Hassan El Sayed, citoyen égyptien âgé de 60 ans, réside au Danemark. Il vit dans ce pays depuis près de 40 ans ; son épouse et ses deux enfants sont citoyens danois. Avant son arrestation, il gérait des biens immobiliers à Copenhague. Encore avant, il a travaillé pendant près de 20 ans pour la bibliothèque de Nørrebro, une des bibliothèques publiques de Copenhague. Au moment de son arrestation le 20 décembre 2025, il était en voyage en Égypte, où il s’était rendu librement.
Selon ses proches, Hassan El Sayed joue dans des films pour le plaisir et non comme métier. Il a incarné de petits rôles dans des films danois, ainsi que dans La Conspiration du Caire, du même réalisateur que Les Aigles de la République. Ce dernier film est un thriller politique et une satire de la propagande d’État qui expose les pratiques autoritaires en Égypte, notamment le rôle de l’armée. Aucune des œuvres de la trilogie du Caire de Tarik Saleh (Le Caire confidentiel, La Conspiration du Caire et Les Aigles de la République) n’a été diffusée en Égypte.
À la connaissance d’Amnesty International, il n’y a pas eu de déclaration officielle confirmant la censure de ces films, mais des informations parues dans les médias indiquent qu’ils n’ont pas obtenu d’autorisation de projection en Égypte. Dans la pratique, l’Autorité générale pour la censure des œuvres d’art, qui dépend du ministère de la Culture, n’autorise pas la projection des films politiquement sensibles.
D’après la famille de Hassan El Sayed, il n’a jamais milité politiquement ou d’une autre manière. Elle souligne que, lorsqu’il a accepté de jouer dans Les Aigles de la République, il n’avait pas eu accès à l’ensemble du scénario ni à un aperçu général de l’intrigue. Sa participation s’est limitée strictement aux répliques qui lui ont été attribuées pour la brève scène dans laquelle il apparaît.
Hassan El Sayed est actuellement incarcéré à la prison du Dixième jour de ramadan. Amnesty International a précédemment fait état des conditions cruelles et inhumaines qui prévalent dans cette prison (en particulier son aile n° 6). Selon des avocats et des proches de prisonniers, tous les détenus sont privés de lumière du jour car ils ne sont autorisés à faire de l’exercice quotidien qu’à l’intérieur. À la suite d’un travail de recherche effectué dans 16 prisons en Égypte, Amnesty International a déjà établi que les autorités pénitentiaires égyptiennes soumettaient des personnes incarcérées pour délit d’opinion et pour des motifs politiques, par leurs conditions de détention, à la torture et à d’autres traitements ou sanctions cruels, inhumains ou dégradants et qu’elles les privaient délibérément de soins médicaux pour les punir de leur dissidence.
Les autorités égyptiennes ont démontré leur intolérance persistante pour la dissidence, qu’elle soit réelle ou perçue, en attaquant les journalistes, militant·e·s, avocat·e·s, responsables politiques d’opposition et autres personnes qui critiquent les politiques gouvernementales ou dénoncent les multiples violations des droits humains. Amnesty International a publié des informations sur les vagues d’arrestations à répétition et les nombreuses personnes poursuivies uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.
Les personnes détenues dans des affaires politiques sont fréquemment soumises à des détentions arbitraires prolongées, notamment sous la forme de placements en détention provisoire renouvelés automatiquement par des procureurs et des juges sans véritable contrôle judiciaire.
Amnesty International a également relevé à plusieurs reprises que les droits constitutifs du droit à un procès équitable étaient systématiquement bafoués en Égypte, en particulier dans les affaires à caractère politique, notamment le droit à l’assistance d’un avocat de son choix pendant l’interrogatoire initial par la police, le droit à une défense adéquate, le droit de ne pas témoigner contre soi-même, le droit à la présomption d’innocence, le droit d’être jugé par un tribunal compétent, impartial et indépendant lors d’un procès équitable et public, et le droit d’être protégé de la torture et des autres mauvais traitements.