Écrire L’éminent syndicaliste étudiant doit être libéré

Après avoir passé presque huit mois dans la clandestinité, l’éminent syndicaliste étudiant, Kyaw Ko Ko, a été arrêté pour son rôle dans l’organisation de manifestations étudiantes au Myanmar. Il s’agit d’un prisonnier d’opinion, qui doit être libéré immédiatement et sans condition.
Le 29 octobre, Kyaw Ko Ko, 34 ans, syndicaliste étudiant de renom et président de la Fédération des syndicats étudiants de Birmanie (ABFSU), a été arrêté par des policiers en civil dans la municipalité de Thingangyun, à Yangon, la plus grande ville du Myanmar. Il vivait dans la clandestinité avant d’être arrêté. Il a passé la nuit en détention au centre d’interrogatoire du département des renseignements spéciaux du Myanmar, également connu sous le nom d’Aung Tha Pyay. Il a été arrêté en raison d’une manifestation pacifique qu’il a organisée le 10 mars 2015 à Yangon pour protester contre la dispersion violente du défilé étudiant qui a eu lieu le même jour à Letpadan, dans la région de Bago. Après la manifestation du 10 mars, la police a émis un mandat d’arrêt contre lui en raison de son rôle dans l’organisation de la manifestation et il est alors entré dans la clandestinité.
Le 30 octobre, il a été déferré devant le tribunal du district de Kamayut, à Yangon, et a par la suite été transféré à la prison d’Insein où il est actuellement détenu. Il a été inculpé pour participation à un rassemblement illégal (article 143 du Code pénal), poursuite d’un rassemblement illégal en sachant qu’il a été dispersé (article 145), « émeutes » (article 147) et incitation à commettre des infractions visant l’État ou la tranquillité publique [article 505(b)]. Il encourt jusqu’à six ans et six mois d’emprisonnement.

Kyaw Ko Ko pourrait faire l’objet de chefs d’inculpation supplémentaires, mais ceux-ci n’ont pas encore été confirmés. Sa prochaine audience devant le tribunal aura lieu le 5 novembre. Au 30 octobre, il n’avait pas été autorisé à contacter son avocat ou sa famille.

L’ami de Kyaw Ko Ko qui devait le rencontrer le 29 octobre au moment de son arrestation a, lui aussi, été brièvement placé en détention par les renseignements spéciaux du Myanmar pour être interrogé le 30 octobre. Il a été libéré le soir même.

Kyaw Ko Ko et d’autres membres de l’ABFSU sont les instigateurs de manifestations étudiantes depuis la fin de l’année 2014, lorsque la Loi relative à l’éducation nationale a été adoptée le 30 septembre 2014. Ils estiment que ce texte limite les libertés académiques et réclament sa modification. Un défilé étudiant national a été empêché et dispersé par la force par la police du Myanmar le 10 mars à Letpadan, dans la région de Bago. Plus de 100 étudiants ont été arrêtés ce jour-là. Certains ont été libérés sous caution depuis lors, mais plus de cinquante sont toujours détenus à la prison de Tharawaddy, dans la région de Bago.

Kyaw Ko Ko doit maintenant être jugé dans le cadre de la même affaire que le prisonnier d’opinion Nandar Sitt Aung, un autre dirigeant étudiant de l’ABFSU. Voir : https://www.amnesty.org/fr/documents/asa16/2484/2015/fr/
Kyaw Ko Ko avait déjà été arrêté en 2008 en raison de sa participation à la « révolution de safran ». Il avait été libéré en janvier 2012 à la faveur d’une grâce présidentielle.

Les autorités du Myanmar continuent d’arrêter et d’emprisonner des militants et des défenseurs des droits humains exerçant simplement sans violence leur droit à la liberté d’expression, garantie par l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH). Amnesty International est préoccupée par diverses lois du Myanmar qui restreignent les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.

En octobre, Amnesty International a publié un rapport qui dévoile que les autorités du Myanmar ont intensifié la répression depuis deux ans, notamment en restreignant la liberté d’expression à l’approche des élections générales prévues le 8 novembre. Voir : https://www.amnesty.org/fr/documents/asa16/2457/2015/fr/
Amnesty International continue de recevoir des informations faisant état de mauvaises conditions de détention au Myanmar, qui ne sont pas conformes à celles définies dans l’Ensemble de règles minima des Nations unies pour le traitement des détenus. Les détenus ne bénéficient pas toujours de soins médicaux appropriés, d’eau potable, d’une alimentation nutritive ni d’eau pour se laver, ce qui suscite des inquiétudes.

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