Jonathan David Muir Burgos est un adolescent cubain de 16 ans originaire de Morón, dans la province de Ciego de Ávila. Il a été arrêté le 16 mars 2026 après que lui et son père, le pasteur évangélique Elier Muir, se sont présentés à une convocation de la police, à la suite de manifestations ayant eu lieu à Morón le 13 mars 2026. Ces manifestations se sont tenues dans un contexte de coupures d’électricité prolongées, de pénuries alimentaires, de détérioration des services de base et de mécontentement social croissant à Cuba.
Jonathan David Muir Burgos aurait été accusé de « sabotage », l’une des infractions les plus graves du droit pénal cubain. Selon les médias et les déclarations d’organisations de défense des droits humains, il aurait été transféré à Canaleta, une prison pour adultes située dans la ville de Ciego de Ávila. Sa famille a déclaré publiquement qu’il était détenu dans des conditions qui nuisent à sa santé physique et psychologique.
Jonathan souffrirait de dyshidrose, une affection cutanée chronique pouvant rendre la peau très sèche, entraînant des gerçures et des douleurs, et sa famille a déclaré que son état s’était aggravé en détention en raison du manque de soins médicaux adéquats. Des informations récemment rendues publiques indiquent par ailleurs que ses parents l’ont trouvé affaibli et en détresse émotionnelle lors d’une visite à la prison, et que la famille craint pour sa sécurité à l’intérieur de l’établissement.
En vertu du droit international relatif aux droits humains, la privation de liberté ne doit être utilisée qu’en dernier recours contre les mineur·e·s, et pour la durée la plus courte possible. Les mineur·e·s privés de liberté doivent être traités avec humanité et d’une manière qui tienne compte de leur âge et de leurs besoins. Ils doivent être séparés des adultes, à moins que l’on estime préférable de ne pas le faire dans l’intérêt supérieur de l’enfant, et ils doivent bénéficier d’un accès rapide à une assistance juridique, à des contacts avec leur famille et à des soins médicaux appropriés.
Sa détention a suscité l’inquiétude du public car elle semble s’inscrire dans une tendance plus large à Cuba consistant à criminaliser la protestation et l’opposition, notamment en retenant des chefs d’accusation graves contre des personnes accusées d’avoir participé à des manifestations.
Amnesty International a fait état à de nombreuses reprises du recours des autorités cubaines à la détention arbitraire, au harcèlement, à des poursuites pénales et à des peines de prison contre des personnes ayant exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.
L’organisation appelle les autorités cubaines à libérer immédiatement toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits humains. Dans le cas de Jonathan David Muir Burgos, les autorités doivent agir de toute urgence pour protéger la vie, la santé, la sécurité et l’intégrité d’un enfant, et veiller à ce que toute procédure soit pleinement conforme aux normes internationales en matière de justice pour mineurs et d’équité des procès.