Rita Karassartova, défenseure des droits humains et spécialiste de la gouvernance civique au Kirghizistan, a été arrêtée le 14 avril 2025 à la suite d’une perquisition à son domicile par des agents des forces de l’ordre. Elle a été inculpée en vertu d’articles à la formulation vague et à caractère politique du Code pénal, notamment d’« organisation d’émeutes de masse », manifestement en représailles à son travail pacifique en faveur des droits humains et de la participation civique. Les documents relevant de ce dossier ont été classifiés, et le procès s’est tenu à huis clos en violation de son droit à une audience juste et publique.
Le 18 septembre 2025, un tribunal kirghize a déclaré Rita Karassartova coupable et l’a condamnée à une mise à l’épreuve de cinq ans. Cela signifie qu’elle devra rester sous la supervision de la police durant toute cette période et ne sera pas en mesure de quitter le Kirghizistan. Elle a en outre été condamnée à payer une amende de 50 000 soms (environ 570 dollars des États-Unis).
« Je suis très heureuse de pouvoir publier en solidarité avec d’autres militant·e·s du monde entier. Vous faites un travail fantastique ! » - Rita Karassartova.
Le cas de Rita Karassartova a figuré dans la campagne d’Amnesty International Écrire pour les droits en 2023. C’est la deuxième fois qu’elle est visée par un procès pénal. Elle avait déjà été arrêtée en 2022 en relation avec le cas dit de Kempir-Abad, dans le cadre duquel elle et d’autres militant·e·s avaient demandé aux autorités de faire preuve de transparence au sujet d’un accord de délimitation controversé des frontières avec l’Ouzbékistan. Elle et les 21 autres accusé·e·s dans cette affaire ont été acquittés en juin 2024.