Écrire Déni de justice pour une manifestante pacifique agressée

Margarita Youdina a été grièvement blessée par un policier devant des caméras le 23 janvier, lors d’une manifestation pacifique organisée à Saint-Pétersbourg en soutien à Alexeï Navalny.

Au lieu d’enquêter, les autorités ont présenté des excuses et ont essayé d’empêcher cette femme de déposer plainte. Elles ont envoyé les services de protection de l’enfance contrôler la situation de sa fille et ont indiqué que ses fils risquaient d’être convoqués pour effectuer leur service militaire.

Les autorités doivent mettre fin au harcèlement à l’encontre de Margarita Youdina et de sa famille et traduire son agresseur en justice.

Après l’arrestation arbitraire à l’aéroport de Cheremetievo à Moscou et le placement en détention de l’opposant et militant anticorruption Alexeï Navalny, des centaines de milliers de personnes ont participé à des manifestations pacifiques un peu partout en Russie les 23 et 31 janvier 2021. Les autorités ont réagi par la violence. Les médias internationaux et russes ont montré des images de manifestant.es pacifiques roués de coups et arrêtés par la police. Selon l’organisation russe OVD-Info, spécialisée dans le suivi des arrestations, plus de 4 000 manifestant.es ont été appréhendés rien que le 23 janvier (dont près de 600 à Saint-Pétersbourg) et plus de 5 700 manifestant.es ont été arrêtés le 31 janvier. À la suite de l’audience d’Alexeï Navalny le 2 février, qui a abouti à son emprisonnement, de nouvelles manifestations ont eu lieu et 1 400 autres personnes ont été arrêtées. Des milliers de personnes ont été condamnées à de lourdes amendes ou à plusieurs jours de détention au titre du droit administratif, et au moins 40 actions pénales ont été engagées contre des personnes ayant participé à des manifestations ou à leur organisation à travers le pays. Cependant, aucune enquête n’a été ouverte à ce jour sur l’usage illégal de la force par la police.

Victime d’une attaque brutale et injustifiée commise par un policier lors d’un rassemblement pacifique, Margarita Youdina fait partie des manifestant.es pacifiques qui demandent justice. Le 23 janvier, Margarita Youdina a parcouru environ 147 km depuis la ville de Louga, dans la région de Leningrad, où elle vit avec ses deux fils (25 et 20 ans) et sa fille de 15 ans, pour rejoindre Saint-Pétersbourg et participer à la manifestation.

Le 26 janvier 2021, peu de temps après avoir annoncé qu’elle envisageait de porter plainte pour demander une enquête sur l’agression du policier à son encontre, Margarita Youdina a reçu la visite de représentants du parquet et des services de protection de l’enfance à son domicile - ce qui se produit lorsque les autorités envisagent de confier des enfants mineurs à l’assistance publique. Selon l’avocat de Margarita Youdina, les fonctionnaires ont insisté sur le fait qu’ils « voulaient seulement parler à elle et à sa fille », mais elle ne les a pas laissés entrer. Deux jours plus tard, le chef de l’administration locale a déclaré publiquement que les services de protection de l’enfance avaient des « questions » au sujet des conditions de vie et de la scolarité de l’adolescente. Il a également demandé pourquoi les fils de Margarita Youdina n’avaient ni servi dans l’armée ni été enrôlés pour le service militaire.

En vertu du droit russe, tous les hommes âgés de 18 à 27 ans sont tenus de s’inscrire au service militaire et de servir dans l’armée en cas de conscription, sauf s’ils sont exemptés, notamment pour raisons de santé ou d’études universitaires. Ces dernières années, les autorités russes ont apparemment eu recours à la conscription sélective pour enrôler dans l’armée des hommes de moins de 27 ans engagés politiquement à titre de représailles pour leurs vues dissidentes. Parmi les homme victimes de conscription sélective figurent des collaborateurs actifs d’Alexeï Navalny, dont le présentateur de sa chaîne YouTube, Rouslan Chaveddinov, l’assistant d’Alexeï Navalny, Artem Ionov, et l’attaché de presse du syndicat indépendant Alliance des médecins, Ivan Konovalov.

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