L’affaire visant Defne Güzel, défenseure des droits des personnes LGBTI+ et présidente de l’Association du 17 mai, a démarré à la suite d’un contrôle administratif de l’association. La Direction des relations avec la société civile d’Ankara a déposé une plainte au motif que certains de ses contenus en ligne « n’étaient pas conformes aux objectifs énoncés dans ses statuts » ; un groupe d’experts a ensuite conclu en juillet 2025 que les activités de l’Association du 17 mai étaient bien conformes et qu’aucune irrégularité n’avait été constatée.
En dépit de cette conclusion, le procureur général d’Ankara a inculpé Defne Güzel en s’appuyant sur des publications, notamment « #MyIntersexStory », arguant qu’elles vont au-delà des objectifs légaux de l’association.
Defne Güzel a été acquittée lors de la première audience, ce qui confirme l’absence de tout élément incriminant. Defne Güzel, l’association et leurs sympathisant·e·s avaient affirmé que l’accusation était sans fondement et constituait une restriction injustifiée de la liberté d’expression et d’association ; si cet acquittement est une victoire importante, aucune poursuite n’aurait jamais dû être engagée.
À la suite ce cet acquittement, Defne Güzel a exprimé sa gratitude à toutes les personnes ayant soutenu l’Action Urgente en sa faveur : « Je suis reconnaissante envers chacun·e de mes ami·e·s qui se sont mobilisés à mes côtés dans la lutte pour les droits des personnes LGBTI+ et envers toutes les personnes qui ont soutenu l’appel en faveur d’une action urgente. " Nous existions, nous existons et continuerons d’exister. "
Aucun·e de nous n’est seul, aucun·e de nous n’est sans défense. Nous continuerons de nous tenir aux côtés des représentant·e·s de Genc LGBTI+, de Hayriye Kaya, de Yıldız Tar, de tous nos ami·e·s qui exercent leur droit à la liberté de réunion ; nous poursuivrons notre combat en faveur des droits aux traitements hormonaux et de la justice pour Ahmet Yıldız. »
Si l’acquittement de Defne Güzel met fin à cette procédure, des inquiétudes plus générales persistent quant aux restrictions imposées aux militant·e·s et aux organisations de défense des droits des personnes LGBTI+ en Turquie.
Amnesty International continuera de suivre la situation de près et d’inciter les autorités turques à respecter et protéger les droits aux libertés d’expression et d’association, et de cesser de criminaliser de façon discriminatoire les militant·e·s et les organisations qui défendent les droits des personnes LGBTI+.