Daria Eguereva a été arrêtée à Moscou le 17 décembre 2025 après son retour de la 30e conférence des parties sur le climat (COP30) qui s’était tenue à Belém, au Brésil. Les autorités russes l’ont inculpée au titre de l’article 205.5, partie 2 du Code pénal russe (« participation aux activités d’une association terroriste »), infraction passible de 10 à 20 ans d’emprisonnement.
Ces accusations sont liées à sa participation présumée au Forum aborigène, un réseau informel d’expert·e·s, de dirigeant·e·s et de militant·e·s qui analyse les lois et défend les droits, les intérêts et les cultures des peuples autochtones. En 2024, la Cour suprême de Russie a désigné comme « terroristes » 172 organisations liées à des minorités ethniques ou des peuples autochtones, dont le Forum aborigène. Daria Eguereva représentait le Centre de soutien aux peuples autochtones du Nord, organisation membre du Forum aborigène.
Au moment de son arrestation, des perquisitions ont été menées chez au moins 17 autres militant·e·s autochtones et défenseur·e·s des droits humains, marquant une répression plus large des membres autochtones de la société civile. Le 12 mars, le tribunal de l’arrondissement de Basmanni, à Moscou, a tenu une audience consacrée à la prolongation de sa détention provisoire. À la demande du parquet, le juge a prolongé sa détention de trois mois supplémentaires. L’audience était publique et des diplomates de plusieurs ambassades, ainsi que le mari et les enfants de Daria Eguereva, y ont assisté.
Daria Eguereva est une défenseure russe des droits des peuples autochtones et une représentante du peuple selkoupe, l’un des petits groupes de population autochtone de la Sibérie occidentale. Les Selkoupes sont un peuple autochtone du Nord de la Russie, dont la population s’élève à environ 3 500 personnes. Ils vivent principalement dans le district autonome de Iamalo-Nénétsie (Iamalie) et la région de Tioumen, ainsi que dans l’oblast de Tomsk et le kraï de Krasnoïarsk.
Daria Eguereva est également une défenseure des droits humains et militante pour le climat bien connue, engagée de longue date dans la défense internationale des populations autochtones. Elle est coprésidente du Forum international des peuples autochtones sur le changement climatique (IIPFCC) et largement reconnue pour son rôle dans la promotion des droits des peuples autochtones à l’échelle mondiale. Elle travaille sur les questions climatiques, les cultures et langues autochtones et les droits des femmes. Elle est en outre membre du Centre de soutien aux peuples autochtones du Nord (CSPIN) depuis longtemps.