de DAMJ, l’Association tunisienne pour la justice et l’égalité, l’un des principaux mouvements tunisiens de défense des droits des LGBTI. Au cours des dernières années, il a été plusieurs fois harcelé et agressé par les forces de sécurité. Le 25 octobre, il a porté plainte auprès du tribunal de première instance de Tunis contre le directeur général de la Sécurité nationale de Tunisie, le directeur général de la Sûreté publique, le directeur régional de la Sûreté publique, et les deux hommes qui l’ont agressé et lui ont dérobé ses affaires et qui, selon lui, sont des membres des forces de sécurité. Aucune suite n’a encore été donnée à cette plainte.

À la lumière de tous ces éléments, je vous engage à demander au procureur de diligenter une enquête efficace et impartiale sur l’agression violente dont a été victime Badr Baabou et sur celles qui l’ont précédée, afin d’amener tous les responsables à rendre des comptes dans le cadre de procès équitables. Ces attaques répétées doivent prendre fin immédiatement. Je vous prie également de mettre un terme à l’impunité dont jouissent les policiers. Les mauvais traitements et les violences infligés aux citoyen·ne·s demeurent généralisés en Tunisie aujourd’hui. L’immense majorité des enquêtes sur les membres des forces de sécurité ne dépassent même pas la phase d’investigation et aucune n’a débouché sur une condamnation des auteurs des faits.

Veuillez agréer, Madame la ministre, l’expression de ma haute considération,

LANGUES À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : arabe, français, anglais.
Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.


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