Zhengis Reskhan (杰恩斯·热斯汉), né le 18 juin 1968, est un éminent écrivain kazakh, originaire du canton autonome kazakh de Barkol, dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang. Dans cette région, qui figure parmi les plus multiethniques de Chine, environ la moitié de la population est issue de groupes ethniques majoritairement musulmans, notamment les Ouïghour·e·s et les Kazakh·e·s.
Membre de l’Association des écrivains de Chine et de l’Association des écrivains du Xinjiang, Zhengis Reskhan a précédemment occupé le poste de président de l’Association régionale des écrivains de Hami. Il a publié treize ouvrages littéraires, principalement dans les domaines de la littérature jeunesse et de l’humour, dont plusieurs ont été officiellement traduits du kazakh vers le chinois.
Le passeport de Zhengis Reskhan aurait été confisqué par les autorités pendant près d’une décennie avant sa détention. Il aurait également été soumis à des restrictions supplémentaires concernant ses déplacements et ses activités en ligne.
À partir du 28 décembre 2025, Zhengis Reskhan a été convoqué à plusieurs reprises par la police afin de subir un interrogatoire, et a été détenu pour des périodes allant d’un jour à une semaine avant d’être remis en liberté. Le 19 mars 2026, il a de nouveau été emmené. Depuis lors, selon son fils, la famille n’a reçu aucune notification des autorités concernant sa détention ou son statut juridique, ni aucun document juridique quel qu’il soit.
La famille a reçu des informations non officielles indiquant qu’il est détenu à la prison de Hami, dans la région ouïghoure, mais les autorités n’ont jamais officiellement confirmé son lieu de détention. Le refus persistant des autorités de reconnaître officiellement son lieu de détention ou son statut juridique fait vivement craindre que sa détention ne constitue une disparition forcée au regard du droit international des droits humains.
Selon son fils, des proches vivant en Chine font l’objet d’une surveillance et d’actes d’intimidation depuis l’arrestation de Zhengis Reskhan. Il indique également avoir reçu des messages menaçants l’exhortant à cesser de s’exprimer publiquement sur cette affaire et à renoncer à essayer d’obtenir des informations sur son père.
Amnesty International a recensé des violations généralisées et systématiques des droits humains contre les Ouïghour·e·s, les Kazakh·e·s et d’autres groupes ethniques à majorité musulmane dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang. Dans son rapport de 2021 intitulé Comme si nous étions ennemis de guerre, l’organisation a conclu que les autorités chinoises avaient soumis environ un million de personnes à des détentions arbitraires, à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements, à un endoctrinement politique et à des persécutions fondées sur l’origine ethnique et la religion.
Le 31 août 2022, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a conclu que de graves violations des droits humains avaient été commises dans le Xinjiang dans le cadre de politiques gouvernementales de lutte contre le terrorisme et de « déradicalisation », et qu’il était possible que ces violations constituent des crimes contre l’humanité.
Le 1er juillet 2026, la loi chinoise sur l’unité ethnique est entrée en vigueur.
Cette loi exige des institutions de l’État qu’elles fassent la promotion de « l’unité ethnique » et une identité nationale chinoise commune, et consacre encore davantage des politiques d’assimilation de longue date.
Elle fournit un cadre juridique supplémentaire permettant de restreindre les droits culturels, linguistiques et religieux de minorités ethniques, notamment des Ouïghour·e·s, des Kazakh·e·s et des Tibétain·e·s.
Ses dispositions générales et définies en termes vagues sont susceptibles de faciliter l’imposition de nouvelles restrictions à l’exercice pacifique des droits humains par les membres des communautés ethniques non hans, tant en Chine qu’à l’étranger.