Écrire Une explosion de gaz fait un blessé, le danger demeure

Les habitant·e·s de Bille, une ville du delta du Niger, sont exposés à des risques d’explosions de gaz en raison de l’aggravation des fuites de méthane qui touchent la ville depuis octobre 2025.

Du gaz provenant d’une source non identifiée se propage par les puits d’eau potable, les fissures dans le sol et les étendues d’eau des environs, mettant gravement en danger la vie et la santé de la population.

Plusieurs informations ont confirmé qu’un habitant de la ville avait été gravement blessé dans une explosion de gaz le 3 septembre 2026.

L’Agence nationale de détection et d’intervention en cas de marée noire doit immédiatement prendre des mesures pour identifier et arrêter les fuites de gaz.

Bille est une ville côtière située sur une île à l’embouchure du delta du Niger, et n’est accessible que par bateau. La pêche est l’une des principales industries locales.

Comme de nombreuses autres localités du delta du Niger, Bille accueille également des infrastructures liées aux industries pétrolière et gazière. Cela inclut deux gisements de pétrole, des oléoducs et gazoducs, ainsi que deux stations de traitement. La cause de la fuite de gaz n’est pas connue, mais des recherches effectuées sur des fuites de méthane dans d’autres régions du monde ont établi un lien entre celles-ci et des gisements de pétrole et de gaz dont la mise hors service a été effectuée de manière inadéquate.

Le gouvernement nigérian est tenu de protéger les habitant·e·s de Bille contre des fuites de méthane potentiellement mortelles, y compris si elles sont causées ou favorisées par des acteurs privés, tels que les compagnies pétrolières.

Dans son rapport publié en 2023 sous le titre Nigeria : Tainted Sale, Amnesty International mettait en évidence des motifs de préoccupation concernant le mauvais état de certaines infrastructures des compagnies pétrolières, ainsi que les éventuelles répercussions sur tout un éventail de droits, notamment le droit à la santé et le droit à un environnement sûr, propre, sain et durable.

Dans son rapport de 2026 intitulé Nigeria : Lifting the Lid, Amnesty International révélait que des documents internes de Shell mettaient en lumière la négligence de l’entreprise dans ses opérations pétrolières dans le delta du Niger.

Certains documents confirmaient notamment que les oléoducs de Shell étaient vétustes et n’étaient pas entretenus conformément aux lignes directrices de sécurité de l’entreprise et que Shell imputait la majeure partie des problèmes de pollution liés à ses activités aux détournements illégaux de ses oléoducs par des bandes criminelles, mais qu’au lieu de réparer les oléoducs détournés, des responsables de Shell avaient autorisé les détournements à se poursuivre pour limiter au maximum les interruptions des flux pétroliers, ce qui a entraîné des accusations de « complicité » dans les vols de pétrole. Les documents révélaient également que la société mère de Shell, Royal Dutch Shell (RDS), aujourd’hui nommée Shell Plc, était directement impliquée dans la prise de décisions concernant sa filiale nigériane Shell Petroleum Development Company (SPDC), contrairement aux allégations de l’entreprise selon lesquelles SPDC avait agi en toute autonomie.

Cela fait plus de 10 ans qu’Amnesty International soutient les habitant·e·s de Bille et d’une autre communauté, Ogale, depuis que leurs moyens de subsistance ont été détruits et leurs logements endommagés par des centaines de déversements d’hydrocarbures. La pollution a causé des dégâts immenses sur l’environnement local, tuant poissons et végétaux, et a privé des milliers de personnes d’accès à l’eau potable. Ces communautés ont porté leur plainte devant les tribunaux britanniques contre la compagnie pétrolière Shell Plc. L’entreprise a nié ces allégations. Un procès dans le cadre de cette affaire doit débuter en mai 2027.

La situation à Bille est révélatrice d’un plus vaste éventail de problèmes auxquels fait face l’une des plus importantes régions d’exploitation pétrolière d’Afrique. Les dizaines d’années de pollution pétrolière, la négligence des entreprises pétrolières dans leurs activités et les contrôles insuffisants des agences de l’État ont créé une catastrophe environnementale.

Ces dernières années, les principales entreprises pétrolières, dont Shell, qui a vendu sa filiale nigériane SPDC en mars 2025 à Renaissance, ont cessé leurs activités dans le delta du Niger, laissant à d’autres la charge nettoyer les dommages environnementaux. Selon les documents de Shell elle-même, les coûts de démantèlement sont estimés à 10,9 milliards de dollars des États-Unis et 375 km² de mangrove ont été endommagés par la pollution.

En tant que gaz à effet de serre, le méthane (un gaz fossile) contribue au réchauffement climatique. Il est responsable d’environ 25 % du réchauffement actuel dû aux émissions mondiales. Aussi le gouvernement nigérian devrait-il également s’engager à mettre en place des stratégies nationales visant à sortir des énergies fossiles, conformément à ses obligations internationales (telles que prévues par l’Accord de Paris).

J'agis

PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-DESSOUS

Monsieur,

Je vous écris pour demander que l’Agence nationale de détection et d’intervention en cas de marée noire (NOSDRA) prenne de toute urgence des mesures pour identifier et traiter la source des nombreuses fuites de gaz constatées dans les rivières, les marais et les puits d’eau potable dans la ville de Bille et ses environs, dans le delta du Niger. Les fuites de méthane ont été découvertes il y a maintenant 11 mois et la NOSDRA n’a toujours pas résolu le problème.

Le 3 septembre 2026, une explosion de gaz a eu lieu dans un logement du quartier d’Opu Ibiila, brisant les fenêtres et brûlant gravement un habitant, qui a eu besoin de soins médicaux immédiats. Ces événements s’inscrivent dans le sillage de ceux de mai 2026, lorsqu’un incendie s’était déclaré sur une pompe à eau et avait endommagé une habitation à proximité. Amnesty International craint que de nouveaux accidents se produisent si aucune mesure n’est prise immédiatement.

En tant qu’agence du gouvernement chargée de répondre aux fuites de pétrole et de gaz, la NOSDRA a la responsabilité d’identifier la source des fuites de gaz de toute urgence, afin qu’elles puissent être arrêtées et que la santé et les droits humains de la population de Bille soient protégés. La NOSDRA doit veiller à ce que les entreprises qui exploitent les infrastructures de Bille contribuent à régler ce problème.

La NOSDRA doit publier les résultats de l’étude sur les analyses des niveaux de contamination de l’eau et des sols qu’elle a commandée en décembre 2025, car, à ce jour, seuls les rapports sur la qualité de l’air ont été mis à la disposition des habitant·e·s. La NOSDRA doit également publier de nouvelles enquêtes mensuelles pour informer la population des niveaux actuels de contamination au gaz. Les réserves d’eau potable ne sont toujours pas suffisantes pour répondre aux besoins de consommation et d’hygiène de tous les habitant·e·s de la ville. L’école de la ville a également dû être déplacée et est maintenant de nouveau exposée à des fuites de gaz sur le nouveau site.

Je vous demande d’user de votre autorité pour déployer toutes les ressources disponibles de la NOSDRA en vue d’identifier la cause des fuites de gaz à Bille et d’y remédier avant qu’un autre grave accident se produise. La NOSDRA doit mettre à la disposition des habitant·e·s toutes les informations sur la pollution environnementale et fournir de l’eau potable et des soins de santé à toutes les personnes résidant dans la ville.

Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma haute considération.

LANGUES À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : anglais
Vous pouvez également écrire dans votre propre langue.


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