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Monsieur le Président,
Je vous écris afin d’exprimer ma vive inquiétude face au maintien en détention arbitraire du militant Rakotoarijaona Vonimahery (connu sous le nom de « Mahery »), et à la campagne plus large d’actes d’intimidation, de harcèlement, d’arrestations et de détentions arbitraires à laquelle sont confrontés de jeunes militant·e·s à Madagascar pour avoir seulement exercé sans violence leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.
Le 21 avril, des gendarmes, qui ont dans un premier temps dissimulé leur identité et étaient en civil, ont soumis Mahery à une arrestation arbitraire sur son lieu de travail, à Antananarivo, la capitale de Madagascar, sans présenter de mandat. Il a été placé en détention dans les locaux de la Brigade criminelle, où il a été maintenu pendant environ une semaine sans pouvoir bénéficier de l’aide d’un avocat, et a été inculpé d’« association de malfaiteurs ».
S’il est déclaré coupable, il encourt jusqu’à cinq ans de prison pour avoir simplement exercé ses droits à la liberté d’expression et d’association, en participant à des conversations avec une ancienne personnalité politique sur WhatsApp au sujet du statut de la transition politique que vous menez actuellement à Madagascar et de promesses non tenues en matière de réforme.
Le 29 avril, il a été transféré à la prison de haute sécurité de Tsiafahy, dans des conditions de grave surpopulation, afin d’y poursuivre sa détention provisoire. Son avocat n’a depuis lors pas été en mesure de continuer à le représenter parce qu’il était soumis à une surveillance constante, ce qui suscite de fortes craintes concernant le droit de Mahery à une représentation juridique.
La détention de Mahery s’inscrit dans la répression accrue menée par votre gouvernement contre les droits humains et ses attaques croissantes visant jeunes militant·e·s et membres de la société civile que l’on considère comme affiliés à l’opposition politique en amont des élections prévues pour 2027.
Quatre militant·e·s – Rija Andriamalala, Carine Rakotomanantoanina, Herizo Andriamanantena et Nomena Elia Ratsihorimanana – ont été remis en liberté fin avril, mais trois de ces quatre libérations sont conditionnelles, puisque ces trois personnes ont été placées sous contrôle judiciaire et sont tenues de se présenter régulièrement devant les autorités, ce qui restreint fortement leurs droits fondamentaux et leur militantisme, effet recherché par ces mesures de supervision.
D’autres militant·e·s vivent dans la peur constante de s’exprimer, notamment au sujet de Mahery ou d’autres militant·e·s, par crainte de faire également l’objet de représailles et de poursuites injustes.
Je vous demande instamment, ainsi qu’à votre gouvernement, de libérer immédiatement et sans condition Rakotoarijaona Vonimahery (Mahery) et toutes les autres personnes détenues de manière arbitraire ou placées sous contrôle judiciaire uniquement parce qu’elles ont exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux.
J’exhorte en outre votre gouvernement et vous-même à abandonner les charges à caractère politique visant à écarter l’opposition politique des élections devant se tenir dans le pays l’an prochain.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.
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