Des organisations de défense des droits humains et des médias indépendants du Honduras surveillant et dénonçant la violente répression des manifestations organisées à la suite de l’élection présidentielle ont signalé plusieurs problèmes de sécurité, notamment des menaces contre leurs membres et des persécutions, ainsi que des descentes illégales et des dégradations de leurs locaux.
Des manifestants qui sont descendus dans la rue à travers le pays en raison du manque de transparence du processus de dépouillement et de décompte des voix pour l’élection présidentielle du 26 novembre ont été violemment réprimés par les forces de sécurité honduriennes. Des défenseurs et des organisations de défense des droits humains surveillent, recensent et dénoncent les atteintes aux droits humains commises dans le cadre de cette répression et du couvre-feu imposé le 1er décembre.
Le Vaste mouvement pour la dignité et la justice (MADJ) a indiqué que les forces de sécurité ont effectué une descente au domicile de Silvia Maribel Flores Chacón et Oscar Alexi Guillén Paz, tous deux membres du MADJ, le 6 décembre, et aux locaux du MADJ dans le département d’Atlántida le 8 décembre, et ont demandé de voir le coordinateur général de l’organisation Martín Fernández Guzman. D’après des habitants, les forces de sécurité avaient déjà demandé où il était les jours précédents et des menaces contre lui et Selvin Eduardo Merlo Linares, un autre membre du MADJ, avaient été publiées sur les réseaux sociaux et formulées pendant les manifestations. Le MADJ avait déjà signalé que son siège à San Pedro Sula avait été encerclé par les forces de sécurité après une conférence de presse de l’organisation tenue pour dénoncer la répression des manifestations le 4 décembre. Le 6 décembre, le MADJ a fermé sa station de radio à San Juan Pueblo, Radio Dignidad, par mesure de précaution, quand la police militaire l’a encerclée et que deux hélicoptères ont été repérés la survolant.
L’organisation LGBT Arcoiris a dénoncé plusieurs tentatives d’effraction dans ses locaux de Tegucigalpa entre le 28 novembre et le 4 décembre par des inconnus qui ont laissé une menace de mort visant Donny Reyes, le directeur de l’organisation.
Ismael Moreno Coto, le directeur de la station de radio indépendante Radio Progreso, a déclaré à Amnesty International que la diffusion de leur émission à Tegucigalpa a été interrompue à partir du 9 décembre au soir. Une enquête préliminaire menée le 11 décembre a déterminé que l’antenne radio de Tegucigalpa avait été volontairement endommagée.
Le 12 décembre, des militaires ont arrêté, recensé et harcelé environ 30 membres du Conseil civique d’organisations populaires et indigènes du Honduras (COPINH) à Siguatepeque (département de Comayagua), dont sa coordinatrice générale Bertha Zuniga, dans le but de les empêcher de participer à une manifestation.