Écrire Il faut libérer un journaliste placé en détention par les services d’immigration

Malheureusement, nous avons appris que Mario Guevara a été déporté le 3 octobre dernier.

Merci pour vote action.

Mario Guevara, journaliste salvadorien basé aux États-Unis, a été arrêté et est accusé de violations mineures en relation avec une manifestation « No Kings » ayant eu lieu le 14 juin 2025, alors qu’il portait un gilet affichant le mot PRESSE, et diffusait en direct dans le cadre de son récent travail sur la mise en œuvre de la politique d’immigration et les raids associés.

Après son arrestation, les forces de l’ordre locales l’ont remis au Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) afin que soit lancée une procédure d’expulsion, bien qu’il dispose d’une autorisation valide pour rester aux États-Unis, ce qui fait de ce cas la première détention arbitraire d’un journaliste par l’ICE. Il a également été soumis à une détention à l’isolement pendant 69 jours.

Nous demandons aux autorités de libérer immédiatement Mario Guevara.

« La liberté de la presse est probablement pour les citoyens des États-Unis, pas pour tout le monde » - Mario Guevara, journaliste détenu au centre de l’ICE à Folkston en Géorgie
Mario Guevara, qui est originaire du Salvador et vit aux États-Unis depuis plus de 20 ans, est un journaliste basé à Atlanta, fondateur de MG News, organe de presse en langue espagnole.

Les reportages de Mario Guevara pour MG News ont recueilli plus d’un million d’abonné·e·s sur les réseaux sociaux. Il diffuse en direct des informations sur des problématiques locales dans sa communauté, notamment sur les opérations et les raids menés par le Service de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE).

Depuis février 2025, Mario Guevara utilise TikTok pour faire état des mesures coercitives de l’ICE, et ses reportages montrent à la fois le visage des personnes recherchées par l’ICE et celui des agents, qui portent généralement un masque. Des internautes se sont donc tournés vers ses reportages sur le terrain pour obtenir des détails sur l’arrestation de proches et le sort qui leur a été réservé.

Le 14 juin 2025, les forces de l’ordre de Doraville, en Géorgie, l’ont arrêté alors qu’il diffusait en direct un reportage sur la manifestation « No King’s », une action de protestation nationale contre les pratiques autoritaires introduites sous l’égide de l’administration Trump. La vidéo de son arrestation montre Mario Guevara portant un gilet le désignant clairement comme appartenant à la presse et criant qu’il était journaliste, mais la police n’en a pas tenu compte. Il a d’abord été accusé de rassemblement illégal, d’obstruction et d’avoir marché sur la chaussée. Toutes les accusations portées contre lui ont depuis lors été abandonnées.

Mario Guevara dispose d’une autorisation valide de séjourner et de travailler aux États-Unis. Cependant, avec la collaboration de la police locale, il a été transféré dans un centre de détention de l’ICE le 18 juin et est visé par une procédure d’expulsion. Le 1er juillet, un juge de l’immigration a fixé une caution pour que Mario Guevara soit libéré du centre de détention de l’ICE. L’ICE a refusé d’accepter le paiement de la caution par sa famille et a fait appel de la décision du juge.

Le gouvernement affirme que ses reportages en direct constituent un danger pour le public et les forces de l’ordre, ce qui démontre son intention de réduire Mario Guevara au silence et de bafouer son droit à la liberté d’expression. Tant que l’appel du gouvernement est en instance, Mario Guevara reste sous la garde de l’ICE.

L’ICE soutient que Mario Guevara doit rester en détention uniquement parce que son travail de journaliste constituerait un danger pour le public et les forces de l’ordre. Son maintien en détention est arbitraire et envoie un message dissuasif à tous les journalistes, leur indiquant que la liberté d’expression peut vous coûter la liberté, créant ainsi un dangereux précédent en vertu duquel le gouvernement utilisera les services d’immigration pour arrêter arbitrairement des journalistes et les réduire au silence.

Depuis janvier 2025, au moins deux autres journalistes ont été arrêtés alors qu’ils étaient clairement identifiés par leur badge de presse et couvraient des informations liées aux droits des réfugiés et des migrants.

Des journalistes ont également été victimes de violences policières alors qu’ils couvraient les questions d’immigration. L’administration Trump a pris pour cible les médias et les journalistes qui couvrent ses politiques, en leur retirant l’accès aux points presse de la Maison Blanche, en réduisant le financement des médias publics et en révoquant des licences ou en renforçant les contrôles par l’intermédiaire d’organes fédéraux.

Le département de la Justice a en outre diffusé une note autorisant la citation à comparaître de journalistes pour obtenir leurs notes de terrain confidentielles, une mesure qui supprime des protections en place depuis 2022.

Aux États-Unis, la liberté d’expression et la liberté de la presse sont menacées. Les attaques contre la presse ne sont pas des épisodes isolés ; elles sont souvent au cœur de stratégies délibérées visant à fragiliser les fondements des droits humains. L’érosion de la liberté de la presse est un signe avant-coureur d’une dérive vers des pratiques autoritaires.

La liberté de la presse est essentielle à la concrétisation du droit fondamental à la liberté d’expression, en particulier le droit de chercher, de répandre et de recevoir des informations et des idées de toutes sortes.

Une presse libre joue un rôle essentiel lorsqu’il s’agit d’amener gouvernements et autres acteurs puissants à rendre des comptes. Pour ce faire, la presse doit pouvoir relayer l’information librement et indépendamment, sans être menacée, intimidée ou sanctionnée.

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