Écrire Egypte. L’audience en appel de manifestants repoussée

L’audience en appel du chirurgien Ahmed Mohamed Said et de quatre autres militants a été repoussée au 13 janvier prochain. Ces personnes ont été condamnées en décembre dernier à deux ans d’emprisonnement pour avoir manifesté.

Les militants Ahmed Mohamed Said, Mostafa Ibrahim Mohamed Ahmed, Karim Khaled Fathy, Mohamed Abdel Hamid et Gamila Seryel Dain comparaîtront en appel le 13 janvier 2016, date fixée le 30 décembre dernier par la cour d’appel d’Abdeen. Leur avocat a demandé plus de temps au tribunal afin de préparer la défense.

Ahmed Mohamed Said est actuellement détenu à la prison de sécurité maximale « Scorpion » dans le complexe pénitentiaire de Tora, au sud du Caire. Ses proches ont indiqué qu’il se trouvait dans une cellule surpeuplée et qu’il dormait à même le sol en béton, sans couverture ni vêtements chauds alors qu’il s’agit en ce moment de la période la plus froide en Égypte.
Ils ont confié à Amnesty International qu’il avait été transféré vers la prison de Tora après qu’ils ont déposé, le 29 décembre dernier, une plainte à son sujet auprès du procureur du district du Caire-Sud. Le ministère public doit encore enquêter sur les actes de torture que des agents des forces de sécurité auraient infligés à cet homme.
Ahmed Mohamed Said a mis un terme à sa grève de la faim mais d’après sa famille, il a perdu environ huit kilos depuis le début de sa détention.
Gamila Seryel Dain a été transférée vers la prison pour femmes de Qanater le 31 décembre dernier, comme l’ont confié ses proches à Amnesty International. Elle n’aurait reçu aucun vêtement chaud et serait très malheureuse séparée de ses deux enfants. Cette femme doit être jugée dans une autre affaire pour « manifestation sans autorisation », accusation forgée de toutes pièces.

Le 19 novembre 2015, un petit groupe de personnes s’est brièvement réuni sur le pont du 6 octobre au Caire pour rendre hommage à ceux qui ont été tués par les forces de sécurité en novembre 2011, lors des violents affrontements qui ont éclaté entre ces dernières et les manifestants dans la rue voisine Mohamed Mahmoud. Ce rassemblement, auquel a participé une trentaine de personnes, a commencé à 14 heures et n’a duré qu’un peu plus de cinq minutes.
Après quoi, les forces de sécurité ont appréhendé plusieurs personnes, notamment Ahmed Mohamed Said, Mostafa Ibrahim Mohamed Ahmed, Karim Khaled Fathy et Mohamed Abdel Hamid. Gamila Seryel Dain a été arrêtée le 22 novembre alors qu’elle apportait de quoi manger aux détenus, a indiqué sa famille à Amnesty International.
Ahmed Mohamed Said a soigné des manifestants blessés lors des événements de 2011. Après le rassemblement du 19 novembre dernier, il s’est rendu dans le quartier d’Abdeen au Caire pour retrouver son ami Mostafa Ibrahim Mohamed Ahmed dans un café. Alors qu’ils s’apprêtaient à partir, des policiers se sont approchés d’eux et leur ont demandé leurs cartes d’identité. Ahmed Mohamed Said n’avait pas la sienne avec lui et tous deux ont été conduits au poste de police le plus proche pour y être interrogés.
Le téléphone portable d’Ahmed Mohamed Said a été éteint avant 16 heures le même jour. Les familles et les avocats des deux hommes les ont cherchés dans plusieurs commissariats, dont celui d’Abdeen, mais les policiers ont nié leur présence. Ce n’est que le lendemain, vers 4 heures du matin, que le nom d’Ahmed Mohamed Said a été ajouté à la liste des détenus d’Abdeen et que l’incarcération de cet homme ainsi que de Mostafa Ibrahim Mohamed Ahmed, Karim Khaled Fathy et Mohamed Abdel Hamid a été annoncée à leur entourage.
Les proches d’Ahmed Mohamed Said affirment que des agents des forces de sécurité l’ont torturé pendant son interrogatoire, le jour même de son arrestation, au poste de police d’Abdeen. Les menottes au poignet et les yeux bandés, cet homme a reçu des coups et des décharges électriques, et s’est vu infliger des brûlures de cigarette à la main. La famille de Mostafa Ibrahim Mohamed Ahmed a indiqué qu’il avait lui aussi été brûlé à la main avec des cigarettes, ce qu’il l’a poussé à entamer une grève de la faim. Le 20 novembre, Ahmed Mohamed Said a formulé des allégations de torture devant un procureur, qui a refusé d’enregistrer sa plainte.
Les quatre hommes et Gamila Seryel Dain ont comparu devant le tribunal correctionnel d’Abdeen le 13 décembre dernier pour répondre de plusieurs accusations, notamment « rassemblement sans autorisation » et « blocage routier et perturbation du trafic ». Le ministère public les a inculpés d’infraction à la Loi de 2013 relative aux manifestations et à la Loi de 2014 relative aux rassemblements. Tous ont été condamnés à deux ans d’emprisonnement. Les avocats de la défense ont indiqué que le ministère public n’avait fourni aucun élément concret – comme des photos ou des vidéos – pour étayer ces accusations et que cette affaire reposait uniquement sur le rapport d’un agent de la Sûreté nationale, qui a affirmé que les intéressés avaient pris part à une manifestation dans le centre du Caire, au carrefour des rues Mohamed Mahmoud et Mohamed Farid, qui avait bloqué la circulation et menacé la sécurité des citoyens. Néanmoins, ils ont obtenu une communication du ministère des Transports, selon laquelle ce dernier n’avait reçu aucune information concernant une manifestation ou une perturbation de la circulation dans cette zone.
Le 14 décembre, Ahmed Mohamed Said, Mostafa Ibrahim Mohamed Ahmed, Karim Khaled Fathy et Mohamed Abdel Hamid ont été conduits à la prison du 15 mai, toujours au Caire. Là, ils se sont vu ordonner de signer un document selon lequel ils affirmaient n’avoir reçu aucun mauvais traitement et avoir mis un terme à leur grève de la faim, pensant visiblement que cela entraînerait leur retour au poste de police d’Abdeen.
D’autres personnes arrêtées après le rassemblement du 19 novembre, dont Gamila Seryel Dain, sont actuellement jugées devant le tribunal correctionnel de Qasr el Nil. Leur prochaine audience est prévue pour le 2 février.
Noms : Ahmed Mohamed Said (h), Mostafa Ibrahim Mohamed Ahmed (h), Karim Khaled Fathy (h), Mohamed Abdel Hamid (h) et Gamila Seryel Dain (f)
Hommes et femmes

Action terminée

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