Écrire Un défenseur de l’environnement attaqué par quatre hommes armés

Pour AGIR : copiez-collez le modèle de lettre ci-dessous dans le cadre bleu et envoyez-le par email au Procureur général Emiliano Rolón Fernández : comunicaciones@ministeriopublico.gov.py ainsi qu’à l’ambassade de la République du Paraguay : embapar@skynet.be

Vous pouvez aussi personnaliser votre courrier avant de l’envoyer, cela augmentera la probabilité qu’il parvienne aux destinataires. Veillez à ce que votre courrier soit respectueux et persuasif - n’utilisez pas de langage haineux. Expliquez que vous suivrez de près cette campagne et que vous en parlerez à d’autres personnes.

Pour que nous puissions faire un suivi des actions, merci de mettre action@amnesty.be en copie cachée (Cci) de votre mail.

Rubén Irala, défenseur des droits humains et coordinateur de la Pastorale sociale diocésaine de Guairá, a été victime d’une attaque armée le 20 mars dans la localité du 23 décembre, dans le département de Caazapá.

Au vu des menaces dont il avait fait l’objet, cette agression est très probablement liée à son travail de protection de l’environnement et de communautés touchées par la dégradation de l’environnement.

Les autorités du Paraguay doivent mener une enquête efficace sur le mobile de cette agression et mettre en place des mesures de protection adéquates pour cet homme et sa famille.

Les départements de Guairá et de Caazapá sont situés dans le centre-est du Paraguay. Rubén Irala Galeano est ingénieur écologue, et coordinateur de la Pastorale sociale diocésaine de Guairá et secrétaire du Conseil économique du diocèse de Guairá de l’Église catholique. La Pastorale sociale diocésaine de Guairá participe activement à la résolution de conflits socio-environnementaux sur ce territoire, avec une expérience éprouvée dans la défense des droits des communautés concernées.

L’organisation dont s’occupe Rubén Irala s’efforce actuellement de résoudre un conflit territorial sur une propriété de 1 500 hectares appartenant à l’Église, qui est occupée par une communauté autochtone du peuple Mbya Guaraní, des familles paysannes et des acteurs de l’agro-industrie. La Pastorale sociale diocésaine de Guairá, sous la direction de Rubén Irala, vise à faire don de 80 hectares à la communauté autochtone, et de 230 hectares aux familles paysannes, en officialisant leurs titres fonciers. Mais aucun accord n’a été trouvé avec le secteur de l’agro-industrie. C’est sur le site exploité par l’agro-industrie que Rubén Irala a été victime de cette attaque.

La Pastorale sociale diocésaine de Guairá a également dénoncé les conséquences sur l’environnement et la santé de l’exploitation aurifère illégale dans le district de Paso Yobái, où le défenseur de l’environnement Vidal Brítez a été poursuivi en justice en 2025 en raison de son militantisme contre la pollution environnementale causée par des activités minières.

En avril 2025, le ministère pastoral social diocésain de Guairá a mené une étude, dirigée par Rubén Irala, en partenariat avec les universités catholique et nationale d’Asunción, sur la pollution au mercure et au cyanure. La société minière LAMPA S.A. a immédiatement dénoncé ce qu’elle considérait comme « une campagne de désinformation et de diffamation » et adressé à Rubén Irala un document d’intimidation notarié, en prélude à des poursuites pénales pour diffamation.

Le 24 avril 2026, le ministère pastoral social diocésain de Guairá devait lancer le second volet de l’étude, axé sur les effets de la pollution sur la santé. Rubén Irala a indiqué à Amnesty International qu’en février 2026 il avait reçu des menaces visant à l’empêcher de mener cette deuxième étude, probablement de la part d’une personne liée à l’industrie minière. À la suite de l’attaque visant Rubén Irala, cette étude a été suspendue.

Les autorités paraguayennes ont arrêté, en lien avec cette attaque, un suspect qui est actuellement en détention provisoire, et elles recherchent un autre suspect. Cependant, Amnesty International est préoccupée par les informations indiquant que dans le cadre de l’enquête, les faits pourraient être réduits à une simple affaire de vol, les liens éventuels avec les activités de défense des droits humains de Rubén Irala et avec les menaces dont il avait fait l’objet auparavant n’étant pas pris en compte.

Rubén Irala bénéficie actuellement de la protection de la police locale, mais cette protection peut être levée unilatéralement à tout moment, car le Paraguay ne dispose pas d’un système de protection des défenseur·e·s des droits humains.

Le Paraguay doit garantir un environnement sûr et propice aux défenseur·e·s des droits humains, afin de prévenir les attaques contre eux et de les protéger quand ils sont en danger, et afin que toute attaque fasse l’objet dans les meilleurs délais d’une enquête approfondie, indépendante et impartiale qui devra notamment s’intéresser aux liens éventuels avec leur travail de défense des droits humains.

Amnesty International a réuni des informations sur les défenseur·e·s des droits humains qui travaillent sur les questions relatives à l’accès à la terre et aux droits relatifs au territoire et à l’environnement au Paraguay et qui continuent de mener leurs activités dans des contextes hostiles et en étant exposés à un niveau de danger élevé en raison de leur travail.

J'agis

PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-DESSOUS

Monsieur le Procureur général

Je vous écris pour vous faire part de mes graves préoccupations concernant l’attaque dont a récemment été victime le défenseur de l’environnement Rubén Irala (réf. : dossier n° 355/2026). Rubén Irala est le coordinateur de la Pastorale sociale diocésaine de Guairá, une organisation liée à l’Église catholique qui participe activement à la résolution de conflits socio-environnementaux dans cette région.

Il est affligeant d’apprendre que Rubén Irala a été intercepté par un homme armé le 20 mars 2026, après une journée passée avec son équipe à tenter de résoudre un conflit territorial dans la localité du 23 décembre. Alors qu’il retournait à la Pastorale sociale de Villarica, l’homme armé a tenté de bloquer son véhicule, lui a ordonné de sortir de la voiture et a tiré des coups de feu en l’air et sur les pneus.

Lorsqu’il a tenté de s’enfuir, Rubén Irala a été intercepté de nouveau quelques mètres plus loin par un groupe de trois hommes armés et masqués portant des armes à canon long. Ce groupe a ouvert le feu sur son véhicule, le touchant à l’avant et sur le côté. Rubén Irala a malgré cela réussi à s’échapper.

J’ai pris bonne note du fait que les autorités ont réussi à arrêter un suspect, mais je trouve inquiétant que cette attaque soit simplement traitée comme un cas de « vol simple », sans qu’il soit tenu compte de son lien éventuel avec le travail de Rubén Irala en faveur des droits humains.

Rubén Irala a par le passé fait l’objet de manœuvres d’intimidation et de menaces en raison de ses activités militantes contre la pollution minière. Il est nécessaire qu’une enquête efficace soit menée sur ce mobile éventuel afin de procurer une protection adéquate à Rubén Irala.

Compte tenu des menaces qu’a reçues Rubén Irala avant cette attaque, les autorités devraient veiller à ce qu’il bénéficie de mesures de protection efficaces et durables, assurées notamment par la police locale.

Le Paraguay est tenu, au titre des obligations qui lui incombent en vertu du droit et des normes relatifs aux droits humains, notamment de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme, de garantir un environnement sûr aux défenseur·e·s des droits humains.

Je vous exhorte à mener une enquête efficace, indépendante et impartiale sur l’attaque dont Rubén Irala a été victime ; cette enquête devra notamment tenir compte du fait que ses activités de défenseur de l’environnement pourraient éventuellement être le mobile de ce crime.

J’exhorte en outre les autorités paraguayennes à protéger efficacement Rubén Irala et sa famille afin qu’il puisse effectuer son travail sans subir de représailles.

Veuillez agréer, Monsieur le Procureur général, l’expression de ma haute considération.

VOS APPELS : espagnol . Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.


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