En 2025, le président des États-Unis, Donald Trump, a lancé une campagne d’expulsions massives visant des millions de migrant·e·s et de personnes en quête de sécurité. C’est dans ce contexte que huit hommes – dont un seul était sud-soudanais – ont été expulsés vers le Soudan du Sud après une bataille juridique qui a duré plusieurs semaines. Deux de ces huit hommes ont depuis lors été libérés, tandis que Jesús Munoz-Gutierrez a été renvoyé au Mexique.
Le gouvernement américain est tenu, en vertu du droit international, de veiller à ce que ses politiques migratoires n’occasionnent pas de violations des droits humains et n’augmentent pas le risque que des personnes en subissent. Les États-Unis ont le droit de réguler l’immigration, mais doivent le faire dans le respect de leurs obligations internationales en matière de droits humains.
Dans une note diplomatique entre les États-Unis et le Soudan du Sud, signée le 10 mai 2025, les autorités sud-soudanaises se sont engagées à « traiter les personnes dans le respect des obligations internationales du pays en matière de droits humains ».
Dans une note verbale datée du 12 mai 2025, le gouvernement sud-soudanais a demandé aux États-Unis de lever les sanctions imposées notamment au premier vice-président de l’époque, Benjamin Bol Mel, de supprimer les restrictions de visa concernant les ressortissant·e·s du Soudan du Sud, de réactiver un compte bancaire à la Réserve fédérale de New York et de soutenir les poursuites engagées par l’État contre le premier vice-président et chef de l’opposition, Riek Machar, qui est toujours assigné à résidence.
En septembre 2025, un média a affirmé que les autorités sud-soudanaises niaient l’existence du moindre accord avec les États-Unis concernant l’accueil de ressortissant·e·s de pays tiers.
Au Soudan du Sud, l’espace civique permettant la participation à la vie publique continue d’être menacé et la participation à des activités citoyennes légitimes a donné lieu à des arrestations arbitraires, des détentions prolongées, des actes de torture et d’autres mauvais traitements, et des exécutions extrajudiciaires.
Les acteurs de la sécurité et les autorités, en particulier le Service national de la sûreté (NSS), harcèlent et ciblent systématiquement les membres de la société civile et les personnes qui critiquent le gouvernement.
Alors même que le NSS continue de commettre des violations des droits humains, en août 2024, le président Salva Kiir a promulgué une loi maintenant les pouvoirs excessifs et contraires à la Constitution de cet organe en matière d’arrestations et de détentions.
L’article 159 de la Constitution de transition du Soudan du Sud, adoptée en 2011, confie au NSS des missions classiques de renseignement, notamment « collecter des informations, les analyser et conseiller les autorités compétentes ».
Tout au long du conflit ayant éclaté au Soudan du Sud le 15 décembre 2013, le NSS est devenu de plus en plus puissant, agissant comme une force de police de facto au service des élites au pouvoir. Des centaines de personnes, pour la plupart des hommes, sont détenues sous son autorité et celle de la Direction du renseignement militaire dans divers centres de détention à travers le pays.
Amnesty International a recensé des cas de torture et d’autres mauvais traitements dans au moins trois des principaux centres de détention de la capitale, Djouba. L’organisation a également recueilli des informations concernant des personnes détenues et menacées par le NSS pour avoir exprimé librement leur opinion critique à l’égard du gouvernement ou parce qu’elles étaient considérées comme agissant contre les intérêts des élites.
Les proches de personnes détenues peuvent devenir des cibles et risquer d’être surveillées, voire placées en détention, si le NSS désapprouve leurs propos ou leur comportement.