Écrire Il faut fermer définitivement « Alligator Alcatraz »

Le centre de détention des Everglades, également connu sous le nom d’« Alligator Alcatraz », a ouvert en juillet 2025 dans l’État de Floride afin de détenir des personnes migrantes et demandeuses d’asile.

Il fonctionne comme un système délibéré de déshumanisation et d’atteintes aux droits humains et les conditions y sont cruelles et dégradantes : toilettes qui débordent, maintien sous entrave, refus de soins médicaux, privation de sommeil et pratiques punitives s’apparentant à des actes de torture.

Le gouverneur de Floride a récemment annoncé son intention de le fermer, mais le gouvernement fédéral insiste pour qu’il reste ouvert.

Nous prions instamment le gouverneur de Floride Ron DeSantis de fermer « Alligator Alcatraz » sans plus attendre.

Le centre de détention des Everglades, également connu sous le nom d’« Alligator Alcatraz », a ouvert en juillet 2025 et peut accueillir environ 3 000 personnes. Il est situé dans les Everglades, un écosystème fragile et l’une des zones les plus sensibles de Floride sur le plan écologique. En mai 2026, de nouvelles informations ont annoncé la fermeture du centre en juin ou juillet de la même année, à la demande du gouverneur de Floride, Ron DeSantis. Des représentants fédéraux ont rapidement réfuté cette annonce, affirmant qu’« Alligator Alcatraz » resterait ouvert.

« Alligator Alcatraz » est le premier établissement de détention destiné aux migrants financé et géré par un État aux États-Unis. En conséquence, il n’est pas soumis à une surveillance fédérale. Et n’est pas non plus intégré dans les systèmes ou bases de données du Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE). L’absence de mécanismes d’enregistrement ou de suivi des personnes qui y sont détenues favorise la détention au secret et constitue une disparition forcée lorsque les familles se voient refuser toute possibilité de connaître le lieu de détention et de contacter leur avocat. Les détenu·e·s se heurtent à divers obstacles pour avoir accès à une représentation juridique et aux protections d’une procédure régulière.

Tandis que la Floride s’attendait à être remboursée pour les coûts induits par le centre grâce aux nouveaux fonds alloués par le Département américain de la sécurité intérieure pour la lutte contre l’immigration clandestine, l’État n’a pas été remboursé et ne le sera finalement pas. Par ailleurs, « Alligator Alcatraz » établit un dangereux précédent concernant les possibles partenariats entre les États et le gouvernement fédéral pour élargir la portée de son système de détention et d’expulsion massive. L’État de Floride a également adopté des lois qui criminalisent la migration et autorisent le profilage racial.

En décembre 2025, « Alligator Alcatraz » avait déjà absorbé plus de 310 millions d’euros dans le cadre de contrats publics et, selon les prévisions, il faudra environ 390 millions d’euros par an pour le faire fonctionner lorsqu’il sera pleinement opérationnel. Les fonds destinés à sa construction et à son fonctionnement ont été alloués par la Division de la gestion des urgences de Floride (FDEM), sur décision du gouverneur, en vertu des pouvoirs d’acquisition d’urgence habituellement réservés aux catastrophes naturelles.

Amnesty International a constaté que le gouvernement de Floride a réduit les ressources affectées à des programmes essentiels sociaux et de gestion des urgences, tout en allouant des fonds discrétionnaires de la FDEM au financement de la construction et de la gestion d’« Alligator Alcatraz ».

La détention des immigrant·e·s aux États-Unis pose depuis longtemps problème, car elle se caractérise par des abus et des conditions cruelles. Les États-Unis continuent cependant de financer l’augmentation du nombre de places de détention sans améliorer les conditions. En mai 2026, pus de 60 000 personnes étaient détenues par le Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) dans plus de 100 centres à travers les États-Unis.

Le renforcement des mesures de contrôle et de détention dans le cadre du plan de l’administration de Donald Trump, visant à expulser au moins un million de personnes hors des États-Unis en 2025, entraîne une surpopulation et une détérioration des conditions de détention. En 2026, on dénombre déjà 19 morts en détention sous la garde de l’ICE. En 2025, 31 personnes sont mortes alors qu’elles étaient détenues par l’ICE , soit le nombre le plus élevé de décès enregistrés depuis des décennies.

La détention liée à l’immigration n’est autorisée que dans des circonstances tout à fait exceptionnelles. L’exercice des libertés individuelles doit rester la condition par défaut pour tout individu. Les personnes migrantes, réfugiées et demandeuses d’asile, comme chaque personne, doivent bénéficier d’une présomption de liberté sur le plan juridique. Par conséquent, si elles font l’objet d’une privation de liberté, celle-ci doit être clairement prescrite par la loi et strictement justifiée par un objectif légitime, nécessaire, proportionné et non discriminatoire.

La détention n’est adaptée que lorsque les autorités peuvent démontrer, dans chaque cas individuel, qu’elle est nécessaire et proportionnée à l’objectif visé, qu’elle est fondée sur des motifs prévus par la loi et qu’aucune autre mesure ne serait efficace. Un nombre limité d’objectifs précis sont reconnus comme des motifs légitimes de détention au regard des normes internationales, comme confirmer l’identité d’une personne ou empêcher une personne de s’enfuir après avoir évalué de manière objective le risque de fuite.

Les États ont l’obligation de veiller à ce que les conditions de détention soient conformes au droit international et aux normes internationales en matière de droits humains, notamment à ce qu’elles soient humaines et que les droits fondamentaux des personnes détenues soient respectés. Cela comprend la protection contre la torture et les traitements cruels, inhumains ou dégradants, l’accès aux soins médicaux, la possibilité de faire de l’exercice et de communiquer avec le monde extérieur (consulats, avocats et famille).

L’ICE est censé observer des normes nationales de détention, s’appuyant sur les résultats obtenus, qui prévoient l’accès à des ressources juridiques, au téléphone, à des conditions de détention propres et sûres, à des loisirs, à des repas équilibrés sur le plan nutritionnel et à des soins médicaux. Toutefois, on ignore quelles normes, s’il y en a, sont appliquées à « Alligator Alcatraz ».

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