Il y a trois décennies, Tony Carruthers a été reconnu coupable de trois chefs d’accusation de meurtre au premier degré et condamné à mort sur la base de preuves indirectes. Il n’existait aucun témoin oculaire ni autre preuve directe de son implication dans le crime. Trois hommes ont été inculpés dans cette affaire. L’un d’entre eux, qui avait conduit la police jusqu’aux dépouilles des victimes, n’a jamais été jugé car il s’est pendu dans sa cellule avant le procès. Lors de son procès, Tony Carruthers a été contraint par le juge à assurer sa défense lui-même, en violation du droit international, ce qui lui a gravement porté préjudice.
Le fait que Tony Carruthers assure lui-même sa défense a été jugé tellement préjudiciable pour son coaccusé – jugé et condamné à mort en même temps que lui – qu’un nouveau procès lui a été accordé. Autorisé à plaider coupable pour des chefs d’accusation moins graves, celui-ci a été condamné à une peine moins lourde et libéré après l’avoir purgée.
À l’approche de la date d’exécution de Tony Carruthers, les tentatives visant à faire valoir différents arguments devant les tribunaux pour l’empêcher ont été rejetées. Ces recours concernaient notamment les efforts fournis depuis longtemps par ses avocats pour obtenir des analyses ADN sur des pièces à conviction, qui auraient permis d’innocenter leur client selon eux. Ils ont également tenté d’obtenir un sursis en invoquant la maladie mentale de Tony Carruthers, atteint d’un trouble schizoaffectif qui l’empêchait d’avoir une compréhension rationnelle de son exécution imminente.
Le 19 mai 2026, alors que les recours se poursuivaient, le gouverneur du Tennessee, Bill Lee, a diffusé un communiqué dans lequel il a déclaré : « Après avoir mûrement réfléchi au sujet du recours en grâce formulé par Tony Von Carruthers, et examiné le cas de manière rigoureuse, je confirme la condamnation prononcée par l’État du Tennessee et ne prévois pas d’intervenir. »
Après que la Cour suprême fédérale a rejeté tous ses ultimes recours le 21 mai au matin, Tony Carruthers a été conduit dans la chambre d’exécution et attaché sur une table d’injection létale. Cependant, l’exécution n’a finalement pas eu lieu et l’administration pénitentiaire du Tennessee (TDOC) a publié une déclaration écrite : « Le personnel médical a rapidement posé une première perfusion intraveineuse, mais n’a pas pu poser une seconde perfusion, comme l’exige le protocole d’exécution par injection létale.
L’équipe a continué de suivre le protocole, mais n’a pas trouvé d’autre veine utilisable. Elle a tenté de poser un cathéter veineux central conformément au protocole, mais cette procédure a échoué. L’exécution a alors été annulée. »
Selon le protocole d’exécution du Tennessee, la presse n’est pas autorisée à assister à la préparation de l’injection létale tant que les deux voies intraveineuses n’ont pas été posées. Les stores entre la chambre d’exécution et la salle des témoins restent fermés jusqu’au départ de l’équipe chargée de poser les perfusions. Dans le cas présent, les journalistes ont attendu dans la salle des témoins pendant plus d’une heure, mais les stores ne se sont jamais levés. L’une des avocates de Tony Carruthers était dans la chambre d’exécution.
Son équipe a par la suite publié un communiqué de presse décrivant ce qu’elle avait vu : « L’administration pénitentiaire du Tennessee (TDOC) a tenté pendant plus d’une heure de poser une perfusion intraveineuse. Elle a regardé le personnel piquer M. Carruthers plus d’une douzaine de fois, dans les bras, les mains, les jambes et les pieds. Les journalistes pouvaient entendre M. Carruthers gémir depuis la salle des témoins où ils attendaient.
Après une heure et demie de torture, M. Carruthers a été autorisé à retourner traumatisé physiquement et psychologiquement dans sa cellule, où le TDOC lui a simplement donné de l’ibuprofène. »
Le gouverneur a annoncé avoir accordé à Tony Carruthers « un sursis temporaire d’un an pour son exécution ». Sa décision indique : « Ce sursis restera en vigueur jusqu’au 21 mai 2027 ». Les avocats de Tony Carruthers ont salué la décision du gouverneur et demandé qu’une enquête soit menée sur les pratiques de la TDOC en matière d’exécutions.
Depuis que la Cour suprême fédérale a approuvé les lois révisées relatives à la peine capitale en 1976, 1 668 personnes ont été exécutées aux États-Unis. Quatorze exécutions ont eu lieu dans le pays en 2026 jusqu’à présent.
Amnesty International s’oppose catégoriquement à la peine de mort, en toutes circonstances.