Écrire La défenseure Martha Lía Grajales arrêtée, un défenseur détenu au secret

Pour AGIR : copiez-collez le modèle de lettre ci-dessous dans le cadre bleu et envoyez-le par email à l’ambassade du Vénézuéla à Bruxelles en l’adressant au Président de la République, Nicolas Maduro : embve.bebrs@mppre.gob.ve

Vous pouvez aussi personnaliser votre courrier avant de l’envoyer, cela augmentera la probabilité qu’il parvienne aux destinataires. Veillez à ce que votre courrier soit respectueux et persuasif - n’utilisez pas de langage haineux. Expliquez que vous suivrez de près cette campagne et que vous en parlerez à d’autres personnes.

Pour que nous puissions faire un suivi des actions, merci de mettre action@amnesty.be en copie cachée (Cci) de votre mail.

Le 8 août 2025, la défenseure des droits humains Martha Lía Grajales a été embarquée semble-t-il par des policiers à Caracas, au Venezuela. Elle est détenue arbitrairement et personne n’avait eu de ses nouvelles ni ne savait où elle se trouvait jusqu’au 11 août.

D’autres défenseur·e·s des droits humains sont maintenus en détention arbitraire, dont Javier Tarazona, Rocío San Miguel, Kennedy Tejeda, Eduardo Torres et Carlos Julio Rojas, détenu au secret depuis le 30 juillet.

Nous appelons le président Nicolás Maduro à dévoiler immédiatement le sort réservé à toutes les personnes détenues, à libérer toutes celles qui le sont de manière arbitraire et à protéger leurs droit à la vie, à l’intégrité physique et à un procès équitable.

La politique de répression du gouvernement de Nicolás Maduro, mise en place de longue date pour réduire au silence toute forme de dissidence réelle ou présumée, a atteint un sommet historique après l’élection du 28 juillet 2024, avec plus de 2 000 personnes détenues arbitrairement pour des raisons politiques, dont beaucoup ont été accusées de terrorisme et d’incitation à la haine, apparemment sans fondement, y compris parmi des catégories vulnérables de la population telles que les enfants et les personnes en situation de handicap.

Selon l’organisation locale Foro Penal, au 5 août 2025, au moins 807 personnes demeuraient détenues arbitrairement pour des raisons politiques, dont 95 femmes, quatre adolescent·e·s et 44 personnes dont on ne connaissait ni le sort, ni le lieu où elles se trouvaient.

Dans son dernier rapport intitulé Detentions Without a Trace, Amnesty International a établi le profil de 15 individus dont l’histoire illustre le recours généralisé aux disparitions forcées au Venezuela, plus particulièrement entre août 2024 et juin 2025. Au 11 août 2025, huit de ces personnes étaient toujours disparues : Andrés Martínez (espagnol), Damián Rojas, Danner Barajas (colombien), Eudi Andrade, Jorgen Guanares, Jose María Basoa (espagnol), Rory Branker, et Yevhenii Petrovich Trush (ukrainien). Quant à Alfredo Díaz, Dennis Lepaje, Eduardo Torres, Raymar Pérez et Rosa Chirinos, on sait désormais où ils se trouvent, mais ils sont maintenus arbitrairement en détention.

Dans le cadre de cette politique de répression, le gouvernement n’a cessé de harceler, de poursuivre et de censurer les militant·e·s et les organisations de la société civile qui s’efforcent de protéger les droits des Vénézuélien·ne·s dans une situation complexe d’urgence humanitaire et de profonde crise des droits humains qui les fait fuir en nombre sans précédent, en quête de sécurité et de protection. Au mois de mai 2025, plus de 7,9 millions de personnes avaient fui le Venezuela.

Comme l’a dénoncé Amnesty International à maintes reprises, les défenseur·e·s des droits humains au Venezuela sont constamment exposés à un risque de harcèlement, d’agression et d’arrestation. Le gouvernement de Nicolás Maduro mène actuellement plusieurs initiatives visant à contrôler et réduire au silence les organisations de défense des droits humains et de la société civile.

La loi adoptée en août 2024, baptisée « Loi relative à l’audit, à la régularisation, à l’action et au financement des organisations non gouvernementales et associées », surnommée « loi anti-ONG », impose des contrôles stricts nécessitant de remettre la liste de leurs membres et de leur personnel, celle de leurs avoirs, celle de leurs donateurs et d’enregistrer tous les mouvements financiers. En cas de non-respect de ces obligations, les organisations de la société civile pourraient être fermées et faire l’objet de poursuites pénales. Le projet de loi est entré en vigueur en février 2025.

Depuis 2020, plusieurs rapports de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur la République bolivarienne du Venezuela ont fourni des informations détaillées sur des centaines de cas d’exécutions extrajudiciaires, de disparitions forcées, de détentions arbitraires, d’actes de torture et d’autres traitements cruels, inhumains ou dégradants commis dans le pays depuis 2014, ainsi que d’exemples d’instrumentalisation de la justice par le gouvernement dans le cadre de sa politique répressive, en concluant que certains de ces crimes de droit international et violations des droits humains pourraient constituer des crimes contre l’humanité.

Dans l’un de ceux publiés en 2024, elle a indiqué avoir « des motifs raisonnables de croire que le crime de persécution a été commis en République bolivarienne du Venezuela tout au long de la période considérée ».

Depuis novembre 2021, le Bureau du procureur de la Cour pénale internationale mène une enquête pénale sur la situation au Venezuela, précisément pour « [c]rimes contre l’humanité de privation de liberté ou toute grave privation de liberté physique (…) ; torture (…) ; viol et/ou autres formes de violence sexuelle d’une gravité comparable (…) ; et persécution à caractère politique contre des personnes détenues (…), qui ont été commis depuis au moins avril 2017, par des membres des forces de sécurité de l’État, des autorités civiles et des personnes pro-gouvernementales (ou groupes appelés “collectifs”) ».

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