Écrire Il faut immédiatement libérer un jeune militant

Le 21 avril, le militant Rakotoarijaona Vonimahery (connu sous le nom de « Mahery ») a été soumis à une arrestation arbitraire par des gendarmes n’ayant pas présenté de mandat, alors qu’il se trouvait sur son lieu de travail à Antananarivo, la capitale.

Il a été placé en détention dans les locaux de la brigade criminelle, où il a passé environ une semaine sans pouvoir bénéficier de l’aide d’un avocat et a été inculpé d’« association de malfaiteurs ».

S’il est déclaré coupable, il encourt jusqu’à cinq ans de prison pour avoir exercé de manière pacifique ses droits à la liberté d’expression et d’association, en prenant part à des conversations avec une ancienne personnalité politique sur WhatsApp au sujet du statut de la transition politique actuelle à Madagascar et de promesses non tenues en matière de réforme.

Amnesty International demande aux autorités malgaches de libérer immédiatement et sans condition Mahery et tous les autres militant·e·s détenus uniquement pour avoir exercé leurs droits fondamentaux.

À Madagascar, les autorités militaires ont pris le pouvoir en octobre 2025 à la suite de manifestations menées pendant l’année par la jeunesse, qui réclamait une amélioration des services publics, notamment l’accès à l’eau et à l’électricité, ainsi qu’une gouvernance plus efficace et plus inclusive.

Le nouveau pouvoir, qui avait pourtant promis des réformes, a durci la répression sous prétexte de lutter contre la corruption et de mener une politique de tolérance zéro ; il a lancé des poursuites iniques et invoqué des chefs d’accusation vagues, tels que l’association de malfaiteurs, les menaces à la sécurité nationale et la déstabilisation, dans le but de cibler et de réduire au silence les jeunes militant·e·s, les membres de la société civile et les personnes liées au précédent régime.

Il est devenu clair en avril 2026 que les jeunes militant·e·s étaient pris pour cible, lorsque Herizo Andriamanantena, Carine Rakotomanantoanina, Rija Andriamalala et Nomena Elia Ratsihorimanana ont été arrêtés et détenus arbitrairement sur la base d’accusations vagues, tandis qu’Harnelle Rakotobe et Arimamy Todisoa risquaient de subir le même sort après avoir fait l’objet d’accusations sans fondement.

Si les quatre militant·e·s incarcérés ont plus tard été relâchés, les libérations d’Herizo Andriamanantena, Rija Andriamalala et Carine Rakotomanantoanina sont conditionnelles – tous trois ont été placés sous contrôle judiciaire (qui reste en vigueur à ce jour), et sont ainsi tenus de se présenter aux autorités tous les 15 jours pour rendre compte de leur conduite.

Harnelle Rakotobe et Arimamy Todisoa n’ont quant à eux pas fait l’objet de nouvelles menaces.

J'agis

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Monsieur le Président,

Je vous écris afin d’exprimer ma vive inquiétude face au maintien en détention arbitraire du militant Rakotoarijaona Vonimahery (connu sous le nom de « Mahery »), et à la campagne plus large d’actes d’intimidation, de harcèlement, d’arrestations et de détentions arbitraires à laquelle sont confrontés de jeunes militant·e·s à Madagascar pour avoir seulement exercé sans violence leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique.

Le 21 avril, des gendarmes, qui ont dans un premier temps dissimulé leur identité et étaient en civil, ont soumis Mahery à une arrestation arbitraire sur son lieu de travail, à Antananarivo, la capitale de Madagascar, sans présenter de mandat. Il a été placé en détention dans les locaux de la Brigade criminelle, où il a été maintenu pendant environ une semaine sans pouvoir bénéficier de l’aide d’un avocat, et a été inculpé d’« association de malfaiteurs ».

S’il est déclaré coupable, il encourt jusqu’à cinq ans de prison pour avoir simplement exercé ses droits à la liberté d’expression et d’association, en participant à des conversations avec une ancienne personnalité politique sur WhatsApp au sujet du statut de la transition politique que vous menez actuellement à Madagascar et de promesses non tenues en matière de réforme.

Le 29 avril, il a été transféré à la prison de haute sécurité de Tsiafahy, dans des conditions de grave surpopulation, afin d’y poursuivre sa détention provisoire. Son avocat n’a depuis lors pas été en mesure de continuer à le représenter parce qu’il était soumis à une surveillance constante, ce qui suscite de fortes craintes concernant le droit de Mahery à une représentation juridique.

La détention de Mahery s’inscrit dans la répression accrue menée par votre gouvernement contre les droits humains et ses attaques croissantes visant jeunes militant·e·s et membres de la société civile que l’on considère comme affiliés à l’opposition politique en amont des élections prévues pour 2027.

Quatre militant·e·s – Rija Andriamalala, Carine Rakotomanantoanina, Herizo Andriamanantena et Nomena Elia Ratsihorimanana – ont été remis en liberté fin avril, mais trois de ces quatre libérations sont conditionnelles, puisque ces trois personnes ont été placées sous contrôle judiciaire et sont tenues de se présenter régulièrement devant les autorités, ce qui restreint fortement leurs droits fondamentaux et leur militantisme, effet recherché par ces mesures de supervision.

D’autres militant·e·s vivent dans la peur constante de s’exprimer, notamment au sujet de Mahery ou d’autres militant·e·s, par crainte de faire également l’objet de représailles et de poursuites injustes.

Je vous demande instamment, ainsi qu’à votre gouvernement, de libérer immédiatement et sans condition Rakotoarijaona Vonimahery (Mahery) et toutes les autres personnes détenues de manière arbitraire ou placées sous contrôle judiciaire uniquement parce qu’elles ont exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux.

J’exhorte en outre votre gouvernement et vous-même à abandonner les charges à caractère politique visant à écarter l’opposition politique des élections devant se tenir dans le pays l’an prochain.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma très haute considération.

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