Écrire Il faut enquêter sur les menaces visant le CREDHOS

Pour agir, copiez-collez le modèle de lettre ci dessous dans le cadre bleu et envoyez le par email à la Procureure générale, Mme Luz Adriana Camargo : direccion.derechoshumanos@fiscalia.gov.co, ainsi qu’à l’ambassade de Colombie en Belgique : ebruselas@cancilleria.gov.co.

Vous pouvez également personnaliser votre courrier avant de l’envoyer : cela augmentera la probabilité qu’il parvienne aux destinataires. Veillez à ce que votre message soit respectueux et persuasif - n’utilisez pas de langage haineux. Expliquez que vous suivrez de près cette campagne et que vous en parlerez à d’autres personnes.

Pour que nous puissions assurer un suivi des actions, merci de mettre action@amnesty.be en copie cachée (Cci) de votre email.

Le 1er juin, un tract signé par le groupe armé des Forces d’autodéfense conquérantes de la Sierra Nevada (ACSN) a été distribué publiquement. Il menaçait de mort plusieurs personnes vivant à Puerto Wilches, une municipalité du département de Santander, dans la région du Magdalena Medio, en Colombie.

Les personnes visées incluent plusieurs membres du Comité régional de défense des droits humains (CREDHOS), une ONG de défense des droits humains.

Nous demandons au parquet général de diligenter des enquêtes rigoureuses et efficaces dans les meilleurs délais sur les auteurs présumés de ces menaces, de les traduire en justice et de prévenir de nouvelles attaques visant des personnes défendant les droits humains dans le Magdalena Medio.

Le Magdalena Medio est une vaste vallée située entre les chaînes de montagnes colombiennes et traversée par le principal fleuve de Colombie, le Magdalena. Le pétrole est l’une des principales sources d’activité économique de la région, et la plus grande raffinerie du pays est située dans la ville de Barrancabermeja, dans le département de Santander, au cœur du Magdalena Medio. La région est également engagée dans l’agro-industrie, l’exploitation minière et l’élevage, entre autres activités économiques.

Du fait de son emplacement géographique et de l’abondance de ressources à la valeur élevée, telles que le pétrole et l’eau, la région est considérée comme stratégique et a fait l’objet de conflits continus entre l’État et des groupes armés présents dans le pays. Le Magdalena Medio est par ailleurs également le théâtre de processus soutenus de mobilisation populaire et de défense des droits humains depuis des décennies.

L’association de syndicats, de mouvements féministes et populaires, et de la défense des droits humains a créé des récits d’affirmation et de résistance particulièrement puissants. Cette situation, conjuguée à la lutte pour le contrôle territorial, politique et économique de la région par des groupes d’intérêt et des factions armées, a créé un terrain propice à la violence contre les défenseur·e·s des droits humains, qui perdure depuis au moins les années 1980.

Ces dernières années, des chiffres alarmants ont été enregistrés dans le Magdalena Medio en matière de violences perpétrées contre la population civile, en particulier des homicides.

Tout cela a pour toile de fond le conflit entre plusieurs groupes armés présents dans la région, allant de groupes de guérilla tels que l’Armée de libération nationale, à des groupes formés après la démobilisation des Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple (FARC-EP) en 2016 (connus désormais comme des dissidents FARC), en passant par des organisations armées créées après la démobilisation d’anciens groupes paramilitaires au milieu des années 2000, ce qui inclut l’Armée gaïtaniste de Colombie (EGC), aussi connue sous le nom d’AGC ou de Clan du Golfe ; et plus récemment, les Forces d’autodéfense conquérantes de la Sierra Nevada (ACSN), du nord de la Colombie, mais qui auraient dernièrement commencé à avancer vers le sud jusqu’au Magdalena Medio.

Le Comité régional de défense des droits humains (CREDHOS), établi dans la ville de Barrancabermeja, a été fondé en 1987 et Amnesty International effectue un suivi de sa situation depuis plusieurs années. En 2000, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a pris des mesures de précaution en faveur du CREDHOS en raison de menaces émanant de groupes paramilitaires. En 2016, l’Unité des victimes, instance du gouvernement colombien, a reconnu que le CREDHOS pouvait prétendre à des réparations collectives après avoir subi, en tant qu’organisation, de graves violations des droits fondamentaux.

Le rapport Amnesty International intitulé Hope at risk, publié en 2023, a fait état du travail accompli par le CREDHOS pour défendre les droits humanis, ainsi que des risques et menaces pesant sur cette organisation en raison de son action.

Le CREDHOS a attiré l’attention sur de récentes opérations de la police colombienne et du parquet général contre l’EGC, par exemple, la capture en septembre 2024 de « Bernabé », accusé d’être responsable du meurtre de Filadelfo Anzola, un défenseur des droits humains membre du CREDHOS. L’analyse du CREDHOS souligne cependant l’implication de membres actuels et retraités des forces militaires au sein du groupe armé EGC. Par exemple, en septembre 2024, une opération de police contre l’EGC a débouché sur l’homicide de « Zeus », retraité de l’armée de Colombie, qui jusqu’au mois d’août avait pu témoigner devant le tribunal de justice de transition (la Juridiction spéciale pour la paix - JEP) et qui avait précédemment été dénoncé par le CREDHOS en sa qualité de commandant de l’EGC dans la région du Magdalena Medio.

Un autre événement a été la capture par la police de José Alejandro Castro Cadavid, colonel à la retraite de l’armée colombienne, qui était actif au sein de celle-ci jusqu’en 2022, et est accusé par le parquet général d’être un commandant de l’EGC dans le sud du département de Bolivar, une zone qui fait partie de la région du Magdalena Medio.

Amnesty International a confirmé que les menaces et les attaques ayant visé des membres du CREDHOS en tant que collectif ont persisté ces dernières années, dans le contexte de la présence de groupes armées sur le territoire où il travaille.

Amnesty International a alerté au sujet de ce type de menaces, lançant des Actions urgentes à ce sujet depuis au moins 2015, tandis que d’autres faits inquiétants ont été signalés en 2021, 2023, 2024 et 2025, impliquant des menaces et des attaques de la part de différents groupes armés.

J'agis

PASSEZ À L’ACTION : ENVOYEZ UN APPEL EN UTILISANT VOS PROPRES MOTS OU EN VOUS INSPIRANT DU MODÈLE DE LETTRE CI-DESSOUS

Madame la Procureure générale,

Je vous écris afin de vous faire part de ma profonde inquiétude concernant les menaces pesant sur la vie, la sécurité et la sûreté de défenseur·e·s des droits humains, en particulier des membres du Comité régional de défense des droits humains (CREDHOS), une organisation de la société civile de Puerto Wilches, une municipalité du département de Santander, dans la région du Magdalena Medio, en Colombie.

Le 1er juin, un tract semble-t-il signé par le groupe armé Autodefensas Conquistadoras de la Sierra Nevada (ACSN) a été distribué publiquement, qualifiant plusieurs résident·e·s de Puerto Wilches d’« objectifs militaires » de ce groupe et leur ordonnant de quitter la municipalité dans les 48 heures. Les personnes menacées incluaient des membres de la commission municipale des droits humains du CREDHOS.

Cela s’inscrit par ailleurs dans une série de menaces et d’agressions attribuées ces derniers mois à des groupes armés dans la région du Magdalena Medio, par exemple l’Armée gaïtaniste de Colombie (EGC). Ces attaques ont pris pour cible des membres du CREDHOS et ont directement affecté leur travail de défense des droits fondamentaux de la population à travers les municipalités des départements de Santander, Bolívar et Antioquia qui font partie de la région du Magdalena Medio.

Pendant des années, Amnesty International a recueilli des informations sur le travail de défense des droits humains effectué par le CREDHOS et sur les risques encourus par ses membres. Ils continuent à être attaqués en raison de leur travail de défense des droits des communautés du Magdalena Medio, tandis que la réaction de l’État reste insuffisante.

Je vous demande instamment de faire preuve de la plus grande diligence afin d’honorer l’obligation du bureau du procureur général d’enquêter sur les menaces et les attaques visant les membres du CREDHOS, d’établir qui a ordonné et exécuté ces attaques, et de traduire les responsables présumés en justice dans le cadre de procès équitables. Des enquêtes efficaces sont essentielles afin de prévenir d’autres attaques contre celles et ceux qui défendent les droits humains dans la région du Magdalena Medio.

Je vous prie d’agréer, Madame la procureure générale, l’expression de ma haute considération.

LANGUE À PRIVILÉGIER POUR LA RÉDACTION DE VOS APPELS : Espagnol.


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